‹ Ben-HurChapitre 78 sur 172 · DES HALTES DE CHASSE · texte numérisé non relu

DES HALTES DE CHASSE

— De toutes les circonstances de la vie où le :er est compté pour quelque chose, une des plus bles est sans doute la halte de chasse; et de tous (r'actes connus, c'est encore la halte de chasse qui e plus se prolonger sans ennui.

es quelques heures d'exercice, le chasseur le plus peux sent qu'il a besoin de repos; son visage a ressé par la brise du matin ; l'adresse ne lui a pas ué dans l'occasion ; le soleil est près d'atteindre s haut de son cours; le chasseur va donc s'arrêelques heures^ non par excès de fatigue, mais par mpulsion d'instinct qui nous avertit que notre ;é ne peut pas être indéfinie, ombrage l'attire; le gazon le reçoit, et le murde la source voisine l'invite à y déposer le flacon é à le désaltérer ^.

si placé, il sort avec un plaisir tranquille les peins à croûte dorée, dévoile le poulet froid qu'une amie a placé dans son sac, et pose tout auprès le de gruyère ou de roquefort destiné à figurer tout ssert.

dant qu'il se prépare ainsi, le chasseur n'est pas il est accompagné de l'animal fidèle que le Ciel a

ivite les camarades à préférer le yla blanc ; il résiste mieux au mouye- ^ la chaleur, et désaltère plus agréablement.

i88 MÉDITATION XV.

créé pour lui : le chien accroupi regarde son maît*'^ avec amour; la coopération a comblé les distances : ^^ sont deux amis, et le serviteur est à la fois heureux ^^ fier d'être le convive de son maître.

Ils ont un appétit également inconnu aux mondain^ et aux dévots : aux premiers, parce qu'ils ne laissent point à la faim le temps d'arriver; aux autres, parc^ qu'ils ne se livrent jamais aux exercices quilefoot naître.

Le repas a été consommé avec délices; chacun a eu sa part; tout; s'est passé dans l'ordre et la paix. Pourquoi ne donnerait-on pas quelques instants au sommeil ? l'heure de midi est aussi une heure de repospour toute la création.

Ces plaisirs sont décuplés si plusieurs amis les par^ tagent; car alors, en ce cas, un repas plus copieux a été apporté dans ces cantines militaires, maintenant employées à de plus doux usages. On cause avec enjouément des prouesses de l'un, des solécismes de l'autre, et des espérances de l'après-midi.

Que sera-ce donc si des serviteurs attentifs arrivent chargés de ces vases consacrés à Bacchus, où un froii artiliciel fait glacer à la fois le madère, le suc de la fraise et de l'ananas : liqueurs délicieuses, préparationsdivines, qui font couler dans les veines une fraîcheur ravissante, et portent dans tous les sens un bien-être inconnu aux profanes^?

Mais ce n'est point encore le dernier terme de cetteprogression d'enchantements.

1. C'est moD ami AlexaDdre Delessert qui, le premier, a mis en usage cette pratique pleine de charmes.

Nous chassions à Villeneuve par un soleil ardent, le thermomètre de Réaum'"' marquant 26* à l'ombre.

Ainsi placés sous la zone torride, il avait eu l'attention de faire trouTcr «oui

DES HALTES DE CHASSE. iSO

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