L'OMELETTE DU CURÉ
J'ai craint que quelque malin, qui aura mal digéri et mal dormi, ne vienne à dire : « Mais voilà un prof fesseur qui ne se dit pas d'injures 1 voilà un profest seur qui se fait sans cesse des compliments! voilà un f professeur qui... voilà un professeur que... ! »
A quoi je réponds d'avance, en me mettant en garde, que celui qui ne dit de mal de personne a. bien le droit de se traiter avec quelque indulgence; et que je ne vois pas par quelle raison je serais exclu de ma propre bienveillance, moi qui ai toujours été étranger aux sentiments haineux.
Après cette réponse, bien fondée en réalité, je crois pouvoir être tranquille, bien abrité dans mon manteau de philosophe ; et ceux qui insisteront, je les déclare mauvais coucheurs. Mauvais coucheurs! injure nouvelle, et pour laquelle je veux prendre un brevet d'invention, parce que le premier j'ai découvert qu'elle contient en soi une véritable excommunication.
l'omelette du cubé.
Tout le monde sait que madame R*** a occupé pendant vingt ans, sans contradiction, le trône de la beauté à Paris. On sait aussi qu'elle est extrêmement charitable, et qu'à une certaine époque elle prenait intérêt
dans la plupart des entreprises qui avaient pour but de soulager la misère, quelquefois plus poijpaante dans la capitale que partout ailleurs^.
Ayant à conférer à ce sujet avec H. le corë de..., elle se rendit chez lui vers les cinq heures de l'après-midi, et fut fort étonnée de le trouver déjà à table.
La chère habitante de la rue du Mont-Blanc croyait que tout le monde, à Paris» dînait à six heures, et ne savait pas que les ecclésiastiques commencent en général de bonne heure, parce qu'il en est beaucoup qui font le soir une légère collation.
Madame R*** voulait se retirer, mais le curé la retint, soit parce que l'affaire dont ils avaient à causer n'était pas de nature à l'empêcher de dîner, soit parce qu'une jolie femme n'est jamais un trouble-féte pour qui que ce soit, ou bien enfin parce qu'il vint à s'apercevoir qu'il ne lui manquait qu'un interlocuteur pour faire de son salon un vrai Ëlysiée gastronomique.
Effectivement, le couvert était mis avec une propreté remarquable; un vin vieux étincelait dans un flacon de cristal; la porcelaine blanche était de premier chois; les plats tenus chauds par l'eau bouillante; et une bonne, à la fois canonique et bien mise, était là prête à recevoir les ordres.
Le repas était limitrophe entre la frugalité et la recherche. Un potage au coulis d'écrevisses venait d'être enlevé, et on voyait sur la table une truite saumonée, une omelette et une salade.
c Mon dtner vous apprend ce que vous ne savez peut-
I. CeiB^à «HtoBt soni à pkia^, dont tes ]>t86iBt tmà ifBoNs ; ear il faat rendre justice aux Parisieni et dire qu'ils loiit eharitablet et aam^oiert. Je fal- Mii, en ru s, mie petite peasioi» hebdomadaire à uae TÎdHe reiigieiue qui gl- •ait à un sixième éta|[e, paralysa de la lùoiiié du corps» Cette btaTe fiUa reeivait asses de la bienfaisance des roisins pour vIttc à peu près ùtÊÊt^Uhkmté et paor noucrif um saor cMwti st> qai s^lail aktaohét> iusoftSQilt