La maçonnerie orthodoxe, 1 vol. in-8°, Paris, 1853, ch
bélisama ou l’occdltisme celtique
et au milieu de ses somptueux édifices, la Naumacliie avec son immense bassin, incroyable construction, monument gigantesque où flottaient des barques et des galères, destinées aux joutes nautiques ; puis un champ de Mars, un aqueduc, des fontaines, des bains publics, enfin des murailles, dont la fondation remontait aux temps héroïques.
Mais Sacrovir, chef des Gaulois révoltés contre le despotisme romain sous Tibère, fut défait l’an 21 par Silius, près de[cette grande cité, et se donna la mort avec ses conjurés sur un bûcher aux yeux des assiégeants, avant le sac de la ville.
« Les courtisans de l'époque ont changé le nom de Bibracte en celui d’ Aiigiistodunum qui, par contraction et comme pour voiler en l'éternisant la honte des flatteurs, est devenu Autun (Saône-et- Loire).
« Arles, fondée deux mille ans av. J.-C., fut saccagée en 270. Cette métropole des Gaules, relevée quarante ans après par Constantin, conserve encore quelques restes de son antique splendeur : amphithéâtre, capitole, obélisque en granit de 17 mètres de hauteur, arc de triomphe, catacombes, etc.
d Ainsi finit la civilisation Celtique ou Gauloise ; déjà César, en barbare digne de Rome, avait accompli la destruction des Mystères anciens par le sac des Temples et des Collèges initiatiques et par le massacre des Initiés et des Druides.
« Rome restait ; mais elle ne posséda jamais que
BÉLJSAMA OU LOCCULT1SME CELTIQUE
les Petits Mystères , cette ombre de la Science secrète, la grande Initiation était éteinte. »
Rome avait pour habitude, pour principe même, d'attirer à elle tous les cultes des cités voisines, elle s’attachait en un mot à conquérir autant les Dieux étrangers que les villes. Pourquoi les Romains, si tolérants pour la religion des peuples vaincus, exterminèrent-ils en Gaule les ministres de la religion Druidique? Cette attitude si dilTérente des Romains s’explique par la nécessité absolue d’empêcher les invasions germaniques en Italie ; de là l’attaque suprême et sans pitié des Romains contre le pouvoir civil et religieux des Druides, contre leur autorité dans les Assemblées annuelles. — Les Romains savaient fort bien que les Druides une fois disparus, tous les liens quelconques (civils, sociaux, religieux) qui reliaient si fortement entre eux les Gaulois, ces liens seraient rompus et dès lors, plus d! Assemblées nationales et partant plus de velléité d’indépendance.
Au-dessous des Druides se trouvaient deux ordres : les Prophètes et les Bardes ; nous allons nous occuper des premiers. Strabon les nommait O’jaTsç, c’est-à-dire les Prophètes (1 ), les Vates latins, devins et poètes, dénommés par Diodore de Sicile MàVT£l (2).
Chez les Celtes, ces devins ou prophètes se nommaient Eubages et Eubates, d’où, par corruption,