‹ Bélisama ou L'occultisme celtiqueChapitre 20 sur 83 · LA DOCTRINE ET LA PHILOSOPHIE DRUIDIQUES · texte numérisé non relu

LA DOCTRINE ET LA PHILOSOPHIE DRUIDIQUES

Dans le précédent chapitre, nous avons étudié les Druides, les Druidesses et le Druidisme ; dans le présent chapitre, nous allons étudier la Doctrine et la Philosophie Druidiques, qui forment le complément, le corollaire du Druidisme. Cette étude présente une très grande difficulté, car il n’existe pas de documents écrits, c’est-à-dire certains , authentiques à ce sujet. Ce n’est donc qu’avec l’aide la Tradition, de certains pagsages échappés de ci de là à quelques écrivains de l’Antiquité, que nous pourrons reconstruire, tranchons le mot, refaire et reconstituer la Doctrine et la Philosophie Druidiques.

L’Inde a les Védas, la Perse, le Zend-Avesta, la Chine ses kings, l’Egypte son Livre des morts , ses Litanies du Soleil, et une parcelle de son Livre des Respirations (!) et les œuvres écrites de ces di-

1. Nous avons donné en partie ce livre dans notre Traité des respirations, un vol. in-12, Paris, Chacornac et à la librairie du XXe siècle, 2° édition.

vers peuples soit sur des manuscrits, soit sur la pierre, nous apprennent la philosophie, la morale et la religion de ces diverses nations et des œuvres codifient, pour ainsi dire, leur doctrine et leur philosophie.

Il n’en est pas de même pour les Celtes, ils ne nous ont laissé aucun livre touchant l’Esotérisme de leur religion.

Les Celtes se prétendaient fils deTeutatès, Père des hommes et Inventeur de l’agriculture.

La Fatalité, le Destin (Fatum) était une des idées admises par la Doctrine Celtique et encore de nos jours les Montagnards Ecossais, de même que les Irlandais, descendants des Celtes, sont fatalistes et se consolent d’un malheur qui leur survient, d’une catastrophe qui les frappe en disant : « Bha sud an dan dauch\ » La chose était ainsi décrétée contre moi !...

Les habitants du canton de Vaud en Suisse, chez lesquels on retrouve quantité de termes Celtiques, disent également quand un malheur survient à une personne par sa faute : cc C’est bien son Dam ou Dands ; nous retrouvons donc le terme irlandais et écossais, Dan, origine du mot latin Dam num , qui signifie perte, malheur.

Nous venons de dire que les Celtes se prétendaient issus, enfants de Teutatès , l’analogue du Thoth des Egyptiens, du Tau des Hébreux, de Thuistony Thuiscon ou Tuisco des Germains. Ce dernier avait un fils dénommé Man , lequel eut à son tour trois fils parmi lesquels : Adam qui,

BEL! SA MA OU l’oCCULTISME CELTIQUE

comme Man, signifie homme (être vivant), c’està-dire la même signification que le terme anglais Man y c’est l’être vivant par excellence.

Eva ou Ilèm , mère du genre humain, qui n’étant point née d’une femme était immortelle, mais elle fut coi^damnée à enfanter avec douleur pour avoir touché au fruit de l’arbre de la science du bien et du mal.

Proserpine fut, elle aussi, condamnée à subir l’arrêt du Destin, pour avoir entr’ouvert une grenade et en avoir mangé trois grains. Ceci est un symbole : on sait que la grenade symbolise la matrice de la femme et l’absorption des trois grains représente disons... le péché originel.

Aujourd’hui, on ne verrait dans ce symbolisme qu’une idée érotique !...

Nous pourrions citer d’autres exemples fort nombreux pour faire voir qu’à travers tous les temps et toutes les civilisations la chute de l’homme est toujours présentée d’une façon allégorique, mais nous trouvons que ce serait là un travail inutile et nous nous occuperons immédiatement de la Doctrine Druidique.

Les Druides, héritiers de la Tradition et de la Sagesse antiques, ont une synthèse philosophique des plus remarquables.

D’après Diogène de Laërce (in Prœm.) la philosophie Celtique fut une des principales sources de la Philosophie Grecque.

Les Druides ne connaissaient qu’un seul Dieu Bé-il et ce ne fut que longtemps après l’inva-

sion romaine, qu’ils connurent le Polythéisme.

Bca-Uil que par élision ou abréviation, ils prononçaient Bè-il signifie la Vie en toute chose ou la Source des Etres.

Chez les Germains Thuisco ou Tuisco et cliezles Celtes-Gaulois Teutatès avaient la meme signification (1), ils employaient ce terme de Bè-il pour écarter toute idée de Polythéisme ou toute fausse notion concernant le Créateur de l'Univers.

Le Créateur ou Démiurge de notre planète n’a pas parlé au chef des Druides, ni à aucun de ceuxci comme Jéhovah bu Jévé l’aurait fait à Moïse d'après ce qu’il nous a dit ; seulement, les Druides eurent le don d’intuition de clairaudience et de clairevue et c'est à cause de ces dons, qu’ils purent enseignerune doctrine juste et parfaite; aussi peuton affirmer, avec quelquecertitude, quelesDruides ne durent qu’à eux-mêmes les vastes connaissances qu’ils possédaient et qu'ils augmentaient sans cesse. Ce qu’ils durent mettre de temps pour inventer un langage figuratif, pour dompter la matière, tailler la pierre, fondre les métaux, et populariser les méthodes agricoles, est incalculable. Cette dernière observation peut démontrer jusqu'à un certain point la très haute antiquité des Celtes.

Indépendamment du Bè-il , les Druides employaient aussi, pour dénommer l’Etre Suprême, le terme Dia ou Dhia , qui devint chez les Hébreux Jao, Jevé, Javeh, Jéhovah...

Page 1