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LA MÉDECINE DES CELTES

Voilà un titre qui, de prime abord, peut paraître bien singulier au lecteur, cependant il est

très juste comme on va voir et nous pourrons le justifier, grâce à un fragment d’opuscule de Marcellus Empiricus ou Marcellus Y Empirique, qui fut le Maîlre des Offices , sous Théodose-le- Grand (379-3951

Ce Marcellus était né à Bordeaux, vers la fin du ive siècle de l’ère vulgaire, il est l’auteur d’un petit formulaire de médecine qui a pour titre : De medicamentis empiricis , physicis ac rationcilibns.

Ce traité a été publié à Bâle en un in-folio, en

Bien que l’auteur ne fut pas médecin, quelques auteurs décernent à Marcellus le titre d 'Archiater Theodosii , qu’il tua, dit-on, avec le secours de Mercure, non du Dieu, mais du métal, voulant guérir cet empereur d’une hydropisie maligne.

Dans l’opuscule de cet ancien Mire , nous avons trouvé des formules Celtes ou Gauloises, plutôt que latines, comme on va voir, formule que nos études celtiques nous ont permis de traduire et d’interpréter en français ; quelques commentaires démontreront le bien fondé de notre traduction

Voici ces formules :

Formule T. — Escicumma , criosos ; ceci veut dire âcre kumma, fais moi crier ou siffler aux oreilles.

Commentaires. — Esci ou Exi constitue l’Eksi du Kalmouch qui laisse aigrir le lait de jument pour faire ce qu’on dénomme du Koumis.

Ce terme celte signifie donc aigre ou acre ;

quant au terme Cnrnma c’est un diminutif de Koumiss ou Képhir russe, sorte de Corma ou Bière de froment sans miel, tandis que le Cervoise Celte était une bière renfermant du miel dans sa composition.

Le terme Cri est l’impératif du verbe Iirachen crier, du verbe Crida celte et provençal qui signifie crier ; enfin le mot Osos est le pluriel de Ose , oreille, mot saxon dérivé du celte.

Ce commentaire nous permet donc de traduire comme ci-dessus notre texte celte, car ce Kumma étant une liqueur fermentée fait crier ou siffler les oreilles, si le buveur abuse de cette boisson enivrante.

Formule II. — 7 etuncres nnco bregangresso, signifie : Amène en douceur, le gravier de terre qui gêne la vue.

Commentaires — Tetunc ou Tetnng signifie terre , Resunco ou mieux Resono, sort des riensen geburg (des montagnes de pierre) et bregan du verbe brigan , veut dire offrir, apporter, amener, grès, gênant à la vue etso doucement, en douceur.

Formule III. — Riraricasoro veut dire : Crève le bouton rempli d’humeur purulente de (pus).

Risa est l’impératif du verbe Rir, atteindre , crever : rica les rosées coulantes, soro dérivé de souour (voir ci-après).

Formule IV. — [ Kuriakuriakassariasourorbi , signifie cuirasse de cuir double ou doublement de cuir ! Empoisse la pointe métallique qui t’est si douloureuse.

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Commentaires. — Kuria est dérivé de Kur, cuir et signifie cuirasse de cuir, la répétition ou redoublement du terme est l’affirmation de la solidité, c’est pourquoi nous disons doublement. Kassaria vient de Kassar, poix, qui a pour synonyme Kass et même Kuss et signifie empoisse ; un trait une flèche qui s’empoisse, dans le cuir et ne pénètre pas autant que si ce trait ne s’empoissait pas ; on voit ici un langage imagé. — Le terme Sour signifie douleur et orôi .est le génitif du terme slavon ou celte arf, arv, orb, et signifie arme de jet, de métal, d’où trait de fer, flèche.

Formule V. — Vigaria Gasaria, signifie déplacements de calculs dans l’œil.

Commentaires. — Vigaria est dérivé de Wieg, tviegen, remuer, mouvoir, bercer; c’est pourquoi la mer toujours en mouvement est dénommée en celte Wage et ses ondes Wigos, de Wage, il n'ÿ a pas loin, donc on peut supposer avec quelque vraisemblance que le terme vague est celte. — En ce qui concerne le terme Gasar qui signifie calcul, ia, eye, œil nous nous demandons si le premier est bien traduit, car nous avouons ne pas comprendre cette formule : l’aurions-nous mal interprétée; car nous ne pensons pas qu’il puisse se former des calculs dans l’œil, à peine des excroissances, des sortes de verrues molles.

A un docteur plus que nous compétent, de compléter ce commentaire !

Formule VI. — Argidam ! Mar gui am ! Sturgidam\... sacré lâche, m . !... sacré cochon!

Ceci serait une formule contre les maux de dents, une sorte d’imprécation contre l’Elémental, auteur supposé, qui provoquerait le mal, le terrible mal de dents.

Argidam vient de arg , lâche , Margidam dérive de marga , marne ou excrément (le mot de Cambronne) ; quant à Sturgidam dérivé de Sturen , ce terme signifierait, retourneur de terre avec son grouin, c’est-à-dire porc (en anglais Pig )

Turio , nous dit un Dictionnaire de linguistique, signifie effodere more porcorum ; on peut donc traduire : sacré lâche, m . sacré cochon !

Formule Vil. — Crisi, crasi,concrasi. — La traduction de cette formule n’ést pas aisée ; nous allons l’essayer cependant.

Commentaires . — Crisi serait un génitif de Kreis qui signifie Cercle e t le verbe suédois /ifmsa,signifie circuler. — Ajoutons que ce génitif Crisi peut aussi signifier cresson ; or, le cresson, nous ne le savons que trop, les marchands le crient assez dans nos rues : le bon cresson de fontaine est la santé du corps, parce qu’il fait circuler le sang dans nos veines.

En ce qui concerne le terme crasi, il signifierait rasoir et concrasi rase (avec ensemble c’est-à-dire rase tant que tu pourras; il faudrait donc traduire cette formule VIT : « du cresson ; du rasoir tant que tu pourras ! . ».

Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier.

Formule VIII. — Inmon deircomacos aæotison9 c’est-à-dire : « Dans la poix, creuse un canal mou; forme un bourrelet externe.

B ELI S AM A OU l’oCCULTISME CELTIQUE

Nous pensons qu’il faut lire innom au lieu de inmoHy car ce terme est la préposition latine dérivée peut-être du celte et signifie dans . Les Anglais disent go-iny aller dans. — De r est un substantif utilisé au lieu et place de Toer, qui sert à désigner une pâte, un onguent, une mixture servant à graisser l'essieu d’un char; ce peut être de l’axonge ou de la résine liquide (le cambuis moderne). Co est l'impératif du verbe Kaiven, creuser en dents, levieux terme Kaw (co) signifie creux, enprovençal peira cava, pierre creuse, pierre creusée. Mary adjectif, veut dire mou (mollis)]d,où??i«r^?2m tendresse ; Cosy canal* rigole, le deutschgosse dérive de ce mot. Quant à Axo ,il signifie en dehors, externe, ans parait être la racine du mot. Axo qu’on écrit aussi Axay d’où le terme Frank Uzza\ Tison vient du verbe Tichen, qui signifief aire une digue et par diminutif un bourrelet.

Formule IX. — Heilen prosaggeri nome si polla nabuliet onodien iden eliton ; qu’il faut traduire :

Pour sauver broie avec un pilon; lie le tronc; ne bois sans reprendre haleine : vomir les choses hétérogènes.

Commentaires. — Ileillen , fie il, signifie sauter, saltare , salvarey sauver; Bros on Prosf imp-ratif de broyer ; Agg , les ol, d’où le latin agger , champ, outil pour broyer le sol, le champ, la terre en un mot : un pilon. Riuome , courroies liens, Sipolla , le tronc, le fut, la cippe d’où le cambrien cippyll.

— Na particule prohibitive ou Ne. Buliet pro-

BÉLÏSAMA OU l’oCCÜLTISME CELTIQUE

vient du radical Bul, vase à boire et signifie donc boire, d’où Bolla , Bol , vase qui sert à boire ; quant au terme Onodiem , il nous paraît légèrement altéré; il doit falloir écrire anodiem , ano ou an signifie sans, odiem ou odem , a/em, atmosphère et par dérivation respiratioa. lden ou Oden signifie vider, évacuer, vomir, eliton , abréviatif de Ellenton, radical el ou alius, autre, étranger, hétérogène.

Formule X. — Xi exucricone crigrionaisus scri sumi ouelor exugricone xu grilau , ce qui veut dire:

Allonge le cou : arrache sans violence, entraîne avec force; avale lanourriture : saute, rote, reposetoi, arrache sans violence, attire avec un rateau.

Commentaires . — L’A ou le Z en celte, c’est tout un ; donc Xi est l’impératif du verbe Zichen et veut dire allonger le cou. Exuc ou Ezuc signifie rapt, vol, d’où ravir, voler, entraîner ; Riou est un verbe qui signifie couler, aisus la nourriture; scri impératif : saute; sumi impératif rote; ouelor ( Welor ) se reposer; Exug , nous l’avons vu déjà, signifie, ravir, entraîner, ricone mollement, sans force ; Xug ou Zug attire, rilan avec un outil à dents, c’est-à-dire un râteau, peut-être une fourche.

C’est sur cette dernière formule que se termine notre opuscule, que nous avons cru devoir présenter à nos lecteurs quelque intérêt ; c’est pourquoi nous l’avons traduit.

Puissions-nous ne pas nous être trompé.

Nous allons passer maintenant à l’étude des plantes celtiques soit médicales ou sacrées, soit vé-

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néneuses, narcotiques ou anesthésiques ; nous ne mentionnerons que la plupart d’entre elles, nous réservant au contraire de nous étendre plus longue ment sur le Gui du chêne, dont l’importance chez les Celtes était considérable.

Voici des noms divers : Braditis, Blulhagio Bicuma,Callocatanus, G ig ar us, et Gelants, Gilarus Odocosnatis, Vernetus , Visumarus, et Vêla.

Nous possédons fort peu de renseignements sur les plantes qui précèdent.

A peine savons-nous par Pline (I) que le vêla Vêlants (en celte Berwr) était une plante médicinale que nous pouvons identifier à l’herbe aux chantres, à notre velar officinal.

Enfin nous possédons quelques rares détails sur les plantes suivantes :

L ’Exacon était une espèce de centaurée très amère, ainsi dénommée par les Celles parce qu’elle était purgative. Le préfixe celtique Es, indique un mouvement de sortie, d’expulsion, comme le terme latin Ex, dehors.

Le Glaslum, Guède ou Pastel servait à teindre en noir (2): le glaslum vitrum ou vitreum fournissait une couleur bleue (3) ; son nom celtique est Glaslys, Gewddlys.

L'Ilalas symphyton des Grecs, ainsi dénomm parce qu’il croît au milieu des pierres et des ro-

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