ECOLE RS > PROS
sance. Vous ne pouvez avoir un meilleur confident que l’homme sage et vertueux qui a pris soin de mon éducation morale et religieuse ; mais je crains que d’autres devoirs ne vous appellent bientôt loin des intérêts de vos amis. Quand vous serez parti, hélas ! seule alors avec moi-même et mes chagrins, je devrai lutter contre les instances de mon cousin, l’obéissance et le respect que je dois à mon père ct à ma tante.
Eustace parut profondément affecté.
— Je n’ignore pas tous ces obstacles , dit-il, mais je les surmonterai. IL n’est pas nécessaire en ce moment, mon aimable amie, de vous expliquer mon plan, mais tant que je vivrai, soyez certaine de trouver en moi l'affection respectueuse d’un ami et le dévouement d’un frère. En supposant même que la guerre se déclare sur nos frontières , je ne recevrai l’ordre de partir que lorsque ma mission sera terminée en ces lieux. J’emploierai donc cet intervalle à l’accoinplissement de mes projets , et je me fie à la Providence pour le succès de tout ce que j'entreprendrai dans votre intérêt.
— Vous me promettez donc d’être mon ami et mon fidèle chevalier, dit Mathilde en riant.
— Jusqu'à la mort, répondit aussitôt Eustace d’un ton solennel.
Ces derniers mots pénétrèrent dans son cœur , et pendant le reste de la soirée elle les répéta mille fois.
Le lendemain, de Courcy resta plusieurs heures dans le cabinet du baron. Mathilde était inquiète de connaître le sujet de leur entretien, supposant
qu'ils pouvaient parler de son mariage : elle atten-
dait leur séparation avec la plus grande anxiété. En
ce moment sa tante lui proposa de venir se pro-
mener ; et celle-ci, la trouvant agitée, lui fit mille
questions insignifiantes sur sa santé. Enfin le sujet de l’impatience de Mathilde lui fut bientôt connu,
quand celle-ci lui demanua avec vivacité ce que le
capitaine de Courcy pouvait dire à son père depuis
si long-temps.
— Rien qui vous intéresse , mon enfant , dit ma-
dame de Belrose.
Réfléchissant néanmoins aux dernières conver-
sations, elle ajouta :
— Il ne serait pas impossible cependant qu’il de-
mandât à mon frère la permission de faire la cour
à l'héritière des d'Argenteuil ; mais le pauvre gar-
çon ne doit pas avoir l'espoir d’être bien recu.
cœur , mille
heures quiète posant attenité. En e proit mille le sujet connu, e que le e depuis
dit ma-
onver-
w’il dela cour re gar-
— Pourquoi donc pas, ma tante ? quand mon cousin Bertinval a l'approbation de toute la famille, un homme d’un aussi grand mérite que le capitaine de Courcy doit-il désespérer du succès ?
— Cette question est remplie de partialité et d’injustice, ma nièce.
—Ce n’est cependant que de la justice, chère tante.
— Oui, et une justice rendue par un juge partial est susceptible d'appel, ma chère amie.
— La sentence n’en est pas moins irrévocable. — Vraiment !
— Jusqu'à la mort, dit Mathilde , qui entendait au même instant les pas de son père et d’Eustace. En effet, ceux-ci venaient de terminer leur travail,
et ils paraissaient de bonne humeur.
Elle devint alors plus calme , et accepta la proposition que lui renouvela sa tante d’aller se promener et de respirer l'air frais du parc. À diner , elle apprit le sujet de la conférence du matin. De Courcy
s'était concerté avec le baron sur la marche à suivre
L2 1, ont
pour organiser la milice du district, assembler et armer immédiatement les tribus sauvages qui vivaient sur les bords du lac des Deux-Montagnes. L’ordre avaitété donné aussitôt aux chefs indiens de s’assembler le lendemain afin d'entendre une proclamation du gouvernement. La plus grande partie de nos lecteurs désire sans doute connaître les cérémonies qui précèdent une déclaration de guerre chez les sauvages ; nous en ferons donc le tableau rapide dans le chapitre suivant.