‹ Belle et agréable narration du premier voyage de Nicolas Federmann le Jeune, d'Ulm, aux Indes deChapitre 5 sur 23 · Tome i · texte numérisé non relu

Tome i

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OÙ nous étions. Je me tnis aussitôt en mar-^ che pour Coro : nous fîmes halt« ce jourlà auprès d'une source située à environ lifpii lieues de l'endroit où nous avions débarqué.

Le lendemain , nous arrivâmes au hameau dont j'ai parlé, et nous trouvâmes les habitants qui nous attendaient avec une quan-^ tité d'excellents poissons dont ils ont en abondance, ainsi que toutes sortes de vivres : ils nous firent une excellente réception. Nous y passâmes la nuit , et nous expédiâmes quelques Indiens au gouverneur de Coro : il était absent, mais il avait laissé à sa place son lieutenant Luis Sarmiento. Nous envoyâmes aussi au village que nous devions traverser pour faire préparer des provisions. Nous continuâmes notre route, et le lendemain, très -avant dans la nuit, nous parvînmes à un village appelé Miraca : nous y fumes très -bien reçus, et nous y trouvâmes tout ce qui nous était nécessaire* Nous nous y reposâmes un jour , car plu-

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sieurs de mes gens ne pouvaient plus marcher, ayant fait plus de six milles sans trouver de l'eau, sur un sable brûlant, le long de la mer. Vers midi nous vîmes arriver ceux que le gouverneur de Coro avait envoyés pour nous aider dans notre route.

Voyant donc que mes gens étaient hors de tout danger et pour ainsi dire arrivés, je confiai le commandement à George Ehinger, qui était venu avec moi de Santo-Domingo, en lui enjoignant de se mettre avec sa troupe sous les ordres du gouverneur et de son lieutenant; et je partis pour retourner au vaisseau , ce qui était pour moi de la plus grande importance; car il était richement chargé , et dans un grand danger. Je ne misji qu'un jour et une nuit à faire, à cheval, le chemin qui nous avait coûté trois journées de marche.

Le i5 juin, à deux heures après minuit, nous mimes à la voile pour prendre la vraie route du port de Coro , qu'il était impossible

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d'atteindre de Paragnana où nous étions. Ay^ J'aide de Dieu, nous arrivâmes à Santo-Domingo au bout de six jours, mais nous rçs*tâmes en dehors du port , dont l'entrée est un peu dangereuse. N'ayant rien à faire dans cette ville , je fis descendre un homme dans la chaloupe, et je l'envoyai dans un port de l'île Acua , qui est à environ vingtcinq lieues de la capitale , avec ordre de s'y rendre le plus tôt possible, et de remettre mes lettres à Sébastien Rentz. Celui-ci arriva bientôt avec une caravelle 5 dans une île nommée Xabona {Saona)^ à trente milles de Santo - Domingo , où j'attendais , non pas lui , mais l'homme que j'avais envoyé. Il m'apporta toutes sortes de provisions; et j'y restai encore seize jours , attendant le vent et l'occasion pour pouvoir partir pour Coro.

De là je me rendis à une île appelée San- Juan (c?6? Porto-Rico)j qui est éloignée de cinquante milles de Xabona, et j'y entrai dans un port nommé San -Germano, qui

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est habité par des chrétiens. Je pris à mon bord autant de chevaux , de bœufs et de moutons que j'en pus placer dans l'espace laissé vacant par les gens que j avais débarqués au Venezuela,

Après avoir séjourné quelques jours dans cette île , je me remis en route , accompagné d'un autre vaisseau qui appartenait aussi à messeigneurs les Welser , et qui m'avait rejoint à San - Germano , je puis me dirigeai vers le Venezuela. Le 8 juin, que Dieu en soit loué, nous entrâmes heureusement dans le port de Coro, après avoir passé six mois, depuis le jour où j'étais parti de San-Lucar de Barrameda en Espagne, jusqu'à celui où j'étais arrivé à Coro, c'est-à-dire du 2 octobre 1629, jusqu'au 8 mars de l'année suivante i53o.

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