SCÈNE V
l’KPITO.
Ah bah !
fiametta, impatientée.
Dieu ! que tu es hôte !
FÉPITO.
Ah bah ! ( Mouvement de Fiametta.) Eh bien! non, là, je ne le dirai plus... plus jamais.
FIAMETTA.
Comme c’est obéissant!... C’est un caniche que j’ai épousé là. pépito, avec tendresse.
Oh oui!... c’est un petit caniche qui t’a offert sa main.
FIAMETTA.
Ahçà! voyons, il faut bien employer la journée, pour que monseigneur soit content... Voici l’ordre et la marche : lu vas prendre ta bêche, ton râteau, et aller travailler dans les céleris, jusqu’à trois heures ; après, tu reviendras t’habilleravec ta belle veste neuve, ta belle cravate que je t'ai brodée... et tu me mèneras à la fête.
FÉP1T0.
Oui, ma petite femme... et après...
FIAMETTA.
Après... nous verrons ce qu’on pourra faire pour vous, si vous avez été bien sage.
, pépito, soupirant.
Oui... ma petite femme... tu verras ça. (Il va prendre ses outils de jardinage.)
fiametta, à elle-même.
J’espère que j’ai eu la main heureuse !...* moi, qui n’aime pas à être contrariée !
pépito, revenant, avec ses outils.
Adieu, ma petite femme.
fiametta.
Où vas-tu?...
PÉPITO.
Je vas aux céleris.
FIAMETTA.
Eh bien ?... et déjeuner ?. . . est-ce que tu oubliesde déjeuner ?
PÉPITO.
Oh ! non... mais tout à l'heure tu as dit : Voilà l’ordre et la marche... et il n’y avait pas de déjeuner dans le programme.
fiametta, sortant.
Ah ! tu crois que j’ai oublié le déjeuner de mon petit homme !... ( Rentrant et tenant des restes de poulet rôti.) D’abord, ceci.
PÉPITO.
Delà volaille!
fiametta.
Et puis... là-bas... regarde!
BELPHÉGOR. pépito , regardant la table.
De la pâtisserie !
FJAMETTA.
De ma façon... Allons! à table!... ( Avançant une chaise.) Tiens, assieds-toi là.
PÉPITO.
Oh ! non.
FIAMETTA.
Comment ?
PÉPITO.
Oh ! non... c’est la femme qui doit s’asseoir, c’est le mari qui doit servir... v’ià mes principes.
FIAMETTA .
Est— il bon !... l’est-il !... ( A Pépito, en lui faisant une place.) Eh bien ! tiens, part à deux.
PÉPITO.
Non... toi, sur la chaise... moi, par terre, à tes pieds... c’est la place des caniches, ça me revient. (Elle s'assied; il se couche à ses pieds, en posant sa tête sur les genoux de Fiametta.)
FIAMETTA.
Tiens... l’aile de poulet.
PÉPITO.
Non encore... l’aile pour la femme... pour le mari, le pilon... v’ià mes principes... passe-moi le pilon.
Tiens... croque... (Poussant un petit cri.) Aïe!... c’est mon doigt que tu croques ?. . . Tu confonds avec le pilon!
pépito, soupirant.
Ah ! c’était bien meilleur! (Ils mangent tous deux.) fiametta, le regardant.
Comme c’est bon d’être là, comme ça, tous deux ! ... si on nous voyait!... Hein !... ça donnerait envie de se marier... pépito, la bouche pleine.
Et de manger de la volaille.
FIAMETTA.
Si mon père, par exemple...
pépito, avec respect.
Ah ! oui... ton brave homme de père, si vénérable... avec sa barbe blanche, si vénérable... son vieux chapeau, si vénérable, voilà un vieillard... complètement vénérable !
FIAMETTA.
Tu l’aimes?
PÉPITO.
Et je le vénère... aussi, quand il est venu me dire : Pépito, veux- tu épouser Fiametta ?
FIAMETTA.
Comment!... tu ne pensais donc pas à moi ?