DIVERSES ESPÈCES DE SOIF
envisageant ce besoin dans toute son étendue, on compter trois espèces de soif : la soif latente, la ictice et la soif adurante.
soif latente ou habituelle est cet équilibre insenqui s'établit entre la vaporisation transpiratoire nécessité d'y fournir; c'est elle qui, sans que éprouvions quelque douleur, nous invite à boire int le repas,et faitque nous pouvons boire presque
les moments de la journée. Cette soif nous accomj partout et fait en quelque façon partie de notre nce.
soif factice, qui est spéciale à l'espèce humaine, înt de cet instinct inné qui nous porte à chercher les boissons une force que la nature n'y a pas mise,
n'y survient que par la fermentation. Elle constile jouissance artificielle plutôt qu'un besoin natu-
iGtai MËDiicàTicm vui.
Tel : û6tte soif . est yérUahlement inextingviible^ parce ^ qualesr boissons qu7on. prend pour Tapaiser ont TeSèt i immanquable de la. faire renaître; celte soif,, qui i finit par devenir habituelle, . constitue les ivrognes de tous les pay^;, et il. arrive presque toujours que lUmpotation na cesse que quand la liqueur manque, oa. qu'elle a.- yaincu. le buveur, et l'a mis hors de combat.
Quand au contraire on n'apaise la soif que par l'eau pure, qui paraît en être Tantidote naturel,, on ne boit Jamais une gorgée au delà, du besoin.
La^soif adurante est celle qui survient par l'augmentation du. besoin et par l'impossibilité de satisfaire la scdf latente.
On l'appelle ac?uran/e, parce qu'elle est accompagnée de l'ardeur de la langue, de la sécheresse du palais, et d'une chaleur dévorante dans tout le corps.
Le sentiment de la soif est tellement vif, que le mot est, presque dans toutes les langues, le synonyme d'une appétence excessive et d'un;désir impérieux; ainsi on a soif d'or, de richesses, de pouvoir, de vengeance, etc., expressions qui n'eussent pas passé, s'il ne suffisait pas d'avoir eu soif une fois dans sa vie pour en sentir la justesse.
L'appétit est accompagné d'une sensation agréable, tant qu'il ne va pas jusqu'à la faim; la soif n'a point de crépuscule, et dès qu'elle se fait sentir il y a malaise, anxiété, et cette anxiété est affreuse quaid on n'a pas l'espoir de se désaltérer.
Bar. une juste compensation» l'action de boire peut, suivant les circonstancesi^ous procurer des jouissances e&trémement vives; et quand on apaise une soif à haut degré, ou. qa'à;une soif modérée on oppose une boisson délicieuse tout lappareil paoiUaire. est en. titillation»
DE Uk SOUK. m
depuis la pointe de 'là i lloigaa jusque )dans le& profontdeursde restomac.
On meurt aussi beaucoupplùs Tite desoif quedefaim^ Où'ades «fsemplds d^hommes.qui, aypint de l'eau, se sont soutenus pendanifplùs-dehuitjoursi sans manger, tandis que œoK qui sont. absolument. privés de boissons na {n£9^it:jam«is-le oinquième jour«^
La raison de cette différence se tire de ce que celui-d meurt seulement d'épuisementetdefaiblesse, tandisque le premier est saisi d^une ûbYt^ qui le brûle et va tou^ jours en s'exaspérant^
On ne résiste pas toujours si longtemp à la soif; et, en 4787, on vit moiuir un des cent-suisses de la garde de Louis XYI pour être resté seulement vingl-quatre Ëeures sans boire.
n était au cabaret avec quelques-uns de ses tamaradès : là, comme il présentait son verre, un d*entre eux lui reprocha de boire plus souvent que lès autres et de ne pouvoir s'en passer un moment.
C'est sur ce propos qu'il gagea dé demeurer vingt-^ quatre heures sans boire, pari qui fut accepté, et qui était de dix bouteilles de vin à consommer.
Dès ce moment le soldat cessa de boire, quoiqu'il restât encore plus de deux heures à voir faire les autres avant que de se retirer.
La nuit se passa bien, comme on peut croire; mais dès la pointe du jour il trouva très-dur de ne pouvoir prendre son petit verre d'eau-de-vie, ainsi qu'il n'y manquait jamais.
Toute la matinée il fût inquiet et troublé; il allait, venait, se levait, s'asseyait sans raison, et avait l'air dé ne savoir que faire.
A une heure il se coucha, croyant être plus tjran-
<IQille : il souffrait, il était vraiment. malade; mais vai-
nement ceux qui l'entouraient l'invitaient-ils à boire, il prétendait qu'il irait bien jusqu'au soir; il voulait gagner la gageure, à quoi se mêlait sans doute un peu d'orgueil militaire qui l'empêchait de céder à la douleur.
Il se soutint ainsi jusqu'à sept heures; mais à sept heures et demie il se trouva mal, tourna à la mort, et expira sans pouvoir goûter à un verre de vin qu'on lui présentait.
Je fus instruit de tous ces détails dès le soir même par le sieur Schneider, honorable fifre de la compagnie des cent-suisses, chez lequel je logeais à Versailles.