‹ Bellegarde ou L'enfant indien adopté [microforme]Chapitre 38 sur 61 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Oh! shame to manhood, and opprobrium More to France than all her losses and defeats. Cowren.

Honte des ames viriles! Outrage pour la

France, plus cruel que ces pertes et ses défaites !

Les habitans du château se rendirent dans la chambre d’Eustace : ils le trouvèrent d’une humeur fort gaie, malgré la douleur causée par sa blessure à la jambe. La conversation ne roula longtemps que sur cet événement , et Mathilde paraissait disposée à louer le courage du jeune officier plus encore que son adresse dans ce genre d’exe:cices. Ce fut une occasion pour madame de Belrose de renouveler la vieille histoire des chasses de saint Hubert, de parler de l’ancien temps, et d’entre-

tenir ses auditeurs des anecdotes d’une cour ouelle avait vécu. Une fois, dit-elle, elle avait attiré l’attention du roi, mais son amie, madame d’Etioles, mieux connue sous4le nom de duchesse de Pompadour , l'avait préservée par sa présence des importunités du monarque.

Des contemporains ont attribué la liaison de cette dame avec Louis XV à des intrigues de cour, et ils ont défiguré toutes les circonstances qui y donnèrent lieu ; mais madame de Belrose, alliée de M. d’Etioles, et amie de sa femme, avant sa grande fortune, se proposa de corriger toutes ces erreurs, en rapportant les faits dont elle-même avait été témoin. Le baron était fatigué d’avoir entendu déjà raconter ces histoires trois ou quatre fois. Mais il pensa que ce bavardage pourrait distraire de Courcy, et il engagea lui-même madame de Belrose à commencer sa narration. Cette anecdote est une forte preuve du pouvoir d’un monarque absolu en France, de l’impunité avec laquelle , au mépris de tous les droits, il peut violer les convenances les plus sacrées ; nous la rapporterons donc telle que madame de Belrose la raconta.

Lenormand & Etioles, lun des hommes les plus heureux de France, avait une fortune considé-

rable, un esprit généreux, élevé et hospitalier.

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Aucune dépense ne lui coûtait pour rendre sa maison agréable ; et comme elle était située sur le bord de la forêt du Lys, où les princes de Condé chassaient habituellement le cerf et le sanglier, d’'Etioles avait quelquefois l'honneur de les recevoir avec les nobles gentilshommes de leur suite, C'était un charmant lieu de rendez-vous, et les convives illustres y venaient sans cérémonie, regardant leur visite comme un acte de condescendance qui indemnisait amplement leur hôte des dépenses occasionées par ses collations magnifiques. D’Etioles n’était pas noble, et ne pouvait par conséquent recevoir à son tour, des chasseurs aristocrates , cette hospitalité qu’il leur prodiguait. Néanmoins ces jeunes gentilshommes étaient sûrs de trouver en lui un ami dont la bourse leur était toujours ouverte, quand leur revenu ne pouvait suffire à leurs dépenses. Ils dinaient chez lui secrètement; et pour que ces visites ne fussent pas la cause de quelques critiques d’étiquette, ils recommandaient à d’Etioles d'acheter à la cour une place de pousse-fauteuil ou de valet-de-garderobe. Mais celui-ci n’était pas ambitieux; l’indépendance de la vie privée lui plaisait, et il re voulut même pas rechercher une alliance qui lui donnât plus de prétentions à la noblesse que sa naissance ne lui per-

mettait d'en avoir. Le premier gentilhomme d’une famille n’était pas, selon lui, plus noble que ses ancêtres; son père avait été banquier; il résolut donc de rester dans la classe où il était né, et où il avait fait fortune. Plusieurs partis lui furent présentés ; il aurait pu épouser la fille du marquis de***, qui n'avait pas de fortune et qu’un léger défaut dans la taille et des marques de petite vérole empèchaient en outre de trouver une alliance convenable à son rang. D’Etioles préféra s’unir à une femme de son choix, et bientôt la beauté et les perfections de mademoiselle Poisson le décidèrent en sa faveur. Assurément si la grâce, les talens et la beauté peuvent suppléer aux quartiers de noblesse, mademoiselle Poisson les possédait à un degré bien rare en notre pays.

Mon mari était parent éloigné de M. d’Etioles, et comme nous les voyions souvent, j'eus l’occasion d'admirer cette femme brillante, même à s: :oilette, où les beautés et les défauts ne peuvent se dissimuler. Elle était gaie et capricieuse ; ses grands cheveux châtains descendaient jusqu’à ses pieds, souvent elle s’amusait à les laisser retomber autour de sa personne, et elle les appelait alors son écran.

Réellement ils ressemblaient à un écran de soie, .

aussi brillant que de l'or poli. Ses grands yeux

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étaient de la couleur de ceux que les poètes donnent à Minerve; sa peau était blanche comme du satin, sa voix douce et harmonieuse. Il y avait quelque chose de fier dans sa bouche et dans son nez. Madame d’Etioles était la plus belle personne de France, et notre bonne mademoiselle de Clermont avait coutume de dire que, si elle eût été bien née, rien ne lui aurait manqué.

Son mari possédait un vaste domaine et un beau château près de Melun, sur les bords de la Seine. Ce domaine touchait à la forêt de Sénart, où le roi venait souvent chasser le cerf; et quoique M. d’Etioles n’osât jamais paraître à ces fêtes sans être invité, néanmoins les dames avaient la permission de suivre la chasse dans leurs voitures. Un jour madame d’Etioles était placée à l'entrée d’un bois au moment où le roi passait : ce fut l’origine de sa faveur. |

Quatre magnifiques chevaux gris étaient attelés à son carrosse, et attirèrent d’abord l'attention de sa majesté de notre côté. Le roi jugeait sans doute, à la vue d’un aussi bel équipage, qu'il appartenait à l'un des princes. Il vint vers nous, et était même sur le point de me parler, car il m’avait souvent vue chez le prince de Condé, dont le comte de Belrose était aide-de-camp. Mais bientôt toute son at-

tention se reporta sur madame d’Etioles, à laquelle il dit: « Je ne savais pas, madame, que la présence de la beauté honorerait aujourd’hui notre chasse.

— Sire, nous sommes sans doute des indiscrètes. » Telle fut sa courte réponse, mais en parlant elle avait montré ls plus belles dents qu’on puisse imaginer.

Le roi s'était éloigné en parlant à voix basse à son écuyer. Un instant après, celui-ci se dirigea au galop vers notre carrosse, et demanda le nom de madame d’Etioles. Cette circonstance suffit pour me convaincre que le roi avait été réellement frappé de sa beauté, et à notre retour j'adrèssai à ce sujet des complimens à M. d’Etioles qui parut moins content que je ne l'aurais cru. Dix jours après, une réunion nombreuse avait été invitée à diner chez lui. J’en faisais partie, avec mon mari, qui était

comme je vous lai dit, parent éloigné de d’Etioles;

car, malgré la noblesse de M. Belrose et la différence de notre rang, je pouvais, sans blesser les convenances, être liée avec sa femme. Les manières et le ton de celle-ci n'étaient plus les mêmes qu’autrefois, et elle traitait ses convives avec un air de protection qui convenait mal à une personne de sa classe. Elle parlait de la routine ennuyeuse de la

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vie domestique, et du bonheur de ceux qui étaient admis à la société intime du roi. Enfin, personne ne pouvait deviner la véritable cause de ce changement; moi séile je la connaissais, ne l’attribuant cependant qu'aux remarques du roi, excitées autant par la beauté de ma parente que par son brillant équipage. M. d’Etioles s’amusait des folies de sa femme, croyant qu’elle ne cherchait qu’à tourner en ridicule des usages de la classe supérieure. Plusieurs fois elle m’appela « ma chère; » et, comme la duchesse de Clermont me l’a souvent répété après la publicité de ce grand événement, j'aurais dû voir , si j’eusse été plus fine , que déjà elle pressentait la faveur royale, et que la tristesse de M. d’Etioles en était vne preuve évidente ; dans la suite j'eus la conviction que le pauvre homme n’avait pas êté consulté.

— Eneflet, dit Eustace, la réserve dans cette circonstance était essentielle à l'exécution des projets du roi.

— Au contraire, répondit madame de Belrose ; d'Etioles aurait montré moins de répugnance, si le roi lui avait fait l'honneur de le consulter ; mais sa majesté n'avait l'intention de li donner aucun titre, quoiqu'il voulût faire sa femme duchesse.

Enfin, la journée se passa fort agréablement ; et,

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comme le le:1emain était un jour fixé depuis longtemps pour une chasse du roi dans la forêt de Sénart, madame d’Etioles nous retint pour voir sa majesté. |

Je remarquai , avant notre départ, qu’elle avait tout disposé pour que chaque dame se rendit à ja chasse dans sa voiture, et que l’ordre fut donné aux domestiques de se diriger vers un licu de ren. dez-vous situé dans un endroit de ja forêt, fort éloigné de celui où nous avions d'jà vu le roi. Nous entendimes le son des cors et les cris de la meute, mais le roi ne vint pas. Après avoir longtemps attendu, et quand tout fut rentré dans le silence, nous revinnes au château.

Nous arrivärixs plus tard qu’à l'ordinaire ; M. d'Etioles et quelques-uns de ses amis nous attendaient avec impatience ; on servit immédiatement le diner. Madame d’Etioles était la seule qui manquât. Son mari parut de mauvaise humeur : au moment où il allait envoyer nn seigneur pour aller là chercher, le carrosse de Madame rentra par la porte du parc. Quelques minutes après ce même carrosse passa devant les fenêtres du salon, mais il était vide! D’Etioles, alarmé, sortit pour demander des

nouvelles de sa femme ; tout le monde avait les

yeux fixés sur cette voiture; chacun put voir dis-

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bouche en recommandant le silence à son maître, et passa rapidement sans autre réponse. Aussitôt d'Etioles rentra d’un air de triomphe; et, après avoir salué ses convives , il dit a haute voix : « Madame d’Etioles vous prie d’excuser son absence ; elle dîne avec le roi, et elle est allée à Versailles lans : voiture de sa majesté.

Nous l’entourâmes aussitôt pour apprendre les particularités de cet événement extraordinaire. Le conte de Belrose, mon mari, fils de l’ancien gouverneur de la Bastille, était un homme d’une grande finesse; et, pour que M. d’Etioles n’oubliât pas cette prison réservée aux maris jaloux, il lui demanda, d'une manière significative, s'il avait été depuis peu de temps dans le faubourg Saint-Antoine. Cette phrase imposa silence à chacun, et l’on se mit à table, en causant de sujets tout-à-fait étrangers à l'événement de la journée.

J'ai souvent entendu louer mon mari, continue madame de Belrose, de la présence d'esprit qu’il avait montrée en cette occasion, et la duchesse de Clermont m'a rénité que le prince son frère ayant été instruit de cette preuve de sagesse et de jugement, ne fit plus rien sans l'avoir consulté.

— Vous avez remarqué, dit Mathilde à sa tante,

que M. d'Etioles, parent de mon oncle Belrose, n'avait choisi sa femme que pour sa beauté ; telle est sans doute la cause de l'indifférence avec laquelle il supporta sa perte.

— Au contraire, il l’aimait passionnément, et pendant plusieurs mois il refusa de voir ses amis, et s'enferma dans son château. Toutes ses connaissances blâmèrent le roi. L’affliction de ce pauvre homme était si profonde que la nouvelle de son chagrin parvint à Versailles : long-temps ce fut le seul sujet de conversation dans les cercles de la cour. Mais les agens secrets du roi trouvèrent bientôt un remède à ses maux. D’Etioles reçut l’ordre de se passionner pou: :n nouvel objet, ou au moins d’affecter une grautis te: esse peur quel-

que personne connue, Une üznseuse de l'Opéra, fort en réputation, lui fut indiquée comme de-

vant remplacer madame d’Etioles, et bientôt il eut le choix ou de prendre cette femme ou de passer le reste de sa vie à la Bastille ; le premier lui parut plus convenable. Il eut de cette fille de l'Opéra deux enfans, qu'il fut obligé de légitimer.

— Et comment des enfans nés hors du mariage peuvent-ils être rendus légitimes? demande Mathilde avec naïveté.

—Très-facilement, ma chère : cette danseuse était

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allemande; dans ce pays il suffit d’avoir un petit jardin pour être baron, et elle trouva sans peine un pauvre baron de sa famille qui l’épousa : moyennant une somme considérable payée par d’Etioles, consentit même à se déclarer le père de ses deux enfans. Ils furent donc enregistrés sous son nom sur l'état civil de l’église de Royaumont.

— Mais nous arrivons à la partie la plus intéressante de l’histoire de ce pauvre d’Etioles.

Allons, très-bien, dit le baron qui s'était presque endormi, pendant que les jeunes gens prêtaient la plus grande attention à cette histoire.

— Cette Allemande était d’une beauté remarquable, et trois ou quatre ans après sa liaison avec d'Etioles, sa bonne conduite et son attachement pour celui-ci et pour ses enfans, enfin, sa grâce et l'élégance de ses manières, lui firent une sorte de réputation. Peu à peu ce pauvre homme oublhia sa femme. Les dames ne venaient jamais à ses réunions : cependant sa maison était remplie d'artistes, d'hommes de lettres, et de toutes les personnes à la mode. Il passait, comme à l'ordinaire, quelque mois del’automne dans son château de Melun. Se promenant un jour en voiture découverte dans les avenues de la forêt, il vit le roi passer, suivi d’une foule de

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gentilshommes. La plupart connaissaient d’Etioles, et ils s’arrêtèrent sous prétexte de lui parler, mais dans le seul but d’examiner sa maîtresse. Chaque

favorite a toujours des ennemis à la cour, et bientôt ceux de madame de Pompadour déclarèrent que sa beauté ne pouvait pas être comparée à celle de la femme que d’Etioles avait choisie pour la remplacer.

Une période de quatre années éirt bien longue pour captiver un homme tel que Louis XV, et comme madame Pompadour se souvenait d’avoir lu du: un bon livre « qu’il ne fallait pas croire à la parole des rois, » elle s’alarma lorsque sa majesté exprima le désir de voir cette fille de l'Opéra, ceite ferme si admirée. Elle envoya un messager à d’'Etioles pour l’avertir qu'il w’avait plus d’autre chance pour conserver sa maîtresse que de se retirer à son château de Baillon, en disant dans le public qu’il retournait à la ville. Il eût pu profiter de cet avis, mais il aimait mieux contrarier sa femme. Il répondit au messager qu'il serait heureux de contribuer une seconde fois aux plaisirs

du roi, et qu’il ne quitterait pas son château.

Néanmoins il décampa, et vicut dans la retraite jusqu’à la mort de sa majesté.

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— Le roi était un monstre, et d'Etioles un polon, dit Mathilde.

— Louis XV a perdu le Canada, ajouta le baron en poussant un soupir.

—Cependant, mon cher baron, dit Eustace, votre condition actuelle ne me paraît pas devoir être regrettée. Ne préférez-vous pas un gouvernement de liberté rationnelle , et sous lequel votre honneur et votre dignité sont à l’abri de ces violences outrageantes que madame de Belrose vient de décrire ?

Madame de Belrose, à laquelle cette observation était indirectement adressée, et piquée d’ailleurs de cette comparaison entre un roi anglais et fran-

çais, se disposait à défendre les enfans de Saint- Louis.

— Votre roi, dit-elle, est un bon bourgeois, sans pouvoir et sans représentation, si je ne me trompe, ct ses sujets ne sont pas aussi dévoués que le peuple français.

— Notre affection pour le roi, répondit Eustace en souriant, n’est pas exagérée en Angleterre comme en France. Comme le premier de l’état, son rang et son pouvoir sont déterminés par la loi; et comme particulier, il ne pourrait aussi impunément violer le toit sacré d’une chaumière. Un paysan

anglais exercerait lui-même sa vengeance sur l’homme qui aurait insulté sa femme ou sa fille :

quel que fût d’ailleurs son rang, et sans craindre d’être mis dans une bastille.

— Dans chaque pays, dit Mathilde, il y a des individus qui prennent soin de veiller eux mêmes à leur honneur ; car on ne peut outrager impunément l’homme qui n’est pas effrayé de mourir en défendant sa dignité personnelle. Si les hommes voulaient en général résister à l'exercice immoral du pouvoir, ceux qui sont destinés à gouverner la société deviendraient plus circonspects dans l’usage

qu'ils font de leur autorité.

— Ma chère enfant, répondit le baron, cela dépend surtout des usages ‘et de l'éducation d’un peuple. De ce qu’un roi n’a pas au-dessus de lui d’autre pouvoir, de ce que dans un gouvernement libre, comme celui de l'Angleterre, les droits individuels sont respectés, il ne faut pas en conclure que le chef de l’état est un despote. Les disciples fanatiques de la liberté ont produit plus de maux dans une seule année, qu’un seul tyran tel que Néron. Les victimes du despotisme sont’ peu nom-

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plus grossiers de la société, dirigé seulement par les passions, et ne respectant aucune supériorité. Nos pères en France n'ont pas toujours été sages et vertueux; mais, en comparant la masse générale du bonheur dont a joui notre peuple avec celui des époques les plus glorieuses des gouvernemens républicains ou démocratiques , nous ne devons pas regretter d’avoir la France pour patrie. Il n’y a pas de tyrannie plus atroce que celle de ces marchands de systèmes, qui, médecins empiriques, traitent la société comme des animaux sur lesquels ils feraient des expériences , au nom de ce qu’ils appellent principes. Leurs fausses théories sacrifient le bonheur du moment à un espoir incertain et éloigné de perfectionnement. Qu’en pensez-vous, capitaine de Courcy? L’'Angleterre n’était-elle pas aussi puissante et son peuple aussi heureux sous les règnes d'Alfred et d’'Elisabeth que du temps de là république ? Et vos paysans sont-ils moins malheureux depuis qu’ils peuvent se vanter de ne plus dépendre du seigneur voisin ? Les rois ont-ils donc créé l’inégalité des conditions, et ceux qui leur font ce reproche ne devraient-ils pas plutôt s'en prendre à la Providence? Si chaque chose dans la nature est composée d’élémens divers et inépaux, les maux qui sont la conséquence de cette organi-

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