‹ Belle et agréable narration du premier voyage de Nicolas Federmann le Jeune, d'Ulm, aux Indes deChapitre 6 sur 23 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Gomment Nicolas Federmann se comporta à son arrivée dans ^a ville de Coro , pendant Fabsence du gouverneur Ambroise Dalfinger. — Avec quelle pompe et quelles démonstrations de respect , lui et HansSeissenhQf&r reçurent le gouverneur à son retour.

Quand j'arrivai à Coro, je ny trouvai pas le gouverneur : il était parti depuis huit mois pour faire une expédition dans Tintérieur , et l'on n'en avait eu aucune nouvelle depuis-lors. Pendant l'absence de ce gouverneur, nommé Ambroise Dalfinger, le pays

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était sous les ordres de Luis Sarmiento, son lieutenant. Mais après que le vaisseau sur lequel j'étais venu fut déchargé , et que je Feus expédié, le 2 2 mars de cette même année, pour aller à Santo- Domingo, et de là en Espagne, il arriva une flottille de trois navires , que raesseigneurs les Welser avaient envoyés de Séville au Venezuela , afin qu'un de leurs agents, nommé Hans Seissenhoffef, prît le commandement du pays. On craignait à Séville quAmbroise Dalfinger ne fût dans une position très - critique , que les Indiens n'eussent empêché son retour, puisque , comme je l'ai dit , il y avait si longtemps qu'on n'avait entendu parler de lui , et que le lieutenant qu'il avait laissé à sa place , et qui était un Espagnol , ne se fut plus occupé de ses propres intérêts que de ceux des Welser.

Le susdit Haus SeissenhofFer fut donc reconnu par les facteurs, les trésoriers, les autres employés royaux, les troupes et le reste

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de la populaj^ion , commie gouverneur de la province, et on lui prêta serment en cette qualité. Le lieutenant qu'Ambroise Dalfinger avait laissé , fut aussi remplacé , çt jexerçai ées fonctions jusqu'au moment où Hans Seissenhoffér se démit de sa charge. Quinze jours après qu'il en eut pris possession , nous vîmes arriver le premier gouverneur, Ambroise Dalfinger, qui était absent depuis huit mois, comme je l'ai dit, et dont lious étions si inquiets , que nous n'espérions plus son retour, Seissenhoffer et moi , nous allàiiies audevant de lui, jusqu'à un demi-mille de la ville de Corô , avec toute M troupe à pied et à cheval , et nous lé reçûmes , au son des tambours et des trompettes , sous uile teÀtê , où l'on chanta lé Te Deum : aj^è^ y avoir déjeuné , nous reï)rîmes la route déCoro. Cet Ambroise Dalfinger aVait travcirsé , pendant son voyiage , beaucoup de pays étranges et inconnus : iî avait perdu , soit dans les combats soît par les maladfes^, unie centaine de èes cfoirrpagtrons. On

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pourrait écrire beaucoup de choses de ces pays et de leurs mœurs ; mais je* ne veux pas le faire, ne les connaissant que par oui-dire, et non pour les avoir vus moi-même , car je veux raconter seulement ce que j'ai vu de mes yeux et appris par ma propre expérience.

Ambroise Dalfinger étant donc de retour, plus heureusement qu'on ne l'avait espéré^ Hans SeissenhofiFer renonça à son titre de

gouverneur et de capitaine-général qu'il avait porté par ordre de sa majesté impériale jusqu'au retour dudit Dalfinger, et il lui fit prêter serment par les troupes et par tous les habitants. H se sentait dans une position assez fausse depuis le retour de l'ancien gouverneur: il renonça d'autant plus volontiers à sa charge , qu'il alla exécuter dans une autre partie des Indes une commission dont sa majesté impériale l'avait chargé.

Ambroise Dalfinger, de son côté, ne garda le commandement que jusqu'à la fin de juin

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de i53o: il partit alors pour Santo-Domingo.

Outre les raisons qu'il pouvait avoir, il prit cette résolution pour aller se faire guérir d'une fièvre quarte, gagnée pendant son voyage , et qu'il ne pouvait pas faire traiter à Coro. Je devins donc de nouveau lieutenant du gouverneur et capitaine général :

toute l'armée me reconnut comme tel et me prêta serment.

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