vol. in-fol. Leyde
3. Mémoires sur la langue celtique , 3 vol. in-fol. Besançon, 1754, à 1770.
4. Eléments de la langue des Celtes Gomerites et Bretons, in-8°, Strasbourg, 1779.
30 béli sa ma ou l’occultisme celtique
de la langue celtique et à grand renfort d’étymologies malheureusement un peu forcées, il finit par conclure que le Celtique a été la langue primitive de l’homme ! Il n’est pas seul de cet avis. Nous l’avons déjà dit nous-même saprà.
Nous ferons remarquer, en passant, que hauteur peut parfaitement avoir raison, cette opinion est depuis longtemps la nôtre ; mais ce qu’il ne faut pas, surtout dans la circonstance, c’est torturer les étymologies pour leur faire dire ce que, raisonnablement, elles ne doivent pas dire. Nous reviendrons du reste sur ce grave sujet : Le Celtique est-il la plus ancienne et partant la primitive langue de Vhomme?
Ce même Jacques le Brigant avait lancé un prospectus raisonné, fort attrayant, avec ce titre suggestif: La langue primitive retrouvée; malheureusement, nous ne saurions retrouver ce mirifique ouvrage par la bonne raison qu’il vn’a jamais été publié, l’auteur ne l’ayant jamais écrit.
Arrivons à l’origine de la langue Celtique. On est bien loin d’être d’accord parmi les linguistes pour rapporter les langues Celtiques à la souche indo-européenne. — Tl y a soixante à quatre-vingts ans, cette opinion était la plus accréditée, mais aujourd’hui, elle est fort discutée, ébranlée même.
Le savant Schlegel a été le premier à émettre des doutes sur cette parenté (1).
1. Dans un Mémoire sur l'origine des Hindous inséré in Phylosophical transactions de 1834.
béusama ou l’occultisme celtique
Pott ( Elymologische Forschangen ) soutient avec raison que bien que fortement mêlées d’éléments sanskrits, les langues celtiques ont une base complètement indépendante de la famille hindoue.
Adolphe Pictet, dans un opuscule célèbre (1), démontre l’affinité des langues Celtiques avec le sanskrit, fl expose en ces termes l’objet du Mémoire qu’il a présenté à Y Académie des Inscrip lions , et qui a étécouronnépar l’Institut : « Legroupe des langues Celtiques, après avoirservipendantquelque temps à étayer d’absurdes systèmes, est tombé, par un effet de réaction, dans un oubli très peu mérité. Les savants linguistes allemands, Grimm, Bopp et Schlegel, qui ont le plus contribué à l’avancement de la philologie comparée, les ont laissées en dehors du cercle de leurs travaux. M . Schlegel même a énoncé des doutes sur la parenté des langues Celtiques avec celle de la famille indoeuropéenne. 11 est temps de trancher enfin cette question : l’ancienneté de ces idiomes, le nombre et l’importance historique de leurs monuments ... écrits, presque inconnus encore, le fait qu’ils renferment une partie des origines de la langue française, tout se réunit pour éveiller l’intérêt sur ces curieux débris de la primitive Europe. En attendant des travaux plus complets sur leur histoire, travaux qui ne peuvent être entrepris avec succès que par les savants nationaux, on peut, au moyen
t. De l’affinitc clés langues Celtiques avec le Sanskrit, in- 8°,
Paris, 1837.
des matériaux existants, les rattacher à leur véritable souche qui est, sans contredit, indo-européenne. C’est là l’objet spécial de ce mémoire (1) .»
Adolphe Pictet a-t-il atteint son but? A-t-il prouvé irréfutablement que les langues Celtiques dérivent de la souche indo-européenne ?
Nous ne le pensons pas.
Certes, le Mémoire est fort bien fait, très ingénieux, les rapprochements entre le Sanskrit et le Celtique fort bien choisis, très concluants même en faveur de la parenté des deux langues ; mais, après avoir pris connaissance d’à peu près tout ce qui a été écrit sur la question, nous nous demandons si réellement le Celtique ne serait pas la langue la plus ancienne du monde et, dans ce cas, les rapprochements du Celtique et du Sanskrit pourraient prouver aussi bien que c’est celui-ci qui provient de celui-là; en un mot, nous pensons qu’à l’heure actuelle, la question est absolument insoluble, à moins qu’on ne découvre un jour un manuscrit tellement ancien qu’il fournisse des preuves irréfragables en faveur de l’une ou l’autre thèse. Actuellement, nous ne pouvons considérer le problème que comme celui de l’œuf et nous demander :
Est-ce la poule qui a fait l’œuf ?
Est-ce l’œuf qui a fait la poule ?
Ceci bien compris, nous devons ajouter qu’aujourd’hui il s’est formé un grand courant scientifique pour avancer que le berceau de l’humanité ne