‹ Belluaires et porchersChapitre 44 sur 61 · Encore I · texte numérisé non relu

Encore I

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A vous, mainteiLamt,.m.an -très-cher Henry -de Groux, Sosie prodigieux du grand Hello, qui m'épouvantâtes, un jour, de cette ressemblance terrible, et que j'aime surtout pour cette raison, quoique vous soyez, peut-être, le plus grand artiste du monde.

C'est pour vous, le visionnaire brûlant du Christ aux Outrages, que fut opéré, non sans fatigue, ce travail de nettoiement d'une face de douleur et de splendeur, — votre propre face, — qu'on essayait de couvrir d'ordures

Qui donc, mieux que vous, ô très-cher, pourrait me comprendre? Il y a des jours, vous l'avez souvent remarqué, où je sais à peine qui vous êtes, où j'hésite avant de prononcer votre nom, tellement je vous vois identique à ce Méconnu, — dont la sottise ou la vanité de ceux qui l'ont égorgé profane aujourd'hui jusqu'à la poussière.

Votre Ménechme ne pouvait contempler Dieu que dans une rafale de gloire. Missionné, je tiens à le supposer, pour l'achèvement de son œuvre, vous n'avez pu nous montrer ce même Dieu que

dans le tourbillon sanglant des ignominies. Estce que ce n'est pas exactement la même vision, dans l'Absolu.

Mais il me semble que vous avez reçu la meilleure part. Le Sang est plus fort que la Lumière, et vous savez que la Mort du Christ a obscurci le soleil.

Ne serait-ce pas sublime que le malheureux Hello, qui abaissa tant son cœur, dans son désir insensé de réduire en esclavage l'attention des hommes, eût été condamné mystérieusement à ne triompher qu'en vous qui portez votre âme si haut et pour qui le parfait opprobre est le suffrage de la multitude.

Décembre. 1894.

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