‹ Ben-HurChapitre 171 sur 172 · CHANT PREMIER · texte numérisé non relu

CHANT PREMIER

J'enseigne dans mes vers comment un pauvre auteur

Peut des banquets du riche atteindre la hauteur.

Je dirai par quels soins, par quel heureux manège,

11 saura conserver un si beau privilège,

Et, sans prendre jamais un verre d'eau chez lui,

S'asseoir, un siècle entier, à la table d'autrui.

Toi qui laisses à jeun tes favoris fidèles,

Savant régulateur du chœur des neuf pucelles^

Apollon, dieu des vers, viens inspirer mes chants;

Ma Muse engraissera tes malheureux enfants.

Hèlas I sur le Parnasse ils font maigre cjuisine ;

On Y dîne fort mal, si pourtant on y dîne.

Quoi I n'est-ce donc, grand dieu, n'est-ce que pour les sots

Que le ciel bienfaisant créa les bons morceaux ?

Mais si Phèbus est sourd à mon humble prière ,

Jette sur mon sujet quelques traits de lumière^

1. If é en 1768, mort da choléra en 1832. Colnet se fit connaître d*abord par de petits poèmes assez médiocres où l'on remarqua pourtant des traits spirituels et de Tives plaisanteries. Plus tard (en 18t0) il publia l'Art de dîner en ville j que nous donnons ici, badinage piquint et ingénieux qui obtint du succès et fut réimprimé plusieurs fois. Cohiet se fit à la fois libraire et journaliste. Il travailla juccessiyement avec succès aux feuilles les plus répandues ; mais ce fut surtout sous la Restauration qu'il se fit une sorte de renom par la vivacité mor^ danle de ses articles empreints d'un royalisme excessif, et notamment par sei Lettres dans la Gazette de France. VArt de diner en ville survit à cet poléniques éteintes et oubliées.

Toi qui dans un seul jour dînais souvent trois fois,

0 flftoamaJlre! G Montmaur, daigne écouter ma voix!

Descends de ton donjon ; cx)inmunîque à ma IM^se

T.cs secrets importants qu'Apollon lui refuse;

Ouvre-moi tes trésof»; dis eommcntd'un bon mot

A ceux qui te traitaient tu payais ton écot.

Age heureuv, siècle d'or, où le poète à table

N'avait d'autre^^uciqae celui d'être aimable l

Ah ! ce bon temps n'est plus. D'insensibles traiteurs

Osent, leur carte en main, poursuivre les auteurs.

Il faut rester au lit : tant il est difficile.

Dans ce siècle de f€ir, d'aller dîner en ville I

Jamais jusqu'à l'échiné un poêle crotté

A d'illustres banqueta ne sera présenté.

De ces mets sûvoureux qu'un ajft brillant enfante

Il ne connaîtra point l'odeur appétissante.

C'en est fait : qu'il renonce à ces vins que Bordeaux

Voit naître tous les ans sur sas brûlants coteaux.

Non, ce n'est pas pour lui qu'une liqueur mousseuse.

Et de sa liberté folkmeuC amoureuse,

Frcmit dan: sa prison, s'indigne de ses fers,

Et lance en pétillant son bouchon dans les airs.

Vous qui, le nez au vent et la mine affamée,

D'une bonne cuisine épiez la fumée.

Vous à qui, dans ses dons, Le ciel ne départit

Que l'ardeur de rimer et beaucoup d'appétit ,

Sachez que dan« ce siècle, où règne la sottise,

Mieux vaut Pradon couvert qu'Homère sans chemise.

Un sot mis à la mod€ est toujours fort bien vu.

Le mérite n'est rien ; on rit de la vertu.

Et l'honneur tant vantt*, l'honneur est peu de chose;

Mais, aux yeux du vulgaire, un habit en impose.

J'ai vu de vils laquais, échappés du Perron,

Recevoir sans rougir les honneurs du i-a!on ;

Tandis que, condamné sur sa mauvaise mine,

L'interprète des dieux mangeait à la cuisine.

Ainsi donc, de la mode étudiant les lois,

Il faut vous habiller pour la première fois.

Rejetez loin de vous ces étoffes grossières

Que Beauvaîs prépara pour le dos de yo9 pères ;

J'aime ce drap moelleux que Sedan a tissu

Pour embellir Mondor, jadis ta mal vêtu;

J'aime ce drap léger, dont \m Tamise est fière,

Ce Casimir soyeux, honneur de rAnglelerre,

Que chacun veut porter depuis qu'il est proscrit...

Mais commençons d'abord par trouver un habit.

0 toi, donl Tari a su réunir nos suffrages,

Toi qui fis d'Alembert et d'autres bous ouvrîmes,

Bienfaisante Tencinl tu n'es plus; ta bonté

Jadis de nos auteurs voilait la nudité;

Tes chausses de veloursy chères à leur mémoire,

Non moins que tes romans éternisent ta glnre.

D'un riche et doux tissu nos poètes couverts

Affrontaient, grftce à toi, la rigueur des hivers,

Tu n'es plus. Ah 1 permets qu'en ce burlesque ou^age

D'un tendre souvenir je consaore l'hommage .

Les lettres et l'amour te pleureront longtemps.

Il suffit; poursuivons nos travaux importants.

Suivez-moi. Voyez-vous cet ouvrier qu'on vante

Pour sa dextérité, pour sa coupe savante?

D'un salut amical chatouillez son orgueil;

Des gens de cet aloi c'est le fatal écueil.

Approchez ; dites lui que tous les arts sont frères»

Et doivent alléger leurs communes misères;

Dites-lui, s'ille faut, pour attendrir son cœur.

Dites-lui qu'autrefois A|>ollonfut tailleur.

Les artistes du jour ont beaucoup de génie,

Mais ne sont pas tiès-forts sur la mythologie.

Enfiii, vous publiez un livre merveilleux,

Un poème en vingt chants ; faites luire à ses yeux

Son nom pompeusement cité dans la préface;

Un bon habit, Je crois, vaut une dédicace.

Victoire! il est coupé! — Quoi? — Parbleu, voire habîl.

Allez-vous marchander? on^ le donne à crédit.

Mais comment le payer? Question inutile I Il est de s'acquitter un moyen très-facile. Infaillible, et pourtant qui n'est pas très-nouveau. Ce soir, à Montansier, le spectacle est fort beau ; La pièce qu'on y joue est de vous tout entière : Tonnez à ce tailleur deux billets de parterre; Qu'il admire le plan, le sujet et les vers, Et que pour son paiement il fredonne vos airs. Peut-être des huissiers la sinistre cohorte Viendra- t-e lie un matin assiéger votre porte. Que craignez-vous ? Riez de leur vaine fureur ; A-t-on jamais saisi les meubles d'un auteur? Ne redoutez donc pas la justice importune : J'ai trouvé votre habit; j'ai fait votre fortune. Quittez cet air timide ; il n'est plus de saison, Et venez sur mes pas chercher l'amphitryon. Archiviste fameux des meilleures cuisines, Conduis-nous, cher Grimod, aux tables les plus fines. Dans des temps plus heureux; on trouvait à Paris Des cercles renommés, où tous les beaux esprits. Chassant les noirs chagrins, la sombre inquiétude, De plaire et de manger faisaient leur seule étude, Geoffrin les accueillait.... Cette bonne Geoffrin Qui voulut réunir les bétes de Tencin, Geoifrin que Marmontel pieusement honore, Que célébrait Thomas, qu'un autre pleure encore. Mais, quand, malgré les cris des auteurs gémissantSy La Parque osa couper la trame de ses ans, Une autre déité, la tendre Lespinasse, Les recueillit encor, non loin de Bellechasse; Son heureux abandon et ses douces langueurs, Son air mélancolique, attiraient tous les cœurs. Près d'elle on éprouvait un charme irrésistible ; Plus jeune que (jeofiTrin, elle fut plus sensible. Et sut, reine adorée en sa nombreuse cour, Cultiver à la fois les lettres et l'amour. Pourtant, jusqu'à sa mort on crut qu'elle était sage.

le me tais; mais Guilbert en dirait davantage. Bien d'autres, désirant vous entendre et vous voir, Se disputaient entre eux Thonneur de vous avoir. Les repas se pressaient pour la giemaine entière ; Vous dîniez aujourd'hui chez La Popelinière, Et demain chez Beaujon... jamais chez le traiteur. Fatigué de ses pairs, souvent un grand seigneur. Très-connu par sa table et peu par ses ouvrages, Pour le fauteuil vacant demandant vos suffrages, Vous invitait en corps à dîner avec lui. De sa sombre grandeur vous dissipiez l'ennui ; Vos bons mots réveillaient sa langueur ennemie, Car vous êtes fort gais... hors de l'Académie. Quelle époque pour vous, ô fortunés auteurs I Vous étiez à la mode, autant que les vapeurs. Paris, dans ses beaux jours gravés en ma mémoire, Paris était pour vous un vaste réfectoire. Vous souvient-il enfin que, dans un certain lieu, On dînait bien, pour peu qu'on ne crùi pas en Dieu? Agréables banquets! tables hospitalières!

Charmants amphitryons ! aimables douairières! Vous avez disparu... Chez qui dînerons-nous? Un auteur ne doit pas, facile au rendez-vous. D'un bourgeois économe, amphitryon vulgaire, Partager tristement le très-mince ordinaire. Regardons en pitié des mets si peu coûteux. Celui qui dans l'Olympe, à la table des dieux. S'enivre tous les jours d'une liqueur choisie^ Ne boit que le nectar, ne vit que d'ambroisie. Pourrait-il, sur la terre, ignoble dans ses goûta^ Déroger en mangeant d'insipides ragoûts?

lin diner sans façon et sans cérémonie, On Fa dit avant moi, n'est qxC une perfidie. Mais surtout évitons la soupo des rentiers. Et tendons nos filets chez de gros financiers. Dans cette classe encore il est un choix à faire : L'un est mesquin, avare, et fait très-maigre chère;

L'autre tient table ouverte et vit avec honneur.

Celui qui se ruine est toujours le meilleur.

Ainsi donc, chez Mondor faites-vous introduire ;

Le hasard, un ami pourra vous y conduire.

Mondor, ancien laquaisf aujourd'hui financier,

De Todeur de sa table embaume son quartier.

Jadis, quand il quitta son toit et son village,

Un modeste bâton formait son équipage.

A Paris débarquant, sans argent^ sans amis,

Parmi la valetaille empressé d'être admis.

Il brigua chez un grand l'honneur de la livrée ;

Tant son âme à la honte était bien préparée 4

Bientôt la scène change ; audacieux fripon,

Conduit par la fortune, il s'élance au Perron ;

Au fond d'une taverne y fixe sa demeure,

Et gagne, sans bouger, deux mille écus par heure.

Ce n'est pas tout ; son front d'un honteux bonnet vert,

Au mépris de nos lois, s'étant trois fois couvert.

De l'aveugle Fortune il dirige la roue.

Relève un nom flétri qui traînait danslal)oue;

A défaut de l'estime, usurpe la faveur,

Ri d'une éponge d'or lave son déshonneur.

Dans un palais superbe, embelli par ses maîtres.

Oubliant rhumble chaume où vivaient ses anc(3tres.

Il couchait sur la paille, il dort sur l'édredon,

Sur le crin élastique il jette à l'abandon

Ces membres vigoureux qui remuaient la terre.

Kt maniaient le soc fabriqué par son père.

Là, bercé dans les bras de son oisiveté,

La douce illusion flatte sa vanité.

Bientôt à son réveil un brillant équipage

De son faste insolent fait voler l'étalage.

Ébranle tout Paris, éclabousse les gens, .

Met en feu les pavés, renverse les passants.

Ti'un tombe ; l'autre crie et la foule murmure :

Noble délassement d'un faquin en voiture.

Son goût n'est pas très-pur; mais ses vins sont exquis,

%à table est toas les jours ouverte aux beaux esprits; parasites lettrés, errant cbez l'opulence, Et véritable impôt sur les gens de finance. Qn l'écoute et jamais ou ne le contredit ; plus il est ennuyeux, plus chacun rapplaudit« Qu'il prononce à son gré sur la pièce nouvelle. Du couple débutant qu'il juge la querelle. Son arrêt, sans appel, est celui d'Apollon ; Quand on donne à dîner, on a toujours raison; Au défaut du savoir, il a cette impudence Que donne aux maltôtiers leur subite opulence. Entendez-le : « Messieurs, je vous l'ai déjà dit, « Ce Voltaire, entre nous, n'était pas sans esprit, CI Je le voyais souvent et le trouvais aimable; « 11 m'a lu son Irène ; elle est fort agréable. « Sa lettre à l'archevêque est un joli morceau. « Je n'en disconviens pas, je fais cas de Rousseau. « Son Emile a du bon ; sa Mérope est fort belle : « Mais pourquoi publier cette horrible Pucelle ? « Je vous le dis encore : à tous nos grands auteurs « Je préfère Piron... 11 respecte les mœurs. «Estimable écrivain I Sa Didon, ses cantiques « Ne peuvent offenser les oreilles pudiques. « Eh ! messieurs, sans les mœurs, les mœurs du bon vieux temps, c Que deviendrait la Bourse? un affreux guet-apens, « Et des spéculateurs la ruine commune : « n faudrait quatre mois pour y faire fortune. « Le sucre elle café se vendraient bien moins cher. « Les rentes sur l'État s'élèveraient au pair : « Déjà pour en avoir voyez comme on se presse; a Alors tout est perdu, car je joue à la baisse. « Les mœurs I messieurs, lesmœurs ! répétons-le cent fois, « Ainsi qu'Helvétius dans son Esprit .. des lois. » Tel est Mondor : j'ai peint ses travers, ses caprices, Mes pinceaux indulgents n'eftleurenl pas ses vices. Je vous vois à ces iraits sourire de pitié; Ahl si vous connaissiez sa bizarre moitié I

0 mes amis ! fuyez, fuyez le mariage :

C'est un état fort triste et peu fait pour le sage.

Que de troubles secrets, que de soins, que d'ennui,

Sombre tyran des cœurs, il entraîne après lui !

A son joug odieux sachez donc vous soustraire;

Laissez faire les sots, ils peupleront la terre.

Mais si tous les démons, contre vous déchaînés.

Vous ont dans leur fureur à l'hymen condamnés,

Méfiez-vous du moins d'une femme savante :

Mieux vaudrait mille fois une femme galante.

Ah I le nouveau phénix, le plus rare trésor,

La femme qui pour vous vaudrait son pesant d'or.

C'est celle dont l'esprit, sans art et sans culture,

Est tel qu'il est sorti des mains de la nature ;

Qui, bornant son savoir à nourrir ses enfants.

Les couve avec orgueil de ses yeux triomphants,

Qui, jamais en public, Philaminte nouvelle,

Ne déclamant les vers qu'un autre a faits pour elle.

Des bravos que prodigue un cercle adulateur

Repousse avec orgueil le flétrissant honneur.

Du financier Mondor telle n'est pas la femme;

A de plus nobles soins elle a livré son âme.

Son cœur cosmopolite et de bonté pétri

Aime tous les humains, excepté son mari.

Loin d'elle les devoirs et le titre de mère ;

Ce sont des préjugés réservés au vulgaire.

Que d'autres à sa place élèvent ses enfants ;

Elle éclaire son siècle... elle fait des romans.

Embrasse d'un coup d'œil toute la politique.

Sonde les profondeurs de la métaphysique,

Analyse notre âme et ses aifections.

Dans leurs détours obscurs poursuit nos passions.

Et prouve, d'après soi, que la mélancolie

Est le type certain d'un sublime génie.

Elle a pris pour devise : à V immortalité;

Sur son voile est écrit : perfectibilité.

Elle résout d'un mot, en plaçant sa fontange,

Ces grandes questions qui terrassent Lagrange ;

On voit sur sa toilette un Eulery un Fascal

Salis et barbouillés de rouge végétal.

Elle trouve en Newton je ne sais quoi d'aimable,

Et l'algèbre a pour elle un charme inexprimable.

Le soir, dans un donjon, d'un regard curieux, -

Au bout d'un astrolabe interrogeant les cieux.

Son œil observateur y poursuit la comète;

Lalande tous les ans lui vole une planète.

A cette femme auteur, sophiste en cotillon*.

Sachez plaire, ou bientôt, chassé de sa maison,

Il vous faudra sans bruit, pressé par la famine.

Porter votre appétit à quelque autre cuisine.

Vantez donc son mérite, et, menteur effronté.

D'éloges imposteurs flattez sa vanité.

« Du cercle d'Apollon c'est la dixième Muse ;

a Elle efface Tencin, La Fayette et La Suse;

c Sévigné n'eut jamais ce talent enchanteur,

a Ce style dont la force enlève le lecteur.

a On dirait que Vénus, dès qu'elle veut écrire,

« Aime à guider sa plume, et que Pallas l'inspire.

« Tout cède à son génie, et son roman nouveau

« De Genlis pâlissante éteindra le flambeau. »

Courage, mon ami ! courage I le scrupule.

Quand on n'a pas dîné, devient un ridicule.

Célébrez ses appas et môme ses vertus ;

Vantez tous ses romans que vous n'avez pas lus.

Et les vers qu'elle emprunte et les vers qu'elle achète.

Qui mentira, morbleu ! si ce n'est un poète,

Un poète affamé?... Mais déjà dans son cœur

Le poison par degré s'insinue en vainqueur.

Elle croit prendre place au temple de Mémoire,

Et dans un songe heureux tend les bras à la Gloire.

A sa table aussitôt vous sere» invité : Peut-on payer trop cher son immortalîtét N'acceptez pas d'abord, par une adroite an^rce. Résistez mollement, afin que Ton yods force : Un ancien fournisseur vou» attend chez Méot, Mais qui dit fournisseur a presque dit un sot. Vous n'aimez pas ces gens dont l'esprit est yulgaice» Ils ont l'art d'ennuyer; dînez chez l'Art de plaire. Enfin, mon cher auteur, votre couvert est mis. On se range, oh se place, et je vous vois a&sÎB. Respirons un moment et reprenons haleine. Nous sommes arrivés, mais ce n'est pas sans peine. De l'étroite mansarde où vous loge Apollon, A cette illustre table, à ce brillant ssdon, Mesurez le trajet, et du ciel, en silence. Bénissez, mon ami, la douce providence.

Oublier un bienfait, c'est un crime odieux 1 Qu'un poète qui dine en rende grâce aux dieux* Payez d'un souvenir cet artisan utile.

Cet honnête tailleur, à vos vœux si docile : Sans lui, sans cet habit dont il vous fit présent, Vous dîneriez chez vous... et savez-vous commenL .Mais un ventre aifamé n'aura jamais d'oreilles; Le vôtre, déjà prêt à faire des merveilles^ S'afflige du retard, et demande tout bas Pourquoi, le couvert mis, le dîner ne irient pa&. On a servi... Des mets le pompeux étalage Provoque sa fureur et l'excite au carnage. A cet empressement, à cette noble ardeur,. Qui ne reconnaîtrait l'appétit d'un auteur ? Eh bien donc ! j'y consens; il faut le satisfaire. Pourtant il est encore un avis nécessaire. Devez-vous manger peu?mangerez-vous beaucai:^^?' Boirez-vous sobrement? boirez-vous coup sur coupl Recevez sur ce point d'une haute importance Les utiles leçons de mon expérience.

Vous dînez aujourd'hui ; mais est-il bien certain

Que la Fortune encor vous sourira demain? On ne le sait que trop, la déesse est volage : Mangez donc pour deux jours, c'est un parti fort sage* Je sais bien que Salerne en décide autrement; Son écoïe vous dît : Mangez peu, mais souvent. Ce précepte est fort bon : sans vouloir le combattre, Vous mangez rarement, mangez donc comme quatre. N'ôtes-vous pas auteur? Cette profession Vous a mis à l'abri d'une indigestion.

C'est un bienfait du ciel ; sa bonté secourable Daigne nous garantir des dangers de la table. Par lui tout ici-bas est si bien ordonné. Qu'auteur jamais n'est mort pour avoir trop dîné. ' N'allez pas cependant vou? gonfler de potage; Sur un bœuf insipide a'ssouvir votre rage. Aux yeux des vrais gourmands vous passeriez bientôt Pour un de ces bourgeois qui toujours de leur pot Offrent à leurs amis la fortune mesquine, £t dont la ménagère, en sa triste routine. Ne sait rien qu'apprêter la soupe et le bouilli| Et n'ose se permettre un très-maigre rôti Qu'à ces jours solennels qu'on nomme jours de fêtes Un enfant d'Apollon a des goûts plus honnêtes : Gardez-vous d'imiter cet auteur campagnard Chez un nouveau Crésus invité par hasard, Qui, parmi ces trésors qu'un art divin apprête. Ne trouvait rien da bon et détournait la tête. Que dis-je ! environné de mets délicieux, Qui flattaient l'odorat, qui séduisaient les yeux, 11 regrettait tout haut sa rustique cuisine. Son vin du cabaret et sa chère mesquine. Et, du malin convive, excitant le brocard, Demandit qu'on lui fît une omelette au lard. Choisissez vos morceaux. D'un appétit vulgaire Modérez la fureur pour mieux la satisfaire. Allons, prépareZ'Vous. J'aperçois les laquais Chargés de mets nouveaux, succombant sous le &!x.

476 L'AttT DE DINER EN VILLE.

Mais que vois-je, bon Dieul vous diriez que la teri^

Des plaisirs de Mondor esclave tributaire,

Pour réveiller les sens de ce nouveau Broussin,

A doublé les trésors qui naissent dans son sein.

Quelle profusion I mais ses goûts exotiques

Dédaignent ce qui plaît à nos palais rustiques :

Pour se le procurer il faut trop peu de soin ;

Rien ne lui semble bon que ce qui vient de loin ;

Et sa table, admirant sa parure étrangère,

Se couvre des présents d'un nouvel bémispbère.

En vain la politique, habile en ses ressorts.

D'une chaîne d'airain veut enceindre nos ports ;

L'intérêt se les ouvre, et, traversant les ondes.

Rapporte chez Mondor les produits des deux mondes.

Ah ! que fais-je, insensé l par univers importun

J'irrite l'appétit de quelque auteur à jeun.

Olympis, au teint blême, à la gueule affamée.

Du haut d'un galetas hume cette fumée.

Dont l'agréable odeur, parfumant le quartier.

Monte et va le trouver au fond de son ^^renier.

De ces mets inconnus la saveur nourrissante

Semble avoir ranimé sa verve languissante.

Il invoque sa Muse ; il prend un BicJtekt :

Ses traits sont altérés ; son délire est complet.

Sur une chaise usée il trépigne, il s'agite ;

On dirait qu'Apollon et le presse et l'irrite :

Telle sur son trépied, pleine d'un saint transport,

Une vieille sibylle interroge le sort.

II compose... Messieurs, craignons de le distraire.

Mais plaignons ses lecteurs et surtout son libraire.

Quel bruit vient me frapper ? entendez-vous sa voix

Exhaler tristement ces plaintes sur les toits ?

« Quoi cet obscur Mondor, Turcaret méprisable,

a Savourant sous mes yeux les douceurs de sa table»

« Tranquille, jouissant de son heureux destin,

« Sans cesse irritera mes désirs et ma faim !

« Et moi, fils d'Apollon, moi qui, sur le Parnasse,

CHANT II. km

« Suis l'égal de Delille et marche auprès d'Horace ; « Moi, dont la verve heureuse, et qui ne peut tarir, « Embellit le papier qu'elle fait renchérir; « Pour prix de tant de vers, pour tant de renommée, « Je vivrai tristement de gloire et de fumée 1 « J'irai dans l'antre obscur d'un sale- gargotier « Prendre un maigre dîner, qu'encore il faut payer « Dois-je donc le souffrir? Non... Par cet Athénée « Où; douze fois par an, ma tête couronnée « Au-dessus du public s'élève avec orgueil ; « Par l'Institut enfin qui me tend un fauteuil, « Je jure que, bravant la fortune contraire, c Je cesse dès ce jour un jeûne trop austère. « Qu'à sa table Mondor se prépare à me voir; « Sans crainte, à ses côtés, je vais, je vais m'asseoir; « Et, dévorant ces mets dont l'odeur m'importune, « J'aiderai ce traitant à manger sa fortune. » Il dit, et, revêtu d'un habit tout poudreux, Que les vers acharnés se disputent entre eux, Aussi prompt que l'éclair, il traverse la rue; La porte de Mondor déjà s'offre à sa vue. Cependant l'appétit lui servant d'Apollon, n a, chemin faisant, de son amphitryon, Dans un sonnet pompeux improvisé l'éloge. 11 frappe... Le portier, qui ronfle dans sa loge, Se réveille en sursaut et lire le cordon. Le poète s'élance... — Arrêtez l votre nom? — Olympis ;... un avis d'une importance extrême Exige qu'à Mondor je parle à l'instant même. 11 y va de ses jours. — Montez; c'est au premier; L'on vous introduira. Le vigilant portier A ces mots se rendort; mais sa femme indiscrète Par un coup de sifflet annonce le poète. Malheureux Olympis l tu pâlis de frayeur. Ce fatal instrument a déchiré ton cœur ; 0 triste souvenir l Tu crois que le parterre, Qui toujours à tes vœux s'est montré si contraire,

498 L'art de omKJQi e^n ville.

Au seada ces>sifâet& te pomsuit éo ces lieux L Mais un nuage obscmr déjà couvre ses yeux l 11 chancelle ; bientôt ses membres s'engourdissent. Sa force Tabandonne et ses genoux fléchissent; Au pied de l'esealier, sans chaleur et sans voix, 11 tombe... E tombe, hélas I: pour la dernière fois. Plaignons scsi sort ; mais vous que le ciel secoQr«bl9 Veut bien initier aux douceurs de la table, Prolongez par vos salas un plaisir incertain; Je vous le dis encor; songez> au lendemain. De tous les animaux que l'appétit irrite, Les auteurs,, on le sait, digèrent le plus Tite. Quoi ! dans leur estomac le ciel %-t-il donc mis Cette active chaleur qui manque à leurs éciits^ Ou à^mk pylore ékoit l'indttlge&te nature A-t<-elk: pour eux seuls élargi l'éuTerture 7 Je rignore. BulBon, qni n'était pas «i sot, Dans ses savants édita n'en a pas dit un mol.. Qui pourraiLà^noB yeux dévdief ce mystère? Lacépède kâ seul.», mais il a mieux à faire. Gardons-nous de traiter un si grave sujet, Nous connaissons !& mal; piéfinons^en. i'effetr

GJUiKT TROT S (È ME

Ingénieux enûnts dés hosd& de la âaronne,. Venez, que.sox vos fsontsile tsesse uQeeoui»a Votre glûice, il e^ usai» remj^Uasant k'iiiiiTas% N'attend pas, poux briller^ le sesoursièe: mes ¥ Dès longfemjB vous, savez, sur la seÀœ ^■^nmîy^^ Faire rire aux édatslapIuam^neniiÉiufi^ Vos mensonges. fameux, vos combats^vos bons Et surtout vos bona toun, iaïf^ nûaaur les sais. Remplissent YÎJDg^cècueik^ oaw^s léciséafoi De la gaieiâ gaamnnft ûmnactellaaascbiveesi»

CHANT m. 479

Fn quoi pourraient mes vers accroître untel renom? Cbei» aratft) je le sais; mais de votre beau nom Puis-}« ne* pas orner les pages d'un poème Oil, pour noff écrivains, moderne Triplolôme, J'enseigne le grand art de dîner cfrez autrui ? Jamais Gaseon ne prit un verre d'èau cliez IuL Faffaaiitta qae Bom& etla G'rèce* ont vus naltlre^ Tombez à s^ geoerax, connaisse? votre maître ; Et toi, poète àf j'eu», dbnt le ventre affamé Attend pcMwlàfeiï dftier cepoên^e imprimé, Pour te mettre bientôt au nombre des adeptes,^ Son exemple vaudra mieux que tous mes préceptes. A de noblles festin? veux-tu te maintenir ; Le premier des talents est celui de mentir. D'un rustre, d^nn faquin encense les sottises;. Gomme des traits d'esprit vante ses balourdises; A ses fades bons raot^, à ses grossiers lazzis. Accorde, peur hti plaire, un aimable souriff. Dès qu'il ouvre la boachev applaucKs-Ie d^avanee, Et| s'il ne parle pasy admire son silence. De ce manège aén^ le succès est certain; Mondor, se reogurgeanf , f invite pxnir demain. Mais si des préjugés la voL\ se fiirt entend^rei Au rôle de fliBfteisr si tu crains de* dSesceadire^ Retourne, philosopli», e» î&n aalte grenier; Avec les rat» voisiosi. piarfage un mets grossier Et, pour le jnsti» pris de tea mihle courage, Mange avec digniïéf ton p«fti et toa fronrage^. Tu reviens ; je pocnrems me» utiles Iteçpns. Tous ces vains préfagés sont cte vieilles cftansons. D'un cbimériqow boonevr ne ftds pomt étaTagie ; L'bonneur, tyra» dessofs, est le jouet du sa^» A quoi bon» ceoserver une sotte pudeur? L'usage a décidé; tenii poète est meat^ur„ . Horace le pcemur... S8i»-tcr poorqixof, dkios IloaiBy Alécène ohliffl jodi» uit brevet de gran^. bomme» Et placé prè» df ^trgirsfe, atr tâèdlt des beaux vers.

Partageait avec lui Tencens de Funivers;

Pourquoi les beaux esprits, lui consacrant leurs veilles,

D'un rhythme adulateur chatouillaient ses oreilles,

Célébraient ses talents, vantaient tous ses aïeux.

Et le faisaient monter au rang des demi-dieux?

Sais-tu pourquoi son nom, éloge magnifique,

Aux protecteurs des arts môme aujourd'hui s'applique?

C'est que Mécène avait un fort bon cuisinier,

Un cuisinier artiste, expert en son métier.

Des mets les plus friands sa table était fourme;

Horace bien repu s'écriait :-Quel génie !

Ce que chez lui surtout il trouvait de divin.

Crois-moi, ce n'était pas ses aïeux, mais son vin. -

Sans cet heureux nectar qu'à grands flots il fit boire.

Mécène aurait perdu tous ses droits à la gloire ;

Des poètes à jeun les Muses aux abois,

Alors pour le chanter n'auraient plus eu de voix ;

Plus de vers, plus d'encens; à des tables nouvelles

Horace eût récité ses odes immortelles.

Au-dessus de Mécène élève ce traitant

Dont le rare mérite est en argent comptant.

Tu peux même au besoin le proclamer Auguste,

Et la comparaison lui paraîtra fort juste I

Que ton esprit fertile en prose comme en vers

Célèbre ses vertus et ses talents divers.

Que de son nom gravé les lettres majuscules

D'un brillant frontispice ornent tes opuscules.

Et qu*un pompeux éloge offre à sa vanité

L'avant-goût savoureux de l'immortalité.

Peut-être voudra-t-il enlever cette crasse

Qui d'une croûte épaisse enveloppe sa race.

Caresse cette idée, et, d'Hozier à la main, ,

Dénature à l'instant quelque vieux parchemin»

A ses yeux éblouis exhume avec adresse,

Écrits en vieux gaulois, ses titres de noblesse,

Et, nourrissant l'orgueil d'un rustre ambitieux,

Pour prix de ses dîners donne-lui des aïeux..«

Ils tenaient autrefois un rang considérable,

L'un d'eux par Pharamond fut nommé connétable;

A la chambre des pairs ils étaient tous assis

Auprès des Mortemars et des Montmorencîs.

Dans mille endroits divers, nos plus vieilles chroniques

Racontent leurs exploits en termes magnifiques;

Mais,, sous Philippe-Auguste, une intrigue de cour

Les forçant de quitter ce perfide séjour.

Ces nobles exilés, amis de la nature.

Allèrent de leurs champs contempler la verdure.

Et, depuis, renonçant à de tristes honneurs,

Nouveaux Cincinnatus, dégoûtés des grandeurs.

Ils ont laissé dormir leur gloire héréditaire,

Et par philosophie, ont labouré la terre.

Le sot! il croira tout; mais, pour mieux réussir,

11 est d'heureux instants qu'il faut savoir choisir.

Ne va point dès l'abord, en entrant sur la scène.

Crier à ce nigaud : Vous êtes un Mécène.

Attends que, des buveurs menaçant la raison.

Le pétulant Aï bouillonne en sa prison.

Et, prompt à terminer ses folâtres conquêtes ,

Fasse, avec son bouchon, sauter toutes les tètes.

Alors tu peux tout dire ; alors tout est souffert :

Tel doute à l'entremets, qui croit tout au dessert.

Il est enfin venu le moment favorable

De payer ton écot par un couplet aimable ;

Que notre financière en soit l'unique objet :

Où pourrais-tu trouver un plus digne sujet?

Dirai<je par quel art tes vers sauront lui plaire ?

Ton intérêt l'exige; il faut le satisfaire.

De Boileau suranné dédaigne les avis ;

Des préceptes nouveaux de nos jours sont suivis.

Ne dis rien comme un autre... Offres-tu cette rose

Qui toujours, pour la rime, est fraîchement éclose,

Dans un couplet galant étale ce jargon

Qui charme, qui ravit nos femmes du bon ton :

« Madame, diras-tu, je vous rends à vous-même, »

Ce qui ne s'entend pas, voilà ce que Ton ain^e.

Un style entortillé cause certain plaisir

Qu'on ne dt^finit pas, qu'on ne peut que seatir»

Ah I que le naturel est une horrible chose f

Je le hais à l'excès. Je veux que sur la rose

Ton esprit bien tendu fasse cent calemboLurs

Qu'on n'entendra jamais,, qu'on redira fouiaurs ;

Qu'enfin ton nom fameux, jusqu'iau rivage SGmIiE8|^

D'un célèbre marquis aille importuner Tombre^

0 de Bièvre I G mon maître I incomparable auteur 1

Pourquoi sur ton dc^cRn fis-tu le Séducteur?

Ainsi donc, que ta plume, à l'énigme exercée.

Ne nous laisse jamais deviner ta pensée^

Que tes petits couplets, à force d'être obscurs»

Deviennent le tourment des CEdipes futurs.

S'exprimer clairement, sans recherche pénible^

D'un esprit contrefait est le signe înfaillîbîe*

Que ne puis-je en ces vers, pour hâter tes progrèati

Du style précieux ^expliquer les secirets I

Mais il est dans ce genre un grand modèle à sul^rej;

C'est Demoustier : amî| médite bien son ^vre»

Lui seul peut remplacer ces auteurs trop Yuitét^

Ces Grecs et ces Latins k. tout j^ropos dtés^,

Qui, dans leurs froids écrits quU dictés la. not^uw,,

Ne nous mettent jamais Tesprii & lo. torture^

Et n'ont reçu éxL ciel, avare en ses pri^ents»

Qu'un sublime génie et beaucoup & boam»..

Que Demoustier soit donc ta lecture ociiiiiiiiKti

C*est avoir profité que d^ savoir s'jn plmta».

Sentaient cependant commençjutifaSd&s.

Parfois au naturel il semblait revenir»

Il n'est plus, et la mort à propos vînt le preiub^t.

Car ses lecteurs surpris commen^^ûent à renteo^se».

Mais si^ comme ton cœur, ton Q^j^ît sÎDapIa et s(lr

N'ose encore aspirer & l'honneur âTéÏJte obscuri

Dégoûté dé& réhus que foui Ptirîs admire,^

Si pour être compris tu crois qu'il fa3te écrire,

Il est des lieux communs, el cependant fort beaux.

Qui depuis deux mille ans semblent toujours nouveaux :

Le Trésor diS Boudoirs et VAlmanach des Grâces,

Vingt autres attnan.ichs qui marchent sur leurs traces,

A ta Muse novice olVreut des vers heureux

Dont tu peux enrichir tes couplets amoureux.

Dans ces recueils où l'art embellit toute chose,

Chaque objet s'applaudit de sa métamorphose.

Le plus hideux visage et le plus rebutant

S'y transforme soudain en un a&tre éclataûL

Un poCte, oubliant qu'elle est borgne et boiteuse^

Sous le nom de Philis chante sa ravaudeuse;^

Ses yeux vifs et perçants lancent des traits vainqueurs

Qui commandent Tamour et captivent les cœurs.

Séduisante sans art et belle sans parure,

Elle a de Vénus môme emprunté la ceinture.

Aux chaleurs de Tété, sous un soTeil brûlaat,

Va-t-elle pour cinq sous, dans un bain dégoûtant.

Laver un corps crasseux et des appas immondes,

C'est encore Vénus sortant du Sicin des ondes.

Mais, quoi I de nies leçons je te voi& révolté l

Diviniser des sots outrage ta fierté I

Je n'ajoute qu'un mot^ mais ce mot en vaut rnlHe:

Flatter est le seul art d'aller dîner ea villa*

Eh I n'avons-nous pas. vu dfis poêles j^enseuis^

De ma triste patrie ardents réformateursj^

De ces grands qu'ils trouvaîeni si vains, si méj^^taaEiteSf

Philosophes gourmands,, en^rfroaner Les tables?

Aux abus du pouvoir ils voulaient mettre ua frein j^

La d^îté de Thomme était leur seul re&aîn«

Cependant, à l'aiTût des meilleures cuîaiiLes,

Ils savaient adoucir leurs firoucbes dactrinas»

Et, pour de bons dîners Tendant TauK Apotloo^

Ils dénigraient les rois^, mais- ils cbaatakni BeauxjBO»^

Marche doncsur leurs pas... Dans ce métier facile,^

Le plus sot est souvent un homme fort halsUe;

La plus fade Inuivitge est fotT|buss de sftfaook

484 L'art de DINER EN VILLE.

Déjà je vois en toi Fami de la maison.

Mais rendons ta victoire encor plus assurée :

Les maîtres sont à nous ; conquérons la livrée.

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