‹ Bellegarde ou L'enfant indien adopté [microforme]Chapitre 17 sur 61 · COUV · texte numérisé non relu

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BELLEGARDE. 73 tempéles cut-il épuisé sa furie, et reposé ses puissantes ailes, comme fatigue de la lutte, on les vit, la bouteille de groc à la main, aussi peu émus que ‘les épagneuls de Terre-Neuve qui viennent de s’ébattre au milieu des flots, entoriner leurs chansons uavales. Où l’homme peut-il déployer avec autant de force et d'éclat son intelligence, son courage, son sang-froid et son adresse? Enfermé dans une prison flottante, en butte à la fureur des élémens ; une fausse manœüvre pent l’engloutir au milieu des eaux, une plancheen se détachant peut le condamner à une mort inévitable, et il se tient debout sur ce [rèle appui, calme et gai comme au foyer domestique et sous le toit paternel, comme, au milieu de sa famille.

» J'aime mon métier, et j’espère trouver l’occasion de prouver à ma famille et à mon pays que de Courcy n'est pas indigne du privilége de rester couvert devant le roi, privilége obtenu par la valeur d’un de ses ancêtres; mais si j'avais été élevé pour la marine, je m’enorgueillirais de la supériorité réelle de cette profession. À l’armée, le succès et la gloire peuvent dépendre du hasard ; les meilleurs généraux ont été battus : les meilleurs plans de campagne n’ont pas toujours réussi; mais sur

un navire c’est é génie de l’homme qui triomphe.

Vaincu par le canou ennemi, on coule bas le navire, on fait sauter la sainte-barbe, plutôt que d'’amener son pavillon, et l’honneur est sauf. Ainsi, dans la marine, l'homme est indépendant des événemens , sa gloire est dans ses mains. Admirable carrière ! |

« Trente jours après notre départ de Kingsale, nous jetâmes l’ancre sous les murs de Québec, assez à temps pour éviter une seconde tempète.

» Je fus reçu par le gouverneur avec un air de réserve et de morgue qu'il croyait très-convenable envers un officier sans fortune, sans titres, et que ne décoraient pas deux épaulettes d’or. Je fus invité à diner, uniquement parce que j'étais fils d’un comte; on eut soin de re faire comprendre que mon rang militaire n'aurait pas sufli pour me donner droit à cette faveur.

Quoi qu'il en soit de ce gouverneur, des brillans uniformes et des gens stupides qui l'entourent , je suis redevable à son invitation d’une agréable connaissance que j'ai faite, celle d’un vieux gentilhomme canadien, avec lequel j'ai fait route de Québec à Montréal.

Mon nom français, ma facilité à m'exprimer dans sa langue lui ont inspiré le désir de me con-

naître. J’aireçu lesavances que r’'a faites le seigneur

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