MYTHOLOGIE CELTIQUE
Ce qui paraît surtout digne d’intérêt dans la question celtique, c’est sa mythologie, son système religieux, système si avancé que les Grecs purent emprunter aux Celtes quelques-uns de leurs Mythes ainsi que certains principes de leur philosophie religieuse (1).
Les principes de cette philosophie, ainsi que ceux de sa théologie, n’étaient enseignés aux Bardes que sous le voile allégorique, sous une forme ésotérique ; seuls les Initiés en connaissaient V ésotérisme.
A quoi se reliait le système religieux des druides, qui enseignait l'immortalité de l’âme, le respect des dieux, leculte delà vertu ?Émanait-il de l’Orient, ce pays des traditions primitives, ou bien était-il autochtone ? Comme à l'heure actuelle la science ethnologique n’a pu encore fixer l’origine des
i. Phædri Epicurei, sive anonymi herculanensis, De natura Deorum , fragment. G. 87. Hamburgi , in-4°,833.
102 BÉL1SAMA OU l’oCCULTISME CELTIQUE
peuples celtiques, il est impossible d’assigner de même une origine à la religion celtique. Nous nous bornerons donc à l’énumération pure et simple des dieux celtiques, après avoir parlé du Paradis et de l’Enfer celtiques, car, admettant l’immortalité de l’âme, il fallait bien qu’ après la mort les âmes se rendissent quelque part, soit dans l’espace, soit dans un monde quelconque de l’aither.
l’éden
Eden est un terme celte, qui signifie le pays de l'homme , duquel les Latins ont fait Edoy je produis; or, Moïse nous dit que l’Eden ou Paradis était un lieu de délices dans lequel abondaient toutes les productions utiles à la vie.
Moïse nous dit aussi que ce pays était arrosé par un fleuve divisé en quatre branches et les noms que Moïse donne à ces quatres rivières sont celtiques ; ce sont le Piiison ou le fleuve d'isis ; Géhon, î eau salubre \ Hiddekel ou Kidekel, la forêt brûlée ; Phrat, le passage, le fret, la traversée ; ces quatre lleuves ou brandies seraient la Loire , la Seine qui entoure le pays de Chus , le cœur même de la Celtique, le Doubs et le Rhône.
Quelques archéologues ont placé le Paradis terrestre dans le pays des Eduéens, ils feraient dériver ce dernier mot de Eden \ aussi n’hésitent-ils pas à considérer la Celtique, et plus particulièrement le pays des Eduéens comme le berceau
du genre humain, ce que Moïse ne contredit pas, car il ne dit nulle part que ce berceau fut en Asie, sur le plateau de Pamir, comme Pont affirmé de trop nombreux archéologues.
C'est ce que dénomme une nouvelle école, le mirage indo-européen !
Etudions après ces préliminaires le Paradis celtique.
Voici, d’après Macpherson (1), une description de ce Paradis (. FlatK innis ).
« L’ile se présente au défunt comme un songe agréable ; les objets éloignés ne s’obscurcissent point à ses regards ; ceux qui sont rapprochés ne fatiguent point sa vue. Des collines d’une pente douce sont tapissées d’une agréable verdure ; elles ont aussi leurs nuages, mais ces nuages sont transparents, chacun d’eux renferme la source d’un ruisseau limpide qui, descendant par mille détours dans les prairies, fait entendre des sons pareils à ceux dont la harpe pincée par une main aussi légère qu’habile flatte l’oreille d’un voyageur lointain ; les vallées laissent voir l’océan majestueux. Les arbres chargés de feuilles à peine agitéespar le souffle d une bise légère ombragent un gazon toujours vert... Dans chaque vallée de cette île, belle et grandiose, coule un fleuve paisible, dont les eaux limpides humectent les rivages sans approcher des moissons. Il nest point de pluies qui le fassent