Cf. Macpherson De antiq. Dissertât
Cette conception de l’Etre Suprême, créateur et conservateur de 1 univers ne pouvant être dans les âges reculés admise parla foule, il fallut trouver un objet matériel, visible, palpable, tangible pour représenter l'infini déifié, de là le Soléil déifié et quantité d’autres emblèmes ou symboles, mais chez un très grand nombre de peuples, c’est le plus souvent l’astre du jour qui est déifié !...
Le soleil était donc adoré aux lieu et place de son Créateur et les Druides, pour éviter toute confusion et prévenir une grossière superstition, donnèrent à l'Astre du jour le nom de Grian ou Grè-iné {Gré-Heine) qui signifie en celte, La Nature ou l’Essence du feu, car le feu était le grand facteur de la Destruction, partant de la Création : ceci est incontestable.
La mythologie de l’Inde l'indique aussi par les attributs de Siva.
Les Druides donnaient à l’auteur du mal le nom de Ai-bhister , qui remonte à la plus haute Antiquité.
Nous présenterons à nos lecteurs deux interprétations de ce mot: Ai lis sear en transposant la lettre S signifie : « Celui qui s’oppose au meilleur des êtres. »
Aibliister ou Aibister , littéralement traduit veut dire « Destructeur » forme de Aibhist , ruine ou destruction. C’est ainsi qu'Ossian emploie ce terme dans le poème de Dargo en parlant des ruines de la Maison deLugar :
Les Druides admettaient, nous l’avons vu, l’im-
72 BELISAMA OU l’oCCULTJSME CELTIQUE
mortalité derâme,ils représentaientcelle-ci séparée du corps, comme revêtue d’une enveloppe subtile (le double aithérique des Occultistes) ou «Aérosome » des Occultistes modernes.
D’après la Doctrine Druidique, ces âmes jouissaient d’un grand pouvoir sur tous les Eléments, sur les météores, mais elles n’avaient que peu d’influence sur le sort des humains. Le lendemain de la mort, les hommes justes et braves (car la bravoure était une qualité essentiellexhez les Celtes), ces hommes, disons-nous, entraient dans le Flath lnnis (île des braves). Dans l'idiome Celtique, ce terme, nous l'avons déjà vu, désigne aussi le Ciel ou le Paradis. Dans cette contrée délicieuse, au dire de certains auteurs anciens, les hommes ne s’occupaient que de s’instruire, de se perfectionner et poursuivaient ainsi leur évolution, c’était le véritable Dévakan des théosophes modernes, dans lequel des désincarnés s’assimilent le fruit des expériences qu’ils ont faites dans leur dernière exisence.
Nos lecteurs un peu versés dans les enseignements théosophiques, savent que le Dévakan se trouve dans le plan mental ou plan manasique, qui lui-même se trouve au-dessus du plan astral, qui, lui, enveloppe le plan physique ou matériel. Il est bien entendu que ces divers plans s’interpénétrent et ont chacun des sous-plans (1).
(ij Cf. La Doctrine Esotérique à travers les âges, passim et notam. au cliap. xxvi, p. 249, liv. II, 2 vol. in-12, Paris. Librairie du XXe Siècle.
Si nous étudions maintenant la Philosophie Druidique, nous voyons qu’un de ses principes fondamentaux, c’est que la création du monde est l’effet de la sagesse et du pouvoir de Dieu. Les Druides représentaient le principe de la création par un œuf sortant de la bouche d’un serpent. C’est même ce symbole qui a donné lieu à la fable de l’œuf de serpent, rapportée par Pline (1), de même qu’à certaines traditions fort anciennes qui se sont longtemps perpétuées chez les peuples, par exemple le Clach naithir ou G loin nam Druid (l’œuf de cristal) que les Druides portaient comme amulette suspendu à leur cou, auquel le vulgaire attribuait toutes sortes de pouvoirs merveilleux, tous les prodiges accomplis par les Druides l’étaient au moyen ou plutôt par l’influence de ce talisman. On peut encore trouver en Ecosse quelques-uns de ces œufs en cristal de roche, utilisés par les Voyants à la manière du verre d’eau employé par les médiums pour pronostiquer bien des événements présents, passés ou futurs.
Les Druides avaient pour souveraine loi de cacher aux étrangers les dogmes de leur culte. Ils étaient astreints à cette réserve par un serment solennel qu’ils prêtaient au moment de leur entrée dans l’Ordre. On peut trouver la formule de ce serment dans Selden (2) et dans El Scheld (3), où