‹ Belphégor, vaudeville fantastiqueChapitre 13 sur 25 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PÉPITO.

C’est à la femme de servir le mari...

fiametta, en versant.

Ah ! bois à ma santé.

PÉPITO.

Tu as raison... (Buvant.) A ma santé 1

FIAMETTA.

A présent, à celle du papa.

pépito, posant son verre.

Du papa !... ah! non...

FIAMETTA.

Comment ?

PÉPITO.

Ça serait contraire à mes intérêts... Tu vas comprendre ça... Puisqu’il n’a mis que quatre cents ducats dans le contrat... et que je n’aurai le reste qu’après lui... je ne peux pas boire à sa perpétuité.

fiametta, étonnée.

Mais ce contrat, tu ne l’as pas lu en le signant, le jour du mariage ?

PÉPITO.

Non, c’est vrai, je ne l’ai pas lu.

FIAMETTA.

Eh bien ?

PÉPITO.

Parce que je l’avais lu la veille... ca se lit la veille, ces choses-là... * même que j’ai eu une qtrerelle avec ton vénérable père, qui marchandait pour quelques carlins... C’est un vieux filou que ton père... vénérable, mais filou.

FIAMETTA.

Ah ! l’horreur !... c’est donc pour ma dot que vous m’avez épousée, monsieur !... vous qui me disiez que c'était pour mes beaux yeux !... qu’ils étaient si grands !...

PÉPITO.

Les ducats sont plus grands encore.

FIAMETTA.

Que ma peau était si blanche !...

PÉPITO.

Ça n’approche pas de la blancheur des ducats.

Ah ! mais, c’est affreux!... c’est... (Partant d'un éclat de rire.) lia ! ha! ha !... moi , qui m’y laissais encore prendre !... C’est pour rire, n’est-ce pas?...

tépito, qui s'est levé, l’embrassant.

Parbleu!...

FIAMETTA.

Ah !... à la bonne heure!... j’en étais sûre.

BELPHÉGOK.

PÉPITO.

A présent, à l’ouvrage t

FIAMETTA.

C’e9t ça... pendant qu’à mon tour, je finirai de déjeuner... ( Lui posant la bêche et le râteau sur l'épaule.) Tiens... va aux céleris, mon petit homme, va aux céleris,

PÉPITO.

Non... tu te trompes... ce n’est pas ça... ( Lui remettant les outils sur l’épaule.) Va aux céleris, ma petite femme, va aux céleris. (Il va négligemment prendre la chaise de droite , s'y assied à califourchon, tire une pipe et un briquet de sa poche, met la pipe à sa bouche et bat le briquet )

fiametta, pleurant.

Ah ! mon Dieu !... Tout à l'heure, c’était donc pour de bon !... Oh! le petit monstre !... ( Jetant les outils.) F.h bien ! non !... je n’irai pas ! Et bien plus, je vais mettre ma plus belle toilette et courir à la fête du village !

PÉPITO.

Non... tu te trompes encore... La fête, ce sera moi...

FIAMETTA.

Ah! c’est trop fort! Et tu crois que ça va se passer ainsi ! pépito, de même.

Voilà comme ça va se passer... Tu vas m’apporter ma veste et ma cravate pour me faire beau.

FIAMETTA.

Non!

pépito, de même.

Madame Pépito, je vous invite poliment à m’aller chercher mes atours.

FIAMETTA.

Je n’entends pas... j’ai l’oreille dure.

pépito, se levant et posant sa pipe sur la table.

Ah?... Il faut donc alors m’adresser à un organe plus sensible... * (Il démanché le râteau.) Marne Pépito !...

fiametta, jetant un cri.

Ah!

PÉPITO.

Je comptais sur cet effet.

fiametta, hors d'elle.

Vous ôtes un monstre !

ENSEMBLE

Air : quadrille du Violon du diable. (Finale.)

fiametta. pépito, riant.

Va, de tes mépris, Va, malgré tes cris,

Monstre, j'aurai bientôt vengeance ! Je te force à l’obéissance !

N'en sois pas surpris, Va donc, je me ris

Ton insolence aura son prix ! De ta fureur et de tes cris.

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