LÉGENDES CELTIQUES
Les légendes sur les Celtes ou légendes Celtiques sont extrêmement nombreuses, nous n’en donnerons ici que trois qui non seulement sont très curieuses, mais célèbres et passent pour très véritables sinon véridiques; o’est d’abord :
’ LA LÉGENDE DU ROI üTs
Entre la Loire et la Seine, sur la côte maritime de la Bretagne, on trouve des ruines de villes et des travaux considérables que les flots de la nieront détruits d’une façon spontanée et que les temps anciens n’ont pas enregistrés dans leurs annales.
Tous ces bouleversements datent d une époque fort reculée et qui remonte bien certainement à plus de dix à douze mille ans. Surtout quand on remarque le temps considérable qu'il faut aux flots de la mer pour ronger et détruire des roches granitiques, comme dans la baie du Douarnenez par
exemple, où l’on est assuré qu’il y avait autrefois plusieurs villes ou au moins unetrès grande ville qui occupait tout l’espace compris entre la pointe de la Chèvre jusqu’à la baie d’Audierne ; les traditions indiquent aussi que la grève qui s’étend de Penmarc’k au Raz etduRaz jusqu'à l’île d’Ouessant était couverte de cités. Ce qui permet de dire que les grandes fractures du globe survenues à la suite d’un déluge ont anéanti la ville d’Is et tous les monuments druidiques dont on voit encore une partie à la pointe de Penmarc’k à 4m,50 environ au fond de l’eau aux marées d’équinoxe, et cela jusqu’à 4 et o kilomètres en mer.
On est aujourd’hui à peu près assuré que les ruines de Douarnenez, de Crozon, du cap de la Chèvre et de Vannes ont été faites à l’époque d’un grand déluge. Ce cataclysmes nous ont été transmis sur la plage de Douarnenez par la légende de Gralon ; à Cadix, par celle du voyage de l’Hercule Celtique i’Og-mi.
Une légende celtique nous apprend qu’à la pointe de l’île de la Chèvre il existait une ville dénommée Is, gouvernée par le roi Gralon, lequel roi avait une fille unique nommée Dahu qu’il adorait. Or, le faste, le luxe et la débauche régnaient en souverains dans l'opulente cité de Gralon, et sa fille n’était pas des moins dépravées parmi les belles femmes d’Is. Gralon gémissait des débordements de sa chère fille et de son peuple et priait Dieu de leur ouvrir les yeux; mais ce fut en vain. Aussi, un jour, le soleil s’éclipse et une comète avec une im-
BELISAMA OU i/oCCULTISME CELTIQUE
mense queue parait à l’horizon; c’était le présage d’une catastrophe imminente. Or, la nuit même de ce jour, Dahu présidait un superbe banquet qu’elle offrait à mille convives. La princesse donna le signal de la fête, en vidant d’un trait une grande coupe ou Hanap de Cervoise (sorte de bière); puis, saisissant un coutelas de chasse, elle se met à découper un énorme élan, puis un sanglier et deux marcassins ; le fumet de ces victuailles réjouit fort l’odorat des convives, (latte leur palais et excite au plus haut point leur énorme et vaste appétit.
Mais à peine le festin est -il commencé que les éclats de voix des convives font résonner le palais de Gralon ; en même temps tons ces débauchés entendent dans les premiers plans de l’Astral des voix sinistres ;la terre tremble, les convives quittent affolés la salle du festin, se précipitent dans les sentes, les rues et les chemins dans lesquels règne une obscurité si profonde, une nuit si noire que l’on ne peut voir au ciel briller « le chemin de l’hiver » (1).
L’éclair seul déchire la nue, le tonnerre gronde, l’orage s’amoncelle et éclate bientôt en versant sur la ville d’Is, de telstorrents d’eau, qu’elle disparaît bientôt avec tous ses habitants.
Gralon, malgré sa vieillesse, rassemble à la hâte tout ce qu’il a de plus précieux, et il place, avec ce trésor, sa fille sur un coursier fougueux qu’il
1. La voie lactée , c’est ainsi que les Celtes désignaient cette région du ciel.
monte lui-mème pour en diriger la course, mais le flot, plus agile encore que le fougueux animal, lui arrache son fardeau et l’engloutit dans un immense tourbillon.
Il semble dès lors que la Justice divine soit satisfaite, carie calme renaît tout à coup, mais la malheureuse cité d'Is, cet immense réceptacle de débauche et d’infamie, reste à jamais englouti sous les eaux, avec un vaste continent.
C’est aujourd’hui la mer Atlantique (1).
Dans le département du Finistère, près d’une localité dénommée Ris, on montre encore aujourd’hui un rocher nommé Grance, par corruption du mot Gralon , sur lequel rocher on voit encore l'empreinte du pied du cheval du malheureux roi!
Le lieu où périt la Belle Dahu, ou du moins le voisinage de ce lieu, porte aujourd’hui le nom de Poul-Üahu.
Les Bretons de la baie de Douarnenez prétendent voir errer, encore de nos jours, les âmes ou plutôt les doubles aithériques (2) de Gralon et de Dahu
1. Un volume paru nouvellement sur V histoire de l'Atlantide nous donne une description de ce qu’elle était d’après les clichés akasiques. — Inutile de dire que cette description est des plus fausses, que l’auteur ignore même les beaux travaux modernes qui ont été faits de visu par sondage dans la mer... Mais l’ouvrage nous vient de l’Angleterre, donc il est parfait!... aux yeux de nos bons Anglophiles !
2. Nous écrivons aither au lieu de Ether pour le distinguer du liquide de ce meme nom; du reste, l’origine du mot est grec AiOrjp. Voir ce mot dans le Dictionnàire d’orientalisme, d'occulisme et de psychologie, 2 vol. in— 1 2 illustrés, Paris H. Chacornac et Chamuel, éditeur.
b Élis am a ou l'occultisme celtique
souslaformede corbeaux ; les malheureux semblent voltiger de roche en roche sur les lieux mômes où Gralon et sa fille ont anciennement péri.
Passons à la seconde légende ; elle se dénomme : La fête de De a siul ou Jul ou le Chemin de midi (i deas m\A\ iul chemin) elle remontait à une haute Antiquilé; l’un des auteurs les plus anciens en fait mention (Note de Possidonius sur Athénée, I, 4, p. loi).
Cette fête était une sorte de procession faite trois fois autour du cercle du Carn, en partant de l’Orient et suivant le cours du Soleil. Les Druides symbolisaient par cette cérémonie le désir qu’avaient les processionnaires d’obtenir ce qui pouvait leur être moralement le plus utile et principalement leur ferme intention de se conformer à la volonté de Dieu et cela aussi exactement que le Soleil suit la route qui lui a été tracée par l’Etre Suprême.
Encore de nos jours, dans les montagnes de l’Ecosse, on pratique dans certaines circonstances la cérémonie du deasiuL Par exemple, afin de se procurer une heureuse délivrance, les femmes enceintes font trois fois le tour d'une chapelle consacrée dans ce but ; elles commencent leur chemin du côté du Levant et se dirigent du côté du Couchant.
La marche contraire, c’est-à-dire se dirigeant de l’Orient au Nord dénommée car-tnci iul était regardée comme funeste, même quand il n’était question d’elle qu’en paroles ; c’était du reste la plus grande imprécation que pouvaient proférer les Druides contre quelqu’un.
Aujourd’hui encore, en Ecosse, si Ton tire de l’eau d’un certain puits au nom d’un malade dont la guérison est incertaine, la solution peut en être donnée par la direction que l’eau prend en tournant dans le seau qui la monte. Il y a lieu d’ajouter que le mot est encore plus en usage que la cérémonie ; ainsi, quand l’on présente à un enfant du lait ou un aliment liquide, si celui-ci, par un faux mouvement de la personne qui les lient, vient à s’agiter d’une certaine façon, la nourrice craint que ces aliments ne tournent au Tuai , aussi se hàtet-elle de prononcer la contre-imprécation du Tuai, le Déas'iul.
Voici la troisième légende :