‹ Ben-HurChapitre 52 sur 172 · EXEMPLE · texte numérisé non relu

EXEMPLE

51 . — L'exposition à un courant d'air très-rapide est uTie cause très-active de l'augmentation de la soif, et je pense que l'observation suivante sera lue avec plaisir, surtout par les chasseurs.

On sait que les cailles se plaisent beaucoup dans les hautes montagnes, où la réussite de leur ponte est plus assurée, parce que la récolte s'y fait beaucoup plus tard.

Lqfsqu'on moissonne le seigle, elles passent dans les orges et les avoines; et quand on vient à faucher ces dernières, elles se retirent dans les parties où la maturité est moins avancée.

C'est alors le moment de les chasser, parce qu'on

1er une noix confite, dans l'intervalle de temps qu'il laissait à ses auditeurs, <ntre chaque point de Sun discours, pour tousser, cracher et moucher.

180 MÉDITATION YIII.

trouve dans un petit 'nombre ft'arpents- de tierie les eailles qui, un mois aupanayant, étaient disséminéB dans toute une commune, etvque, la saison ëtani^sor sa^iin,' elles'sont grosses^«t gpassesià ^sattsSactîon.

C'est dans ce but xpse je me trouTais un jour airec quelques amis SUT une montagnerde Parrondsssement de Nan tua, dans le cantonrconnu sdusi le nom nde jPlm d'Hotonne, et nous étions sur > le point jde connnenjcer h chasse, paru» des plus beaux jours dui mois de^septembreet sous T influence* df un soleil iïrillant inconnu; aux cockneys ^.

Mais, pendant que nous déjeumoiis, ils'éleTaïun.Teni du nord extrêmement TÎoient etibien contraire; à nos {Plaisirs; ce qui ne nous empêcha (pas de' nous > mettre en campagne.

A peine avions-nous chassé un quart d'heure, que le plus douillet de la troupe commença à dire qu'il avait soif; sur quoi on l'aurait sans doute plaisanté, si chacun de nous n'avait pas aussi éprouvé le même besoin.

Nous bûmes tous, car Tâne cantinier nous suivait; mais le soulagement ne fat pas long. La soif ne tarda pas à reparaître avec une telle intensité^, que quelquesuns se croyaient malades, d'autres prêts à le devenir, et on parlait de s'en retourner, ce qui nous aurait faitun voyage de dix lieues en pure perte.

J'avais eu le temps de recueillir mes idées, et j'avais découvert la raison de cette soif extraordinaire. Je rassemblai donc les camarades, et je leur dis que*nous étions sous l'iilfluence de quatre causes qui se réunissaient pour nous altérer : la diminution notable de' la colonne qui pesait sur notre corps, qui devait rendre

1. C'est le nom par lequel on désigne ie^ habitants de Loiidres qui tL*mfsoùt pas sortis ; il équivaut à celai de badauds.

h 'clredfelion iplus Tapide ; l'action Hu «dleil oqiii nous, échauffait directement; la marche qui activait la 'respiration, et, plus que tout cela, Faction du vent, qui, ^ous perçant à jour, enlevait le produit de cette transpiration, soutirait le fluide, et empêchait toute moiteur de la peau.

/ajoutai quç, sur le tout, il n'y avait aucun danger; que l'ennemi étant connu, il fallait le combattre : et il demeura arrêté qu'on boirait à chaque demi-heure.

La précaution ne fut cependant qu'insuffisante, cette soif était invincible : ni le vin, ni Teau-de-vie, ni le vin mêlé d'eau, ni l'eau mêlée d'eau-de-vie, n'y purent rien. Nous avions soif .même en buvant, et nous fûmes mal à notre aise toute la journée.

Cette journée finit cependant comme une autre : le propriétaire du domaine de Latour nous donna Thospi* talité, en joignant nos provisions aux siennes.

Nous dînâmes à merveille, et bientôt nous allâmes nous enterrer dans le foin pour y jouir d'un sommeil délicieux.

Le lendemain ma théorie reçut la sanction de l'expérience. Le vent tonïba tout à fait pendant la nuit; et quoique 'le s()leil fût aussi beau et même plus chaud que la veille, nous chassâmes encore une partie de la journée sans éprouver une soif incommode.

Mais le plus grand mal était fait : nos cantines, quoique remplies avec une sage prévoyance, n'avaient pu résister aux charges réitérées que nous avions faites sur elles; ce' n'était plus que des corps sans âme, et nous tombâmes dans les futailles des cabaretiers.

n fallut bien s'y résoudre, mais ce ne fut pas sans murmurer; et j'adressai au vent dessicoateur une allocution pleine d'invectives, quand je vis qu'un mets dicne de la table des rois, un plat d'épinardsi la graisse

de cailles, allait être arrosé d'un vin à peine aussi que celui de Surêne^.

52. — On doit entendre par boisson tout liquide peut se mêler à nos aliments.

L'eau paraît être la boisson la plus naturelle, se trouve partout où il y a des animaux, rempla lait pour les adultes, et nous est aussi nécessaire l'air.

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