‹ Bélisama ou L'occultisme celtiqueChapitre 3 sur 83 · LES CELTES · texte numérisé non relu

LES CELTES

Un grand nombre de peuples de l’Antiquité ont eu des Annalistes et des Historiens, des poètes et des guerriers qui ont écrit l’histoire de leur pays ou lés hauts faits qu’ils avaient accomplis.

Pour les Celtes, rien de pareil n’existe ; aussi est-il bien difficile de pénétrer jusqu’à la source de leur origine et de connaître leur histoire et surtout leur Occultisme, et cependant nous n’avons pas hésité à entreprendre la narration de celle-là et de celui-ci, après avoir consulté les innombrables travaux publiés sur ce vaste peuple, disons mieux, sur cette vaste race.

Nous allons donc aborder la question de nos origines.

Que sont, en eflet, les Français modernes?

Des Gaulois en partie, c'est entendu, mais il faut ajouter que Gaulois ou Celtes, c’est tout un, car la Race Gauloise ou la Race Celtique ne sont qu’une seule et même race.

Nous ne sommes nullement Latins, comme on l’insinue dans nos esprits depuis de longs siècles.

Il n’existe pas de race latine, mais seulement des Nations latines !

Nous appartenons donc à la Race Celtique, c'està-dire à la plus ancienne des races modernes ; les Anglo-Saxons, les Germains, les Slaves, sont également tributaires de cette meme race et chaque fois que nos littérateurs contemporains font Reloge des Anglais, des Germains et de Slaves, ils font surtout et avant tout Reloge du Celte, car c’est lui, et lui seul, qui a toujours été à la tête de la civilisation et cela, dès les temps les plus reculés, depuis des milliers de siècles.

Voici une thèse qui va peut-être paraître bien hardie à la généralité des lecteurs, mais après de longues études, il a bien fallu nous rendre à l'évidence et reconnaître que ce n’est pas Rlnde qui a civilisé l’Europe, mais bien les hommes de la Celtide. C’est le Celte qui a apporté en Asie la civilisation.

Aujourd’hui le mirage indo-européen, le mirage oriental a vécu ; les hommes de science certaine et véritable ont démontré que notre civilisation, celle de notre Cycle, n’est pas venue de l’Orient, mais est originaire de l’Occident.

Or, jusqu’à ce jour, un grand nombre de savants ont voulu faire dériver de l’Orient toute civilisation (nous avons nous-mème versé dans cette erreur autrefois), mais des travaux de grande valeur publiés par ces savants n’ont jamais pu être assez

concluants pour entraîner une conviction ferme, parce qu’ils s’étayaient sur des conjectures vagues, sur des hypothèses hasardées.

Aussi nous pensons aujourd’hui que les recherches du côté de l’Orient, du côté de l’Asie, rendent le problème Celtique insoluble, et après avoir acquis cette conviction à la suite d’immenses recherches, nous avons dû abandonner cette vieille piste, et nous tourner d’un autre côté ; et au lieu d’aller fouiller les auteurs grecs et latins, de même que les géographes anciens pour y trouver les débris des Traditions de la langue et de la Doctrine Druidique des Celtes, nous avons dù étudier tout simplement les traditions de ceux-ci chez des peuplades et des peuples contemporains qui passent pour des débris des Celtes anciens.

Or, la langue celtique s’est conservée dans deux principaux idiomes contemporains de l’Irlande, de l’Ecosse, du pays de Galles et delà Basse Bretagne. Ces deux idiomes sont le Gaélique et le Gallois. Ces deux idiomes bien qu'issus d’une source commune (ceci est de toute évidence) diffèrent cependant assez pour être considérés comme deux langues différentes. Chacun même de ces idiomes se subdivise entrois dialectes principaux : Y Irlandais, le Manx et VErse qui constituent le Gaélique, tandis que le Comique et le Bas-Breton constituent le Gallois proprement dit. Ajoutons que le nom de Gaëls (Gaoidhal) est commun aux Irlandais et aux Ecossais, mais on les distingue cependant par le nom d’ Eirionnaich ( Irlandais) et d'Albanaich dont

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le terme higlilander est la traduction. Quant aux Gallois (Galli) Welsh en anglais, on les nomme Cymry ou Kymry et leur langue Cymraëg ou Kymraëg ; quant aux termes Dreiziz ou Brgzaded, ils servent à désigner les Bretons. La langue basque, le languedocien et lâ langue provençale pourraient être considérés comme des dialectes celtiques, tant ces idiomes ou dialectes renferment des termes celtiques. Disons enfin, que beaucoup de savants ont cherché dans l’Hébreu l’origine des langues ou idiomes celtiques ; nous serions plutôt disposé à admettre une thèse contraire et ne voir dans le Phénicien, dans l’Hébreu et dans le Grec que des langues dérivées du Celtique, si, comme le croit un grand nombre d’auteurs, le Celtique est l’origine du plus grand nombre des langues anciennes et modernes. Nous n’insisterons pas plus longuement ici, sur ce sujet; dans le courant de notre travail, nous aurons l’occasion de revenir sur cette grave question ainsi que de mentionner des travaux à cet égard. Nous aurons l’occassion notamment de faire remarquer que l’Irlandais ancien (le Erse) contient un grand nombre des termes qui ont une analogie frappante avec des termes sémitiques correspondants. Et, fait digne de remarque, ce sont surtont les noms des Divinités et les expressions religieuses qui, dans l’hébreu et l’ancien irlandais, comportent de ces analogies.

Le Sanskrit lui-même ne serait-il pas dérivé du celtique, le sanskrit primitif tout au moins ?

En étudiant notre œuvre, le lecteur pourra

BELISAMA. OIT if OCCULTISME CELTÏ’QUE

se faire lui-même une opinion à ce sujet.

L'idée que les Celtes ont été les civilisateurs de tous les peuples a été émise par plusieurs auteurs.

Th. Cailleux a même écrit un volume sur cette question avec ce titre : Origine celtique de lacivi~ lisation de tous les peuples .

Dans cet ouvrage l’auteur nous dit que la civilisation est originaire des régions Atlantiques, que de là, elle s’est, répandue dans les deux Continents ; qu’ enfin le pays des Celtes n’a jamais reçu aucune colonie de peuples orientaux.

Longtemps avant Th. Cailleux, presque un demisiècle avant lui, J. -B. Bouché émettait la même idée dans les lignes suivantes (I) : « Tous les témoignages que nous ont laissés les auteurs sur l’étendue de la Celtique prouvent qu’elle n’avait d’autres bornes que l'Europe. Nous nous croyons donc fondé, quand nous disons : le mot Europe signifie Déluge de flamme et présente dans sa dénomination les traces d’un incendie. Ainsi, c’est de la Celtique que sont sortis les premiers peuples civilisateurs et conquérants. Mais le lleuve d’oubli dans sa marche incessante emporte tout; et le pied d’un voyageur efface l’empreinte qu’a laissée sur le sable, celui qui l’a précédé.

(1) Druides et Celtes ou Histoire de V origine des sociétés et des sciences, p. 59 etsuiv., 1 vol. in-12, Paris, 1848.

Saint Jérôme atteste que dès les, premiers âges du monde les Celtes ont occupé l'Espagne. Clavier dit : « les Ibères ou Celtes-Ibères des Pyrénées, ainsi que toutes les peuplades de l’Espagne, étaient des colonies des Celtes. »

(t La conquête primitive du globe, l’origine des premières sociétés, la prise de possession de la terre furent faites parle feu. Plies furent l’ouvrage des Celtes incendiés et ensuite incendiaires . Cette formidable migration que ne pouvait plus contenir la ruche humaine, franchit les Pyrénées et fonda sa première colonie de Celtes-Ibères (1).

« Abis ne fut pas leur premier chef, mais leur premier législateur. Il naquit dans l’enfance du monde, dans un temps où le miel venait de succéder à une nourriture plus sauvage, où les pères avaient commercé avec leurs filles ; lui-même naquit d'une semblable union. Il donnadeslois aux Celtes, etc...

« Bientôt un essaim de Celtes et de Celto-Ibères osa braver les dangers de la mer à Gà-des (Cadix) et lit alliance avec l’Océan, en laissant perpétuer la mémoire de cette périlleuse expédition ces fameuses colonnes dont parle Philostrate (2) . Ils traversèrent le détroit de Gibraltar sur des galions } g agiotes , gaU ères informes auxquels nos ancêtres ontlaissé leurs noms et se jetèrent sur cette vaste et brûlante contrée africaine, à laquelle ils donnèrent le nom de Libya, id est incensa , qui, selon le savant Bodin, signifie incendie. Ils s’établirent sur la côte du détroit : ce fut là que leur chef Anthèe , ce fils de la terre, fonda Tangis, aujourd’hui Tanger. En les suivant, on

1. Aristote, Elèen, Eustache nous apprennent que les autels (ou colonnes cTHercule) ont été élevés par un héros celte et furent d’abord nommés, Saturni , ensuite Aræ Briarei , puis Aræ Berculis.

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