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LE GUI CHEZ LES CELTES

L’homme ne connaît pas la vertu des plantes, des Simples, sans quoi il n’emploierait pas toute la pharmacopée contemporaine, toutes ces drogues et médicaments, minéraux et animaux, car aujourd’hui la Sérumthérapie est un des grands facteurs employé pour empoisonner, sinon guérir les maux de l’humaine espèce (4), ainsi que les animaux.

1. Voir Ernest Bosc, De la vivisection, un vol. in-12, Paris, Librairie du XXe siècle et dans les grandes librairies.

BÉLISAMA OU l’oCCULTISME CELTIQUE

Anciennement, il n’en était pas de même ; chez les anciens, dans la plus haute Antiquité, l’homme utilisait les plantes, et l’une d’elles, le gui, était considérée, chez les Celtes ou Gaulois, comme une véritable Panacée universelle : Omnia Sanans , guérissant tout, nous dit Pline (1).

Le naturaliste romain nous décrit avec assez de détails un grand nombre de Plantes médicinales , dont les Celtes faisaient un fréquent usage, nous venons de le voir; il nous décrit également les moyens pratiques que les Celtes employaient pour la cueillette des simples, principalement pour celle du Gui Sache.

« C’était ordinairement en février, nous dit l’écrivain romain, que les Druides recherchaient le gui. A la nouvelle que la plante précieuse avait frappé les regards, le peuple entrait en foule dans la forêt; on entourait l’arbre privilégié porteur du parasite, et on le gardait avec vigilance, jusqu’au sixième jour de la lune. (Ce jour-là ouvrait chez les Gaulois, le mois, l’aunée, le siècle). Un Druide en robe blancbe coupait avec une serpette d’or le Végétal Sacré et le recevait sur une toile, de peur qu’il ne touchât la terre en tombant et ne fût souillé par un contact profane. — Cette cérémonie se produisait dans chaque tribu. »

Le Druide en question irétait pas un Druide quelconque, mais le chef du Collège druidique : I’Archidruide.

(1) Liv. XVI, 95.

BELISAMA OU l’oClULTISME CELTIQUE

Ce qui précède est confirmé par Maurice (1), comme peuvent en témoigner les lignes suivantes :

a Lorsque la lune était vieille de six jours, l’Archidruide, habillé de son vêtement blanc et coiffé de la tiare rouge, montait pieds nus sur le chêne, coupait le gui de la main gauche avec une faucille d’or neuve, et le recevait dans le Sagus ou vêtement sacré, au milieu des cris et des acclamations du peuple. »

L’emploi du gui remonte à une très haute Antiquité, comme on voit ; ce qui est confirmé encore par les lignes d’un autre auteur contemporain :

« C’est de la période d’Hanouman, le premier disciple de Ram, nous dit Saint-Yves d’Alveydre (2), que date l’emploi général du Gui sacré, extrêmement difficile à discerner, et dont l’efficacité contre certaines épidémies épouvantables dépend de l’heure astronomique précise où on le cueille et le prépare. »

On voit par cette citation que l’heure et le jour de la cuillette ne sont pas quelconque. Cette plante parasite comportait un tel caractère de sainteté, que la toucher du doigt constituait un sacrilège ou tout au moins une profanation; c’est pour cela qu’il y avait un rite pour sa cueillette, de même que pour sa préparation.

Les rites accomplis, la plante était dénommée le Sauveur Universel .

(1) In Antiquités Indiennes.

(2) Saint- Yves d’Alveydre, Mission des Juifs .

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Nous savons aussi que les Druides composaient avec le suc du gui une liqueur, une sorte d’Elixir qui avait des propriétés merveilleuses ; on l’employait à la fois comme un breuvage sacré et comme un spécifique médical, et celui-ci avait une telle puissance, que non seulement il conservait les forces vitales, mais qu'il donnait la vie en supprimant la stérilité chez tous ceux qui consommaient la divine liqueur du gui.

Pline, dans son Histoire naturelle , confirme cette dernière assertion : « Le gui du chêne était un symbole de protection, dit-il, contre les dangers de toute sorte, ainsi qu’un spécifique contre les maladies mentales et physiques. — Il était considéré comme un remède infaillible dans une foule de cas ; il était réputé pour arrêter les effets du poison, prévenir la stérilité; en un mot, c'était le plus grand préservatif contre les maux physiques et spirituels. »

Virgile nous apprend que le Gui avait été adopté comme emblème du nouvel an, parce qu'il renouvelait ses feuilles au Solstice d’hiver.

D’après Eliphas Lévi (l), le gui devrait ses propriétés à son pouvoir absorbant ; voici comment s’exprime le savant occultiste : « Les progrès du magnétisme feront un jour découvrir les propriétés absorbantes du chêne. — On saura alors le secret de ces croissances spongieuses qui attirent le luxe inutile des plantes et se surcharge de coloris et de

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