Comble rendu du Congrès de Bruxelles , p
u Élis a ma ou l’occultisme celtique i 1
voit qu’ils fondent la nation des Ethiopiens , les colonies des Palyuriens , des Tisuriens , des Suburiens , des Ganuriens , des Tèbestiens , et des Ombriens ; ils s’établissent le long de la rivière de Ser-Bétos ; de là on les voit passer en Phénicie et se placer à Ser. Tous ces peuples, soit dans l’étymologie de leurs noms, ou dans les circonstances de leur établissement primitif, nous offrent l’empreinte irrécusable de leur origine celtique. »
Ce qui précède est confirmé par la citation suivante de la regrettée Clémence Royer, qui dans le Congrès International d' anthropologie , tenu à Bruxelles, en 1872, protestait contre l’hypothèse de l’origine Asiatique des Aryens :
c< Considérée en masse dans son Unité, notre population indigène est blonde : S’il y a des bruns en Europe, c’est qu’ils y sont venus d’ailleurs ; s’il y a des blonds autre part c’est qu’ils y sont allés. Cette langue aryenne, dont on est parvenu à reconstruire les éléments primitifs, c’est en Europe qu’elle a été parlée originairement et non dans l’Inde, où elle est venue de la Perse, où elle est peut-être venue du Caucase. On ne trouve d’indigènes dans l’Inde et dans la Perse que des populations brunes ; celles qui parlent ou ont parlé les dialectes Aryens étaient seulement moins brunes, et si des peuples bruns parlent des langues Aryennes, c’est qu'ils les ont apprises d’émigrants européens blancs à l’origine, mais qui se sont perdus dans la race brune indigène. »
Ainsi donc, en nous étayant sur les travaux
de la savante traductrice des Œuvres de Darwin, de Clémence Royer, on peut dire que le type Celte, que les vrais Celtes étaient grands, blonds dolichocéphales et que le type des hommes petits, bruns et brachicéphales étaient des étrangers arrivés dans la Celtique, soit comme prisonniers de guerre, soit comme envahisseurs, mais ce n’étaient pas des Celtes : car évidemment ces deux types si différents ne pouvaient être issus d’une même race.
La race celtique occupait une si vaste étendue de territoire qu’elle se subdivisait en deux principaux rameaux différenciés par des dialectes différents. Le premier rameau connu sous le nom génériquede Gadhelique comprend: l’Irlandais (l’Erse), le Gaélique parlé sur les plateaux d’Ecosse et le Mank (île de Man) ; le second rameau ou Rameau kymrique comprend le Gallois (Welsh), le Carnique (dialecte du pays de Cornouailles) et le Bas-Breton (Armoricain).
Ces derniers Celtes sont dénommés Kymris .
Tous les peuples ont leur légende relativement à leur origine, les Celtes ont donc aussi la leur, que nous allons rapporter, sans, du reste, y ajouter foi, mais nous devons cependant la mentionner dans une étude comme la nôtre.
Suivant donc une légende très répandue, les Gais, Gaéls, ou Celtes étaient les descendants de Gomer, tîls de Japhet et venant de l’Asie Mineure à une époque qu’il est impossible de préciser (d’aucuns disent vers 1400 av. J.-C.) se seraient répandus dans la Gaule en refoulant les Ibères vers le Sud
U EL ISAM A. OU l’oCCULTISME CELTIQUE ZÔ
et les Ligures vers l’Est, puis envahissant l’Espagne, ils se mêlèrent aux Ibères ; mais une tribu de oeuxci, les Aquitains, résistèrent aux envahisseurs et conservèrent leur territoire entre l’Océan, les Pyrénées et la Garonne. « Vers le milieu du xvie siècle av. J.-C. les Gais étaient les souverains maîtres de la Gaule. »
Nous pensons que cette version soutenue par bien des historiens est erronée ; les auteurs qui l’admettent sont ceux qui font venir les Celtes de l’Asie, ceux qui ont encore l’esprit imbu du « Mirage Oriental »
Résumant ce qui précède, disons que la grande Race Celtique a peuplé à un moment donné presque toute l’Europe. Aujourd’hui les débris de cette race, qui ont conservé encore leur tradition, occupent la Bretagne, le pays de Galles, l’Ecosse et 1 Irlande. Quant à son histoire, elle est bien obscure, partant bien incertaine, mais ce qu’on peut affirmer, c’est que la population primitive des Gaules a été divisée en deux branches : la Gallique et la Kimrique. Les Grecs nommaient les Celtes de cette dernière branche Kimmerivi et les Romains Cimbri . Cependant tous les historiens anciens : Plutarque, Appien, Strabon, Diodore de Sicile regardent les Gailli et les Kymri comme faisant partie de la même famille, de la famille celtique.
A quelle contrée de notre continent, la race celtique doit-elle son origine ?
Nous devons avouer que les investigations les plus érudites utilisant principalement la linguistique
n’ont jamais pu démontrer d’une manière certaine la contrée dans laquelle sont nés les premiers Celtes et où se trouve par conséquent le Berceau Celtique.
Des archéologues érudits ont essayé de démontrer qu’ils appartenaient à la famille des peuples de races indo-germaniques émigrés d’Asie en Europe, nousl’avons déjà dit, mais aucune tradition ne permet d’établir ce fait d’une manière certaine, positive.
D’autres archéologues, non moins érudits que les premiers, ont prétendu que les Celtes sont autochtones et, dès lors, originaires delà Gaule transalpine et des Iles Britanniques et qu'ils envahirent successivement les contrées environnantes : la Gaule Cisalpine, la Germanie, une partie de laScythie et se dirigèrent de là dans Hnde, sous la conduite de Ram, ayant pour enseigne un Bélier (Aries). Ram aurait emmené hors de leur pays ces Celtes pour éviter une guerre civile fratricide, imminente, nous partageons entièrement cette opinion.
Quelle que soit l’origine des Celtes, qu’elle soit Européenne ou Asiatique, peu nous importe pour notre sujet, l’essentiel, pour nous, est de développer notre thèse extrêmement difficile et délicate, de bien établir que les Celtes ont connu très certain nement l'extrême Orient, car tous les archéologues, à quelque école qu’ils appartiennent, tous les linguistes, tous les géographes et tous les historiens sans exception sont d'accord sur ce point. Tous reconnaissent, en effet, qu’ils ont vécu dans
l’Inde, soit qu’ils l’aient occupé comme envahisseurs, soit qu’ils en aient été primitivement originaires. Ceci qui doit être absolument admis, nous permettra d’étudier avec certitude l’Esotérisme Celtique dans les Gaules et de pouvoir le reconstituer concurremment avec l’aide d’autres nombreux matériaux.
Nous avons dit précédemment que la race Celtique « si elle n’était pas répandue autrefois sur toute la terre, sur toute la surface du globe, occupait du moins la plus grande partie de l’Europe ; nous aurions pu ajouter aussi, et de l’Asie ; car les Celtes se répandirent sucessivement dans diverses contrées et fondèrent huit autres peuples :
1° Les Celt-Ibériens en Espagne ; 2° les Celtes - Bretons en Bretagne ; 3° les Celtes-Belges en Belgique ; 4° les Celtês-ltaliens dans la Gaule Cisalpine : 3° les Celtes-Alpins et Danubiens dénommés Ilelvetii , Gothini , Osi, Vindelici , Bœti, N or ici et Carni ; 6° les Celtes-lllyriens ou Scordini établis sur le mont Scordus ; 7° les Celtes- Macédoniens et Thraces ; -°les Celtes Asiatiques : Talitobogis, Trocmi et Tectosages , qui fondèrent le royaume de Galatie.
Si la question Celtique a été si controversée, c’est que les auteurs anciens, Grecs et Latins, nous ont fourni bien peu de renseignements.
Strabon parle fort des Celtes ; Hérodote n’en dit que quelques mots à propos des Celtes d’Espagne. On les nommait Celtici dans l’Estramature méridionale, ainsi que dans la Galicie septen-
trionale, tandis que sur les hauts plateaux des deux Castilles, on appelait Celt-Ibèriens , le mélange des Celtes et des Ibères habitants aborigènes.
Valère-Maxime, Ammien Marcellin, Paterculus, Pomponius Mêla, Pline, Velleius et Tacite ne nous fournissent, de même que Jules César, que de courtes notes.
Si les renseignements sur les Celtes, Galli, Calâtes, Gaulois sont si brefs dans l’Antiquité, c’est moins à l’ignorance des Romains, qu’à leur orgueil que nous devons ce silence et qu’à la soi-disant barbarie de nos pères (1).
Cependant sans nous exposer à de graves erreurs ef sans vouloir tracer des limites géographiques strictes, nous pouvons établir 1a. succession des différents peuples de l’Europe ayant occupé ce qui fut la Gaule Transalpine. En premier lieu, ce furent les Scythes puis les Celtes tout d'abord seuls, et plus tard, concurremment avec les Gaulois ; enfin le pays fut occupé par les Francs qui se rendirent définitivement maîtres de la Gaule, sous Clovis, en 496, de Jésus-Christ que M. Ozanam appelle le doux Sicambre converti « qui ne renonça ni au meurtre des chefs de sa famille ni au pillage des villes d’Aquitaine et qui laissa après lui deux cents ans de fratricides et de guerres impies ».
Ajoutons que l’histoire de Clovis n’est du reste
i. Cf. à ce sujet, Histoire nationale des Gaulois sous Vercingétorix, i vol. in-8 illustré, Paris, Firmin-Didot, 1888*
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que celle d’Olaf et d’Harald au xe siècle ’de notre ère !
Quand César arriva en Gaule en 58 avant Jésus- Christ, il la trouva divisée en trois régions bien distinctes, la Belgique au Nord, la Celtique au centre, et l’Aquitaine au Sud ; c’est la Celtique qui était peuplée par les tribus Celtiques proprement dites. Parmi les nombreuses tribus quihabitaient la Gaule Celtique nous nommerons les plus puissantes : les Eduens, les Séquanes et les Helvètes. Quand Auguste accéda au trône, il divisa cette vaste région en quatre provinces : la Gaule Narbonnaise ; la Gaule Aquitaine ; la Gaule Lyonnaise, enlin la Gaule Belgique.
Nous donnerons pour terminer ce chapitre divers extraits d’un discours lu à l’Académie Celtique le 9 lloréal an XI II (29 avril 1805) par de Fortia d’ Urb in.
Ces fragments résument d’une façon remarquable d’après nous, ce qui précède sur Y Origine des Celtes et ce que l’on peut croire à peu près de certain sur la race celtique.
« La première question qui se présente à l’esprit est de savoir si la race dont nous descendons est originaire de notre pays ou si elle appartient à quelque nation étrangère ; en un mot, si nous avons une origine propre... Si donc nous adoptons le nom de Celtes, ou plutôt de Keltes pour celui de nos premiers ancêtres, nom que les Grecs et les Latins paraissent avoir constamment regardé comme national ; pour nous, nous sommes suffisa-
'Il) KKLISAMA ou l’occultisme celtique
menl autorisés à dire qu'il se trouve encore parmi nous, une race et conséquemment une langue Celtique. Quant au mot Gaulois ou plutôt Galli , il n’est qu’une simple dénomination adoptée par les Romains ou plutôt une forme différente sous laquelle le nom Kelte a été présenté. Ce n’est donc pas s’exprimer avec précision que dire, avec un auteur moderne (1), que les Gaulois sont d’origine Celtique. Les Celtes et les Gaulois ne sont véritablement qu’une seule et même nation.
Un autre auteur (2) a prétendu que l’ancien pays des Celtes fut situé à l’Orient des montagnes qui séparent la Bohème de la Silésie et n’en a fourni aucune preuve solide. Nous entrevoyons bien les choses anciennes qui ont donné lieu à l’ordre actuel, dit encore très bien le comte Potocki(3), mais cet ordre plus ancien qui a produit les choses anciennes, nous n’en avons aucune idée. Nous savons, ajoute-t-il, et cet aveu a plus de force encore dans la bouche d’un Polonais que dans la nôtre, nous savons bien que l’allemand, le slave et le latin sont des dialectes Celtiques ; mais la langue Celtique nous ne saurons jamais d’où elle vient (4\ on ne peut, même remonter à l’origine de la
1. Le comte Jean Potocki. — Hist. primitive des anciens peuples , p. 8, Saint-Pétersbourg, 1802.
2. Le comte de Beat. — Hist. anc. du peuple de V Europe t. L, p. 35. Paris, 1772.