‹ Bélisama ou L'occultisme celtiqueChapitre 6 sur 83 · CELTES · texte numérisé non relu

CELTES

Si, comme nous l’avons dit précédemment, les Celtes ont occupé une grande partie de P ancien continent, et s’ils sont le plus ancien peuple du monde, ils ont sans contredit répandu leur langue dans les pays qu’ils ont occupés plus ou moins longtemps. Donc les langues des peuples au milieu desquels ils ont Vécu doivent avoir conservé dans la composition de leurs mots des racines Celtiques?

C’était là un lait facile à élucider, et c’est ce que nous avons fait en comparant un grand nomlbre de langues. Mais tout d’abord un fait nous a assez surpris: c’est qu’il y a entre la langue anglaise et le languedocien de grandes similitudes entre leurs mots. Ceci prouverait en faveur de ceux qui prétendent que la langue Celtique avait fourni au languedocien et à l’anglais de nombreux éléments. Là différence qu’on remarque à la lecture de ces deux idiomes est souvent plus apparente que réelle et généralement elle disparait, quand la parole

HEL1SAMA OU i/oCCULTISME CELTIQUE

remplace la lecture des yeux, car la prononciation des mots a très souvent la même assonance dans les deux idiomes.

Si de l'anglais et du languedocien nous passons à d’autres langues, même au latin, nous pouvons aussi constater des affinités remarquables dans chacune d’elles ; on pourrait dresser un long catalogue de mots pour convaincre le lecteur, mais pour ne pas encombrer notre marche, nous nous bornerons à dire ici que la langue Celtique a laissé de nombreuses traces dans la Grande-Bretagne, dans V Albanakls ou Erse des montagnes d'Ecosse, dans le Mannks de l’ile de Man et dans YErinah de l’Irlande, nous l’avons déjà dit précédemment sous une autre forme.

Cette même langue, qui a disparu successivement des parties de l'ancienne Gaule, s’est néanmoins conservée dans la Bretagne Armoricaine ; pour nous, le breton-bretonnant est purement celtique.

On dit et on répète sans cesse que le Breton est essentiellement têtu, tenace ; il n’est donc pas étonnant qu’à travers toutes les invasions et les révolutions qui ont bouleversé son pays, le Breton ait maintenu envers et contre tous sa primitive langue, principalement dans les cantons reculés de l'Armorique, où elle a si longtemps été parlée, à l'exclusion même du français. Nous savons parfaitement qu’au vne siècle, le grand saint Eloy et Grégoire de Tours dénomment le breton la langue rustique, grossière et villageoise !

Or, au milieu du ixe siècle, le Métropolitain de Bretagne, qui avait encore un souverain mépris pour le breton, paya fort cher ce mépris ; en effet, les évêques soumis à sa juridiction refusèrent de le reconnaître par cela seul qu'il ne parlait pas Breton.

Au xvine siècle, les Bretons obtinrent du Roi une déclaration qui excluait Formellement « du concours pour les cures de la Basse-Bretagne tout ecclésiastique qui ignore l’idiome particulier du pays ».

Et encore aujourd’hui, dans les petites villes, dans les villages et les campagnes de la Basse-Bretagne, F on ne parle que le Celto-breton, à l’exclusion presque du français. C’est donc, au bas mot, une population de 400.000 âmes, qui parle le Celtobreton dans le Finistère, le Morbihan et une grande partie des Côtes-du-Nord.

Or, dans le Celto-breton, on reconnaît un très grand nombre de termes ayant la même signification que les mots Celtiques cités par des écrivains de l’Antiquité.

En Bretagne, il y a actuellement quatre dialectes différents, mais on peut considérer, comme le plus pur, partant se rapprochant le plus du Celtique, le dialecte Clair et précis de Tréguier dénommé le Trè corien ou le breton-bretonnant. Par contre, le dialecte de Vannes paraît le plus corrompu, et si le dialecte de Quimper-Corentin ou de la Cornouaille française est sec et dur, aspiré ; par contre, le dialecte de Saint-Pol-de-Léon est au contraire

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moelleux, doux, musical, si l’on peut dire, parce qu’il a subi évidemment l’influence latine.

Disons ici, incidemment, que cette langue Celto- Bretonne possède aujourd’hui une littérature fort riche, bien que ses premiers monuments littéraires soient perdus, ce qui est extrêmement regrettable à tous les points de vue, mais surtout au point de vue qui nous occupe.

Si maintenant nous passons en revue l’opinion de quelques auteurs relative à la langue celtique, nous trouvons cette opinion fort diverse.

Ainsi Tacite nous apprend que les Bretons insulaires et les Celtes ne différaient que fort peu sous le rapport de la langue.

Ptolémée, de son côté, nous fait remarquer que les noms propres de lieux et d’hommes ont une très grande analogie, une conformité même souvent, chez les peuples d’Albion et chez ceux du Continent.

Jean Picard, dans son De Priscd , publié à Paris en 1556* émet une prétention absolument fausse, quand il nous dit que la langue primitive des Celtes était le grec, et qu’il attribue aux migrations étrangères dans la Gaule les différences qui se remarquent entre le Celtique et l’idiome des Grecs.

Dans son Traité : Gallica, publié à Paris et à Anvers ën 1580, Jean Gorop Bécan réfute avec raison la prétention de Jean Picard et s’efforce de prouver que les Gaulois ou Celtes parlaient le langage des Cimbres, identique selon lui au teuton : Erreur encore.

Louis Pascal Delacourt, dans son Origine des Gaulois , publié à Paris en 1621, soutient que les Celtes avaient une langue bien à eux, mais qui se rapprochait en quelques points de celle des Germains; ceci nous parait encore une erreur certaine.

Dom Paul Yves Pezron affirme que « la langue des Titans, de Saturne, de Jupiter et des DU Majores de l’Antiquité païenne a été la même que celle des Celtes ou Gaulois (i).

Dans ses Œuvres (2), Samuel Brocart donne un recueil de mots celtiques, qu’il explique par l’Hébreu, le Chaldéen et le Phénicien ; ses explications sont pour nous fort insuffisantes ; enfin, cet auteur nous affirme qu’il y a entre le Breton et les idiomes Sémitiques une telle ressemblance qu’il n’est pas possible que ce soit l’effet du pur hasard ; nous avons énoncé ce fait plus haut.

J. -B. Bullet, dans son important ouvrage (3) commet beaucoup d’erreurs; les plus graves en ce qui concerne la linguistique, c’est qu’il admet comme étant d’origine celtique des racines Ibériennes et purement Germaniques.

Le Brigant (4) veut absolument prouver que toutes les langues du globe renferment des traces

1 . Antiquités de la nation et de la langue celtiques , in- 12, Paris., 1703. — Le lecteur trouvera à la fin du volume une bibliographie détaillée des ouvrages mentionnés.

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