SCÈNE V
PÉPITO.
Oh que si !... mais je n’osais pas me prononcer... Au premier mot, je lui ai répondu : topez là, beau-père... et nous avons été chez leBarigel, où nous avons signé quelque chose.
FIAMETTA.
Notre contrat...
PÉPITO.
Notre contrat ?... je ne sais pas... je n’ai pas lu.
FIAMF.TTA.
Pourquoi ?
pépito, se mettant à genoux, et tendrement.
J’avais les yeux sur toi.
fiametta, lui prenant la tête et l’embrassant sur le front.
Pauvre chéri!... De sorte que ma dot...
pépito, se levant.
Ta dot?... mais la v’ià...
fiametta, se levant.
Où donc?... *
pépito.
Air : Ton joli nom. (Arnaud.)
V’ià la dot, ma p'tit’ femme :
C’est e’ corset gracieux,
C’est c’ regard qui m’enflamme,
Ces p'tit’s mains, ces grands yeux 1 Que plus d’une autre ait pour trésor Beaucoup d'or,
Plus riche encor,
Toi, n’as-tu pas Tes appas !
L’or et l’argent ne durent guère;
Tandis qu’ ta dot, c’est différent,
Je la dévore, et j’ai beau faire,
Il en reste toujours autant...
Ça n’ peut qu’aller en augmentant.
fiametta. (Parlé.)
Dieu ! sommes-nous-t-y heureux !
ENSEMBLE
Quel joli p’tit ménage !
Que d'amour ! que d’ bonheur!
Ah 1 tous deux du mariage Bénissons l’inventeur !
D’ s'aimer toujours, ah! voilà bien L’ vrai moyen !
On ne trouv’ra,
On n’invent’ra Rien d’ mieux qu’ ça !
FIÀMETTA.
Alors, passons au dessert. * ** ***
PÉPITO.
Passons-y.
fiametta, qui coupe le gâteau.
Ah bien! v’ià qui est drôle!... je le croyais refroidi... et il est encore tout bouillant !
PÉPITO.
Je lui sais gré de cette attention.
fiametta, qui a découpé.
V’ià une belle tranche.
PÉPITO.
A toi la belle tranche.
FIAMETTA.
Ah! pour cette fois, par exemple, non!... Je veux qu’on m’obéisse, monsieur...
rÉPiTO, très-soumis.
J’obéis... donne. .. Tiens !... il a un drôle de goût, ton gâteau ..
Un goût de Yanille...
PÉPITO.
Non... un goût de soufre.
FIAMETTA.
De soufre !
PÉPITO.
Attends... je vais m’assurer... ( L'orchestre exécute , piano , le chœur infernal de la scène troisième. — Il avale une grosse bouchée, puis s'écrie toutàcoup.) Mais non... je ne me trompe pas ! une flamme ardente circule dans mes veines!... ma poitrine et ma tête sont en feu !... Il me semble que j’ai bu du rhum dans quoi on aurait fait tremper des allumettes !... (Rire.) C’est égal... C’est bon tout de même. (Rire.) — ( Lamusique cesse.)
FIAMETTA.
Mauvais plaisant!... c’était pour me faire peur... moi qui ai cru !... (Elle va pour s’asseoir. — Pépito, d'un air assuré et la tète haute, la prend par le bras, lui fait faire une pirouette et s'assied à sa place.)
pépito, avec aplomb.
Pardon, petite...*” c’est la place du mari.. .celle de la femme... voilà.
fiametta, étonnée.
Hein ?... Ab ! c’est encore pour rire...
pépito, tendant son verre.
A boire!
fiametta, un peu interdite.
Ah! il faut que je. ,