SHAKSPEARE
Le soleil de midi évoque les vents rebelles ; entre l'océan aux flots verts et le ciel à voûte, la discorde
s'allume et tonne.
De Courcy vit partir avec émotion le vieux seigneur canadien; son âge, la dignité de ses manières, son caractère et ses opinions lui avaient inspiré de la tendresse et de la vénération.
Dès qu’il se fut établi dans ses nouveaux quartiers, qu’il fut allé faire une visite au gouverneur de la place, et qu'il eut pris le commandement de sa compagnie, ses pensées se tournèrent vers sa fàmille , à laquelle il consacra ses premiers loisirs.
Les fragmens de la lettre suivante donneront au
lecteur quelque idée de son caractère et de son style.
«.. Puis-je vous dire que j'ai été heureux depuis que j'ai quitté l'Irlande? Non, la résignation n’est pas le bonheur : mais vous m'avez appris à la considérer comme une vertu nécessaire , et j'ai du moins la satisfaction d’obéir à ce précepte.
Je me suis embarqué sur le vaisseau le Joseph. J'ai eu la satisfaction d’être témoin d’un horrible orage, et comme dit Young, dans sa tragédie (1), il sympa- {luisait avec l’état de tristesse de mon ame. Nous essuyämes cette bourrasque dans le golfe de Saint- Laurent. En vérité, je pense que tous les tourbillons du nord s'étaient déchaïînés contre nous. Bal!lottés pendant deux jours avec une violenceextrême qui faisait pâlir notre capitaine, nous vimes nos chaloupes arrachées du pont par les vagues énormes, et notre grand mât se briser. Nos matelots enveloppés d’écumetournoyante et de flots mugissans, privés de repos et de nourriture, remplissaient leur devoir et continuaient la manœuvre avec cette énergie su- Ejime qui fait du métier de l’homme de mer le lus beau de tous. À peine, pour emprunter la
pompeuse description de Milton : Le démon des
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