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CHAPITRE X

Avec le présent chapitre nous abordons l’Occultisme Celtique dans les Gaules.

Comment avons-nous pu l’établir?

De prime abord notre thèse semble bien difficile à soutenir ; et cependant, comme va le voir le lecteur, tout cet occultisme se déroule d’une manière simple, limpide, faite en un mot pour séduire les esprits réfléchis, qui voudront bien prendre la peine de nous suivre dans le développement de la dite thèse.

L’Occultisme Celtique existe par lui-même, comme nous le verrons, mais il n’existerait pas par lui-mème de toute pièce, que nous aurions pu le reconstituer dans son ensemble et dans ses détails, d’une façon certaine, en étudiant l’occultisme chez divers peuples du Nord de l'Europe ; chez les Ecossais, chez les Irlandais, ainsi qu’en étudiant les mœurs et les coutumes de la Bretagne, les légendes et les traditions populaires de ce pays, puis, en les comparant avec des mythologies anciennes, enfin en établissant un parallèle et des rapprochements

entre toutes ces vieilles traditions européennes et l'Occultisme Oriental.

Par cette méthode de travail, nous avons pu créer un ensemble de l’Occultisme Celtique des plus intéressants et qui ne saurait pas trop s’écarter de la vérité sur cette importante question.

Pourquoi avons-nous étudié les us et coutumes de l’Irlande, ainsi que son Folklore, c’est que l’Irlandais vivant dans son île, isolée pour ainsi dire du reste du monde, n'a presque rien perdu de son passé celtique et n’a pu le mélanger à des us et coutumes étrangers. Aussi devions-nous trouver là des documents qui avaient disparu ailleurs.

Nous les avons trouvés en effet.

Les anciennes populations de l’Irlande remontent à une très haute Antiquité et la mythologie de ce pays doit refléter et reflète en effet, comme nous le verrons, une partie de l’Occultisme Celtique. La linguistique nous a également aidé à retrouver des faits assez nombreux pour constituer, en certains cas, des preuves formelles.

Après ces préliminaires, nous aborderons notre sujet en parlant tout d’abord des Nombres, sujet des plus intéressants et des plus importants, sujet qui a été étudié chez tous les grands peuptes et les grandes nations civilisées.

Voici l’opinion que professaient les Druides sur les Nombres (1).

1. Ceux de nos lecteurs qui voudraient lire une courte et succincte étude sur les Nombres , la trouveront dans la

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Les Druides considéraient la Science des Nombres , comme la première des vérités naturelles et la plus féconde en résultats. La fluctuation de la matière n’était, pour eux, qu’une sorte de déplacement des Nombres.

Les quantités numériques, en effet, ne sont rien par elles-mêmes et n'ont une valeur que par leur changement constant.

Du reste, le changement perpétuel est la Grande loi des êtres. Le passage des âmes dans des incorporations successives, ce passage qui monte et qui descend, organise et détruit, tout cela, n’est que l’Evolution et montre que rien ne se perd, rien ne se détruit, de la manière qu’on le suppose encore de nos jours, car c’est l’Eternité, l’âme Universelle, le Nombre des Nombres : Dieu !

La mobilité de la matière, toujours en jeu, passant par mille et mille formes et se transformant, se métamorphosant par nécessité, cette extrême mobilité explique admirablement le système de transmigration des âmes ; car cette transmigration peut seule expliquer logiquement le pourquoi et la raison des contrastes, qui sont dans la nature et la position sociale de chacun des hommes, ainsi que l’inconséquence qui caractérise leur conduite.

Le dogme de la réincorporation des âmes est donc aussi respectable que logique et nous ne sommes nullement supris de la voir complètement

Doctrine Esotérique à travers les âges. 2 vol. in-12. Paris, H. Chacornac et librairie du xxQ siècle.

Voir à ce sujet le chapitre xx, p. 102, 2e volume.

acceptée parmi les idées occultiques des Celtes, de même que les crises médianimiques ou de trances volontaires ou involontaires.

Le chantre de Godolin, Aneurin, avait a faculté de pouvoir tomber en trance .

Aneurin quantrydawendd,nous dit Myvriam (1), et Giraldus, évêquegallois, nousaffirme avoir connu un poète du Clamorgan qui pouvait prédire l'avenir, de même que les choses cachées ( Futurorum simul et occultarum scientiam habens ) (2).

Merlin, l’Enchanteur, avait le pouvoir de s’extérioriser et de s’autosuggestionner, afin de pouvoir augmenter ses facultés d’intuition et de clairvoyance.

Les Bretons de T Armorique, les Celtes qualifiaient cette faculté de mal sacré (3), les Gallois de mal bénit (4). — Les montagnards écossais attribuaient à ceux qui tombaient en trance le don de révélation et d’inspiration divine (5) de seconde vue (6).

A l’époque où le Barde de Clamorgan rendait ses oracles, nous apprend l’Evêque Gallois, un

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