Histoire nationale des Gaulois , XVI
un terme Driod qui signifie Sage ou Mage , ce qui est tout un, car un Mage est un Savant, un Sage (Sapiens).
Donc, s’il nous fallait à tout prix donner une conclusion, nous dirions que Druide est dérivé de ces derniers mots': Dry , Dryod ; d'autant plus que nous savons, nous l’avons vu au début de ce chapitre, que les Druides formaient la première classe la plus savante de l’Ordre Sacerdotal ; en effet, le sacré Collège des Druides comprenait dans son sein trois classes : Les Druides proprement dits, formant le Suprême Collège pontifical; à eux étaient réservés le droit de justice, l’instruction et le pouvoir de faire la guerre ou de traiter de la paix.
Le chef des Druides, l’Archidruide, possédait à la fois le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel ; il était nommé par le suffrage universel de ses collègues, aussi avait-il la puissance absolue. L’archidruide, en Celtique^Coï* ou Coïbhi Druide jouissait de la plus grande vénération et de la plus grande confiance, nous pouvons témoigner par le proverbe celtique que voici :
Ge fagus clecb do làr S faigse nasin Cabhair Coï'bhi.
ce qui veut dire :
La pierre nyest pas aussi proche de la terre
que Vassistance du Coiblii pour ceux qui ont besoin de son secours.
52 BÉLISAMA OU i/oCCULTISME CELTIQUE
La Coïbhi avait sa voix décisive dans toutes les Assemblées et son jugement était sans appel.
A côté de rArchidruide figurait le Semnothée. Ce haut fonctionnaire était-il le supérieur de l’archidruide ? C'est croyable, puisqu’il était honoré du titre de Prince ; ou bien partageait-il simplement le pouvoir avec lui ? Nous l’ignorons et on ne saurait rien préciser à cet égard ; tout ce que nous savons, c/est que le Semnothée Celtique, qu’on retrouvait partout sans le voir jamais nulle part, se nommait en Gaule 1\1an-As, l’homme premier ou l’homme prince, dans l’Inde Aluni, en Egypte Alenés , en Crète Aimas, dans notre moyen-âge Monos le moine, le solitaire, le seul. En effet, le Semnothée, personnage ubiquiste, poseur de signatures divines était bien dans les temps antiques chez les Celtes, le Monos , le moine, le solitaire, le seul de son espèce. Il représentait ce que nous désignons aujourd’hui sous le nom de Pape des catholiques.
A propos de ce Semnothée, il y avait une légende qui a persisté jusqu’à nos jours dans le Poitou et dénommée le Bain du moine .
Cette légende qui s’est transmise oralement, de génération en génération, remonte certainement à plusieurs siècles avant notre ère.
Voici à quoi est due cette légende.
Le 12 janvier, c’est-à-dire en plein Solstice d’hiver, on disait qu’à minuit le chef des Druides, le Semnothée, avait l’habitude de se baigner dans les eaux glacées d’un lac, afin de se laver et de se purifier des fautes qu’il avait pu commettre dans
iî Élis a. ma ou l’occultisme celtique 53
l’année. De cette façon, il se purgeait non seulement de ses fautes personnelles, mais encore de celles de tous les autres Semnothées passés.
C’est ce bain hivernal qu’on dénommait Bain du Monos , Bain du moine.
Le Semnothée était l’àme du Sacerdoae, l’arbitre des Bardes et des Clairvoyants, le Guide des Celtes ; que celui-ci fut Brenn , Ovale, ou Barde , il n’était qu'un instrument dans la main du Semnothée Sacerdotal de la Celtique mystérieuse.
Quant au Grand-Prêtre, à l’Archidruide, il avait la direction de l’école des Druides, école qui se trouvait cachée dans la solitude des forcis profondes. Dans cette école, les prêtres les plus âgés instruisaient leurs successeurs pendant un très long noviciat, comme nous le verrons plus loin.
Telle est, d’après nous, la véritable signification de ce terme Semnothée, mais on lui en donne d’autres, celui par exemple A' Adorateurs de Dieu (1) qu’on a appliqué à une certaine époque aux Druides mêmes.
Voici, du reste, une définition qu’en donne Roget de Belloguet (2) dans son Glossaire Gaulois.
86. Semnotheoi, nom donné avec celui de Druides, aux Sages qu’on disait avoir été chez les Celtes et les Galates, les inventeurs de la Philosophie. On a prétendu que les Selles désignaient ici les Germains,