‹ Benjamin Constant sous l'oeil du guetChapitre 57 sur 63 · L. de LomÉnie, Galerie des Contemporains illustres. — Paris · texte numérisé non relu

L. de LomÉnie, Galerie des Contemporains illustres. — Paris

René, 1840-1847, 10 vol. in-18.

H. Castille, Benjamin Constant; 1859, in-32. Bertauld, Deux Individualistes . — Caen, 1862, in-8°. J.-J. Coulmann, Réminiscences (1) . — Paris, Michel Lévy; 1862- 1869; 3 vol. in-8°. (Souvenirs anecdotiques très curieux; ouvrage devenu fort rare.)

J. Coulinann, libéral alsacien dont le non» est revenu souvent dans les pièces ci-dessus mentionnées, ancien maître des requêtes au Conseil d'État, ancien député, etc., fut le meilleur courtier électoral de Benjamin Constant, à Strasbourg, et son ami dévoué. Il parla à ses funérailles (2). — Sur l'intérêt et la valeur de son ouvrage, cf. Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, IX (cinq articles) : il est indispensable à consulter sur Constant (3). MM. Ed. Herriot et Henry Houssaye l'ont utilisé pour leurs beaux travaux. A. Regnault, Notice. — Poligny, 1864, in-8°. De Cormenin (4), Le Livre des Orateurs, ou Études sur les orateurs parlementaires. — Paris, 1838, 2 vol. in-32; 18e édit., 1869, 2 vol. in-8°, avec portraits (voy. les orateurs de la Restauration : Manuel, Foy, Royer-Collard, Berryer, Constant). Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, édit. Biré, passim (Paris, Garnier, 6 vol. in-8°. Cf., t. IV, pp. 470-471, la lettre de Constant à Mme Récamier en faveur de Roger). Sainte-Beuve, B. Constant et Mme de Charrière, dans les Derniers Portraits littéraires; dans les Causeries du Lundi, t. XI, p. 432, et dans les Nouveaux Lundis, t. I, p. 410; t. II, p. 291; t. XII, p. 255; 1844 (voir dans la Table de Sainte- Beuve, récemment dressée par M. Michaut, toutes les références sur B. Constant).

(1) Du même : Notice sur Benjamin Constant, 1831.

(2) Voir la notice de Madrolle sur Benjamin Constant daus la Biographie Michaud.

(3) On le trouve à la Bibliothèque nationale, sous la cote Ln274!)90.

(4) Cet ouvrage parut sous la rubrique de Timo.n, pseudonyme de Cormenin (Paris, 1836, {jr. iu-8°), orné de 17 portraits lithographies de Cuizot, Thiers, Berryer, Fitz-James, Casimir-Perier, Boyer-Collard, etc.

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Du même Sainte-Beuve, un long et substantiel article à consulter sur Fauriel, daté de mai-juin 1845, écrit, par conséquent, presque au lendemain de la mort de ce savant, dans les Portraits contemporains, t. II, pp. 482-592. — Plusieurs pages, très neuves, résument bien ses relations avec Foucbé, avec Mine de Staël, Benjamin Constant et Cabanis (1).

jNoia. — Dans une lettre, jusqu'ici inédite, de Sainte-Beuve à Mme Du Gravier ^2), publiée dernièrement (3) par l'érudit biographe du critique des Lunchs, M. G. Michaut, on lit cette déclaration d'autonomie de Sainte-Beuve, qui avoue implicitement, et spontanément, avoir été dur pour Benjamin Constant et avoir t'ait, de ce chef, fâcheux effet dans le cercle de l'Abbaye-au-Bois :

« Quand je consentis, un peu à contre-cœur, à me laisser conduire chez Mme Récamier par M. Ampère, vers 1833, je sentis bien qu on voulait s'assurer de notre plume, qui était déjà taillée depuis longtemps. On nous fit la cour, on la fait toujours aux critiques, si grand poète qu'on soit; mais vous supposez bien que nous avions trop bon goût pour ne pas la rendre un peu. — Dans les dernières années, j'avais repris d'ailleurs tous mes droits à l'indépendance. Mme Bécamier, mécontente de mes jugements sur Benjamin Constant (4), me Ht réfuter par M. de Loménie et par Mme Louise Colet. Quand je quittai ma place de la Mazarine, on la fit vite occuper par M. Ampère. Bien de plus simple; mais je tiens à marquer que je n'étais pas de la maison. Voilà tout. D'ailleurs, je n'ai eu personnellement qu'à me louer de M. de Chateaubriand. . . » — Cette lettre, fort nette, et qui explique bien des choses, est datée du 10 décembre 1850. Ainsi, d'après le critique, la notice de L. de Loménie, citée par nous à plusieurs reprises, aurait été inspirée par Juliette Bécamier en personne : c'était, selon ses vues, une réplique et une défense... Le lecteur appréciera. En tout cas, l'assertion est à retenir.

Ed. Laboulayk, articles dans la Revue nationale (août à décembre 1861, octobre 1866 à janvier 1867).

(1) Cf. aussi Sainïe-Beuvf., Chateaubriand et son groupe littéraire, nassim.

(2) Femme d'un conseiller (dès 1845) à la Cour d'appel d'Orléans.

(3) Dans la Hevue latine, dirigée par M. Km. Faguet; u° du 25 août 1905.

(4) Ces jugements sont, par le fait, assez souvent rancuniers, presque haineux (les chercher dans la Table précitée).

K. CrÉpet, ibid. (avril-mai 1867} (i).

En. Laboulaye, Cours de politique constitutionnelle, ou collection des ouvrages publies sur le gouvernement représentatif par Benjamin Constant ; 2e édit. — Paris, Guillaumin, 1872(2).

Anonyme, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, publiés par sa nièce, Mme Ch. Lenorrnant. — Paris, Michel Lévy, 2 vol. in-8°, 1859; 6e édit., 1887. Cf., notamment, t. I, pp. 273 sqq.

Les dernières années de lord Byron, par l'auteur de Robert Emmet; 1 vol. in-18. — Michel Lévy, 1873. Ce livre, écrit d'une plume délicate, conduit le lecteur sur les bords du lac Léman, à Coppet, dans le salon de Mme de Staël. Correspondance de Benjamin Constant avec Mme de Charrié) c (1787-1 79 5).

Voir, sur cette publication juvénile, l'article de Sainte-Beuve, Revue des Deux-Mondes, 1844, t. II, pp. 193 et suiv.

Constant s'y analyse déjà avec lucidité, en psychologue aigu qui travaille sur soi-même.

En cette même année 1844, le journal la Presse avait commencé l'insertion de Lettres intimes de Benjamin Constant. Cettepublication fut suspendue par arrêt judiciaire. Vingt ans après (1864), lédition des lettres à Mme Récamier, d'abord entreprise par Mlle Louise Colet, mais interdite par décision de justice, fut exécutée par les soins de Mme Charles Lenorrnant, nièce de Mme Récamier (voir ci-après).

Lettres de Benjamin Constant à Madame Bécamier (3) (1807- 1830), publiées par l'auteur des Souvenirs de Mme Récamier, et précédées de la Notice sur Benjamin Constant par L. DE

(1) Lettres qui seront publiées de nouveau par J.-H. Menos (cf. ciaprès, p. 575).

(2) Si.r cette publication, voy Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, t. I, pp. fOX et suiv.

(3) Le catalogue de la maison N. Charavay annonçait, il y a quelques mois : l"r2 lettres autographes (quelques-unes signées) à Madame Récamier; 1807-1830; 300 pages in-4° ouin-X° environ j recueil relié. Quelques lettres ont été tronquées. — Précieuse collection. C'est Porigiual de la correspondance de Benjamin Constant avec Madame Bécamier, qui a été publiée en partie par Mme Lenorrnant.

Nous ignorons en quelles mains se trouve actuellement ce rec leil.

Lomenie, de l'académie française. — Paris, Calmann Lévy,

('■dit., 1882; 1 vol. in-8°.

A. de PONTMARTIN, Benjamin Constant, clans Souvenirs d'un

vieux critique, 3* série. — Paris, Lévy, 1883, in-18. Lettres de Benjamin Constant à sa famille (177 5-1830), précédées dune introduction d'après des documents inédits par

Jean-H. Menos. — Paris, Alb. Savine, 1888, in-18 (1). Lettres nouvelles de Benjamin Constant, dans la Revue (n° du

1er mai 1904 et n° suiv.).

Lady Blennerhasset, Frau von Staèl (Berlin, 1888-1889) ; ouvrage

traduit par Dietrich. — Paris, 1890, 3 vol. in-8°.

Ouvrage très utile à feuilleter; cité souvent par M. Paul Gautier (Mme de Staèl et Napoléon).

Eue. Asse, B. Constant et le Directoire, dans la Bévue de la

Révolution, juillet-octobre 1889.

Souvenirs du baron de Baratte. — Paris, 1890, in-8°. Alb. Sorel, Mme de Staèl (collection des Grands écrivains

français). — Paris, Hachette, 2e édit., 1893, in-16. Ernest Bertis, La société du Consulat et de l'Empire. — Paris,

Hachette, 1890, in-18.

Akt. Guillois, Le salon de Madame Helvétius ; Cabanis et les

idéologues. — Paris, Calmann Lévy, 1894, in-12.

Copieux renseignements sur la société d'Auteuil, sur Sophie de Grouchy, marquise de Condorcet, sur Cabanis, etc. Fauriel est fréquemment cité dans ce livre; Benjamin Constant l'est aux pages 155- 156, 160, 162-163, 168, 173, 182, 203, 232, 255, 267-268. G. de Lauris (docteur en droit), Benjamin Constant et les idées

libérales. — Paris, Pion, 1904, in-12. — Exposé très succinct

(295 pp.), mais assez net.

Em, Faguet, Politiques et moralistes du dix-neuvième siècle,

lre série, pp. 187-255. — Paris, Lecène et Oudin (2), 1891,

in-12, 2e édit.

(1) Cette correspondance originale, « éditée avec trop peu de méthode » (observe justement M. Herriot) par Mlle Élisa Hudry- Menos, se trouve à la Bibliothèque de Genève (quatre cents lettres environ); elle avait été déjà partiellement publiée par E. Crépet eu 186". Mlle Menos a fait uu choix parmi ces lettres, dont les unes ont été datées par Constant lui-même, et les autres après coup, d'après l«.-s conjectures de Th. Dufour.

yl) Aujourd'hui Société française d'Imprimerie et de Librairie.

57b BENJAMIN CONSTANT SOUS LOEIL DU GUET

Long, substantiel et pénétrant article; à méditer.

Ém. Faguet, Le Libéralisme. — Paris, Société française d'Imprimerie et de Librairie, 1903, in-12.

G. Deschamps, L,e malaise de fa démocratie. — Paris, Armand Colin, 1899, in-12.

P. Bourget, court article sur Benjamin Constant, dans le Livre du Centenaire du Journal des Débats (1789-1889). — Paris, Pion, édit., 1889, grand in-4* .

L. Madelin, Fouché (1759-1820), 2 tomes. — Paris, Pion, 1900, in-8°.

P. et V. Glachant, Lettres a Fanriel conservées à la Bibliothèque de l'Institut; article de la Nouvelle Revue (1) (26, rue Racine), n° du 1er décembre 1901.

P. Gautier, Mme de Staël et Napoléon. — Paris, Pion, édit ,

1903, in-8°.

En. Herriot, Madame Bécamier et ses amis. — Paris, Pion,

édit., 1904, 2 tomes in-8°. (Thèse doctorale.) Ed. Herriot, Un ouvraqe inédit de Madame de Staël. Les

Fragments d'écrits politiques (1799). — Paris, Plon-Nourrit,

1904, in-8°. (Thèse doctorale.)

L. Michon, un article paru dans le Correspondant (10 août 1904), sous ce titre : L'ébauche du gouvernement parlementaire sous la première Bestaitration (2).

Aulard, Histoire politique de la Bévolution française. — Paris, Arm. Colin, 1901.

(1) Extrait d'une étude générale, que nous avons gardée en porteleuille, sur les correspondants de Fauriel, d'après les papiers de l'Institut (nous avons publié surtout des Lettres de François Guizot). — Nous indiquions, dans cet article, dix lettres seulement de Benjamin Constant (uos 84-93), et nous ajoutions cette appréciation erronée : « elles n'offrent pas un puissant intérêt. » — Notre excuse, c'est qu'alors nous ne connaissions que la moindre part de cette correspondance, le reste des lettres s'étant, par mégarde, éparpillé dans d'autres cartons, d'où on les a obligeamment tirées pour nous les communiquer. On a pu juger si elles sont insignifiantes!

(2) Citations intéressantes extraites de deux ouvrages de Benjamin Constant, les Réflexions sur les Constituliotis, qui parurent avaut la Charte, le 24 mai 1814 (cf. Cours de politique constitutionnelle , édit- Laboulaye, t. I), et la Responsabilité des ministres (publié également en 1814). — M. Michon a étudié, depuis, le gouvernement parlementaire sous la Restauration (voir ci-après, p. 577, n. 1).

H. Houssayk, 1814, 1815, passim. — Paris, librairie académique Perrin et O, 1905 et années précédentes, in-8°. (Sur le rôle de B. Constant, rédacteur de l'Acte additionnel.)

Lacr etelle , Mém o ires .

La Fayette, Mémoires, 1837-1840, 6 vol. in-8°.

Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire, t. I-III, XIX-XX.

Tuiraudeau (ancien conseiller d'État), Mémoires sur la Convention et le Directoire. — Mémoires sur le Consulat (1799 à 1804). — Paris, Ponthieu et O; 1827; in-8° (1).

Enfin, les diverses histoires de la Restauration : Dareste, Histoire de France. — Viel-Gastel, Histoire de la Restauration. — Ach. de Vatjlabelle, Histoire des deux Restaurations, jusqu'à l'avènement de Louis-Philippe (de janvier 1813 à octobre 1830\ 8 vol. in-8°. Paris, 1844 et années suiv). — Alf. Nettement, Histoire de la Révolution de Juillet (1833), et Histoire de la Restauration (1860-1869) ; Lecoffre, in-8°. — Daudet, La Terreur blanche. — Duvergier de Hauranne, Histoire du gouvernement parlementaire en France de 1814 à 1848 ; 1857- 1865, 10 vol. — Guizot, Mémoires. — Baron de Barante, Souvenirs. — Paris, Calmann Lévy, 1891-1901, 8 vol. in-8° (mine importante de renseignements). — Bardoux, La Bourgeoisie française (1789-1848). — P. Thureatj-Dangin, Histoire de la Monarchie de Juillet, t. I; et Ze Parti libéral sous la Restauration. — Paris, Pion; 2e édit., 1888; 1 vol. in-16. — Lavisse et Rambacd, Histoire universelle, t. X. — Georges Weill, L.a France sous la Monarchie constitutionnelle (1814- 1848). — Paris, Société française d'éditions d'art, 9, rue Bonaparte; 1902, 1 vol. in-8° illustré.

Anonyme (Mme Gavaignac), Les Mémoires d'une inconnue, publiés sur le ms. original (1780-1816). —Paris, Pion, 1894, in-8°(2).

(1) Ouvrage devenu rare. — Thibaudeau, conventionnel, membre des Cinq-Cents, fut conseillf-r d'Etat, puis préfet de la Giroude sous le Consulat. Ses mémoires sont fort intéressants à consulter au point de vue anecdotique (Le Premier Consul aux Tuileries, Cour, Revues, Étiquette. — Machine infernale. — Le roi d'Etrurie à Paris, mai 1801. — Émigrés. — École militaire. — Colonies. — Instruction, Institut, Académies. — Pamphlets. — Théâtre. — Concordat. — Opposition militaire. — Code civil, etc.).

(2) Dans la Biographie universelle Micliaud, l'article Samuel Constant de Hebecgue (t. IX, p. 70) a été rédigé par Benjamin Constant en

Evolution psychologique d'une femme qui a fréquenté les derniers salons de l'ancien régime et assisté aux grands événements de la Révolution et de l'Empire.

Baron Pasquier (chancelier de France), Mémoires (1893-1895, 6 vol.); et : Discours prononcés dans les Chambres législatives (1814-1836). — Amyot, 1842; 3 vol. in-8°. Ern. Daudet, Louis XVJIL et le duc Decazes, 1815-1820. — Pion, édit., 1899, in-8°.

(Véritable histoire de la Restauration.) Chateaubriand, Réflexions politiques sur quelques écrits du jour et sur les intérêts de tous les Français. — Le Normant, 1814, in-8°. (Cf. , notamment, les passages sur la Charte.) Sur Necker : Collection complète de tous les ouvrages pour et contre M. Necker, avec des notes critiques, politiques et secrètes, le tout par ordre chronologique. — Utrecht, 1781, 2 vol. in-8°.

Lettres inédites de Mme de Staël à Henri Meister, publiées par Paul Usteri, ancien professeur à l'École cantonale de Zurich, et Eugène Ritter, professeur à la Faculté des Lettres de Genève. — Paris, Hachette, 1 vol. in-16; 1903. Après avoir lu ces lettres de Mme de Staël, disent les savants et consciencieux éditeurs, « on aura repassé par toutes les étapes de sa vie; on en aura suivi d'un bout à l'autre le brillant sillon » (1). Aussi mal partagée que ses illustres contemporains et rivaux de gloire Chateaubriand et Benjamin Constant, Mme de Staël n'a encore trouvé personne pour recueillir l'ensemble de ce qui subsiste de sa correspondance. Il est douteux qu'on y parvienne jamais (2).

personne, et l'article Benjamin Constant par Madrolle (même tome et même page; ce dernier article, irès malveillant, doit être lu avec précaution); il est signé : M-n-E. Il est assez étendu et s^ lit avec intérêt, malgré la tendance systématique au dénigrement qui infirme la valeur de l'appréciation générale.

(1) La correspondance de Benjamin Constant avec Mme de Staël a été entièrement déiruite, nous le répétons. (Cf. Melegari, Introd., p. xi, et André Le Bretoiv, Annales de la Faculté des Lettres de Bordeaux, 1889, t. I, p. 22.)

(2) M. Louis Thomas tente en ce moment, nous l'avons déjà dit ailleurs, l'épreuve pour Chateaubriand. — Soubaitons-lui bonne chance !

Leroux-Cesbron, Benjamin Constant à Saumur (1820). — Paris,

1901, brochure in-12 (36 pp.) Philippe Godkt, Histoire littéraire de la Suisse française (1). —

Fischbacher, 1890.

Antoine Guillois, La marquise de Condorcet ; sa famille, son

salon, ses a?nis (1764-1822). — Paris, Paul Ollendorff, édit.,

1897, in-8°.

Pour plus ample informé, se reporter à la liste bibliographique, très abondante et judicieuse, dressée par M. Edouard Herriot au seuil de son ouvrage (t. I, pp. xi-lxv) sur Madame Rccamier et ses amis. Ce répertoire m'a été, à moi en particulier, des plus utiles pour tout ce qui concerne la période des débuts de Benjamin Constant.

(1) Tandis que ce volume était sous presse (novembre 1905), deux livres considérables ont paru : nous ne pouvons que les signaler ici. M. Ph. Godet publiait à la librairie JulliVn, à Genè\e, sous ce titre : Madame de Charrière et ses amis, un important ouvrage auquel il travaillait depuis beaucoup d'années. On sait le mot de Sainte-Beuve, dont M. Godet fit l'épigraphe de son œuvre : « Il est à regretter qu'il n'y ait pas une Mme de Charrière complète, faite en Suisse, à Neuchâtel. » C'est à ce vœu que, grâce à de patientes recherches et à d'heureuses trouvailles, M. Godet répond aujourd'hui. Il a rassemblé tous les documents, tous les éléments d'information susceptibles de faire mieux connaître la première amie de Benjamin Constant, tout ce qui peut aider à éclairer sa vie, ses goûts, et même son époque; et il a mis en œuvre ces matériaux de la façon la plus habile et la plus attachante.

M. Louis Miciion, docteur en droit, lauréat de l'Institut (prix Drouyn de Lhuys), a fait paraître, à la Librairie générale de droit et de jurisprudence (20, rue S<»ufflot), une étude très solide, très judicieuse, bien documentée, sur le qouvernement parlementaire sous la Restauration (Paris, 1905, in-8°, 471 pp.), où il consacre naturellement plusieurs pages à l'analyse et. à la critique des principales brochures politiques de Benjamin Constant. C'est un travail capital sur la matière, et qu'on ne peut absolument pas se dispenser de consulter.

Benjamin Constant par l image , d'après les portraits y groupes et caricatures conservés au département des Estampes de la Bibliothèque nationale.

Le Cabinet des Estampes, à la Bibliothèque nationale, est assez riche en portraits de Benjamin Constant : il n'en contient pas moins de cinquante-huit, en effet (tout compris). Il y en a de toute espèce, de toutes dimensions, de toute attitude : portraits en pied, de face, de trois quarts, de profil ; bustes, croquis, images allégoriques, charges (peu plaisantes, à la vérité). Plusieurs sont agrémentés de devises poétiques fort médiocres.

Quelques-unes de ces effigies sont intéressantes ; la plupart manquent de charme, de caractère, et sans doute aussi de ressemblance. Ce sont des lithographies médiocres, inexpressives, ou franchement mauvaises, altérant, atténuant le relief de la physionomie, défigurant ou empâtant le trait du burin ou du crayon original. — Mais M. Henri Bouchot, conservateur du département des Estampes, a eu l'amabilité de tirer de la réserve, à notre intention, et de mettre sous nos yeux, en nous autorisant à le reproduire, un superbe dessin original d'Eugène Devéria, sur lequel nous reviendrons tout à l'heure. Il est trop peu connu, bien que M. Bouchot l'ait déjà reproduit quelque part.

Commençons par énumérer, dans l'ordre où ils se présentent, et en les accompagnant d'une brève description, tous ces autres portraits, de qualité inférieure, qui sont au crayon de Devéria ce que sont les bronzes industriels de pacotille comparés aux belles éditions de Thiébaud et de Barbedienne.

1° D'abord une esquisse, de profil, visage tourné vers la droite; tête haute sur col et sur cravate; uniforme au collet brodé de fleurs de lis, aux boutons de métal (c'est, probablement, le costume de membre des assemblées législatives). Face

glabre, longs cheveux bouclés, lunettes. — G est une pointe sèche, non signée.

2° Autre portrait, signé L. Desmarais, 1828-47 ; de trois quarts, presque de face; visiblement trop beau et trop régulier, poétisé, idéalisé; figure un peu moutonnière; cravate immense; lithographie de Ducarme. — Devise : Benjamin-Constant, député du dépK de la Seine. Dédié aux Electeurs. A Paris, chez Lecouvey, Palais-Royal.

3° Le voici maintenant plus âgé, de face. Rullman del. Lith. de C. Motte. — Toujours sa cravate énorme !

4° B. C. Lith. de Ducarme. Publiée par Blaisot. Galerie universelle. Portrait de face, signé H. G. (Henri Garnier).

5° B. G. A peu près la réplique du précédent; signé : H. Garnier. Lith. de Fonrouge. Galerie universelle, n° 141. Publiée par Blaisot.

6° Épreuve de gravure non signée (avant la lettre) ; portrait de face, sans caractère ; expression correcte, digne, calme. — Devise : M. Benjamin-Constant, député du dép* de la Sarthe, élu en 1818.

7° Réplique du précédent. Dessiné d'après nature en 1827 et gravé par Àmbroise Tardieu. — Devise : Benjamin Constant de Rebecque, Orateur, Histo?ien (?) et Publiciste, député du dép% de la Seine, élu en 1827 (1).

8° B. G. Réplique des deux précédents : M. Benjamin Constant, Député du dépK de la Sarthe, et l'un des Auteurs de la Minerve.

9° B. G. (de face). Gravure allemande. Lith. v. Brand; ged. b. Pônicke.

10° B. G. (de face). Lith. de Villain : Benjamin Constant, député du Déparement (sic) de la Seine. — Très mauvaise image* nullement ressemblante.

11° B. G. (de face). Portrait détestable, encore moins ressemblant. Abominable lithographie de Chéyère; signée à gauche : Corplet.

12° B. C. On portrait (au-dessous du médiocre), figurant en tête d'une biographie, dont le texte, imprimé en petits caractères, est fort enthousiaste; une chronologie l'accompagne, laquelle contient quelques erreurs (2).

(1) Il avait été élu à la fois à Paris et à Strasbourg.

(2) Par exemple : « Benjamin Constaut, né à Genève... ; mort le 9 décembre 1830... »

13° Réplique du précédent (signée par Fontaine), enfermée en une sorte d'encadrement-frontispice avec devises : Drame, roman, comédie, poésie, ode, fable. Danlos, éditeur. Quai Malaquais, 1, Paris.

14° B. C. (de face). Galerie des contemporains illustres. Eauforte de L. Demay, d'après Jacques. Edit. A. René et Gie.

15° B. G. Portrait de trois quarts. Lefebre (sic) pinxit. Hoff se. Inst. Bibl. excudit. — En haut : Meyer's Conv. Lex. n° 98.

16° Réplique du précédent. Lefebre gem. Hoff in Stahl g est. Nach dem Leben gezeichnet Benj. Constant. Druck u. Verlaq vom Bibliographischen Institut zu Hildbur ghausen Zeitgenossen n° 44.

17° Mauvaise gravure (portrait de face), avec, pour devise, ces deux vers, dignes de tourner autour d'un mirliton :

Défenseur de la Charte et de la Liberté, Il arrache le masque au crime épouvanté.

18° Portrait de face. Couché fils sculp. : M. Benjamin Constant, Député.

19° Autre portrait. Lithographie de Frey, rue Montmartre, n° 154. — A Paris, chez Chaillou, éditeur, rue Saint-Honoré, 140.

20° Réplique du précédent. Lith. de Ligny frères, rue Quincampoix, 38.

21° Réplique du portrait déjà vu plus haut (9°), Lithog. v. E. Ponicke und Sohn. Signé : L. Blau.

22° Le même (von Ponicke und Sohn). Mauvaise lithographie de C. G. Bohme.

23° Grande reproduction de la lithographie de Villain. Signé (à gauche) : Maurin. Devise : Benjamin Constant, Député du Dépx du Bas-Rhin.

24° Encore la lithographie de Chéyère ; portrait de trois quarts, signé (à gauche) : Jacquet (L'Oracle européen) .

25° Lithographie de Delpech ; de face, avec fac-similé de signature : B. Constant. (Deux exemplaires; la première épreuve sur papier teinté.)

26° Benjamin Constant, Député du Département de la Seine; portrait de trois quarts, signé : L. Viardot, 1827 . Lith. de Villain, rue de Sèvres, n° 23. — L'expression de la physionomie est assez morose.

27° Portrait (de trois quarts) dessiné d'après nature par Beyer, 1827. Lith. de Engelmann (1). Très longs cheveux; sorte de jabot tuyauté, gaudronné.

28° B. G. Dessiné et gravé par Esbrard (2). Benjamin est représenté de face, dans sa bibliothèque, assis à sa table de travail, la main reposant sur un livre.

29° B. G., ex-député de la Sarthe, né le 25 octobre 1767, à Lausanne. Guibert del. Benoist sculp1. Mauvais portrait, de face. A Paris, chez l'auteur, rue des Francs-Bourgeois, n° 6, Faubourg Saint-Germain.

30° Réplique du précédent, sur papier teinté. Paris; Léotaud, éditeur. Quai Saint-Michel.

31° Portrait de face, détestable, au trait.

32° Autre portrait, pas beaucoup meilleur (de face) : Benjamin Constant, député. Image sans expression, flattée d'ailleurs ; air juvénile à l'excès.

33° B. G. Lith. de Langlumé; de face (3).

34° Portrait de face, signé : Alfred D., 1823; lith. de Villain : Benjamin Constant, ex-député du Département de la Sarthe.

35° B. G. (de face). Lith. de A. Chéyère, ruedel'Epron(sicJ,n°3.

36° Portrait de face (mauvaise lithographie) ; fac-similé de signature autographe.

37° B. G. (de face); signé : Delorieux, 1822. Lithographie de Villain.

38° B. G. (de face) ; signé : E. Lecomte. Lithog. de Langlumé. Constant est représenté tenant à la main un papier, le manuscrit d'un de ses discours.

(1) Les lithographies de Engelmann sont toujours intéressantes et ont de la valeur. — Godefmi Engelmann, de Mulhouse (1~88-1839), introduisit en France les procédés de lithographie qu'il avait étudiés à Munich, fonda à Paris, en 1816, un des premiers établissements lithographiques, et perfectionna rapidement cette industrie. Il est aussi l'inventeur de la lithochromie. On apprécie notamment les belles planches, dignes de soutenir la comparaison avec la gravure, qu'il a fournies aux Antiquités de i Alsace et à plusieurs relations de voyages.

On voit qu'à l'époque où il donnait ce portrait de Benjamin Constant, son art ne datait encore que d'une dizaine d'années.

(2) Chez Esbrard, rue de la Vieille Bouderie, n° 24, et chez Bulla, rue Saint-Jacques, n° 38.

(3) Reproduite par M. Georges Weill dans son ouvrage La France sous la Monarchie constitutionnelle, p. 171.

39° Assez intéressant portrait (de trois quarts), et qui paraît ressemblant, datant de l'époque des voyages d'Alsace : Benjamin Constant dessiné d'après nature à Munster, le 21 novembre 1827, par Henri Lebert. Lithographie de Engelmann.

40° Assez grand portrait (de trois quarts) : Benjamin Constant dessiné d'après nature par Berr, de Strasbourg. Lith. par A. Maurin et Dubois. Lith. de Le mercier, rue du Four S. G., n° 55 (1). Publié par Jeannin, rue du Croissant, n° 20.

41° B. C. Portrait de face, sur papier teinté. Signé : Ch. Lcmercier. Lith. de Genty. Très longs cheveux. — Au-dessous de ce portrait, une petite vignette montre le cercueil de B. Constant, couvert d'un drap noir semé de larmes d'argent, et porté par un corbillard que trainent six étudiants, coiffés de chapeaux hauts de forme. Derrière le corps suivent quatre personnages, tête nue et inclinée. Au-dessus, la date des obsèques : 12 décembre 1830.

42° Assez grand portrait (de face). Lithographie de Frey, avec cette devise : Benjamin Constant, Député du Département du lias-Rhin, né à Lausanne en 1767. mort à Paris le 8 décembre

43° Mauvais portrait (de face), signé : de Mahy (?) ; reproduction d'un crayon. — Au-dessous, ce vers de Racine (un peu modifié) :

Et mon dernier regard a vu fuir les Romains (2) /

44° Portrait en pied (de trois quarts) : Benjamin Constant, en redingote, les mains derrière le dos, est debout devant une cheminée Empire. Pauauet del. E. Rosotte se. — Iinpr. Frault jne, rue S'-André-des-Arts, 37; Paris.

45° Benjamin Constant composant son manuscrit sur la religion (Dédié aux amis de la Liberté). Gravure familière. Assis

(1) Ce sont ces deux derniers portraits que nous aurions reproduits de préférence, comme les meilleurs du recueil, si nous n'avions eu à notre disposition l'œuvre, très supérieure au point de vue artistique, d'Eugène Devéria.

(2) Mitliridate, acte V, se v. C'est une des suprêmes paroles prononcées par le roi barbare, près de rendre l'âme :

... J'expire environné d'ennemis que j'iruniûle ; Dans leur sanç odieux j'ai pu tremper mes mains ; Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains !

tlans un fauteuil rustique, qui se détache sur un décor de bois, B. Constant, la plume aux doigts, son manuscrit à la main, semble méditer. 11 a près de lui son chapeau, déposé à terre, et ses deux béquilles, appuyées au dos du fauteuil. — Signé : Ch. Ramelet. Publié par Lemoine, rue des S'9-Pères, n° 73. Lithog. de Lemercier, rue du Four S. G., n° 55.

46° Réplique du même motif; module beaucoup plus petit; épreuve de teinte bien plus foncée.

47° Une gravure bien vilaine à voir : visage émacié, bouche pincée. C'est le grand orateur couché sur son lit de mort, par //. de Roche, 1830. Dessiné d'après nature, au crayon. Lithographie de Delaporte. Devise : Renjamin Constant, mort à l'âge de 63 ans, le 8 décembre 1830.

48° Autre portrait, abominable, celui-là, et ridicule! Constant est étendu dans son lit, mais ses yeux semblent ouverts : une sorte de couronne ou de palme surmonte sa tête. — Signé : Malenfant, 1830. Lithographie de Engelmann. Délavai, éditeur, rue Saint-Denis, n° 244, à Paris.

Au-dessous de la gravure, on lit ce quatrain, où la gratitude populaire s'exhale avec la plus fâcheuse platitude :

II fut bon citoyen et loyal député ;

La France rend hommage a sa noble éloquence ;

Il défendit nos droits et notre liberté;

Versons sur lui les pleurs de la reconnaissance (1) /

Passons aux groupes où figure, parmi les plus notables libéraux de l'époque, l'image de Benjamin Constant, répandue — gratuitement ou à bas prix — dans une vue de propagande. La valeur artistique de ces reproductions est, d'ailleurs, comme bien l'on pense, à peu près nulle.

49° Voici, d'abord, sur la même ligne, trois personnages, dont deux chamarrés de décorations : celui de droite est Benjamin Constant. On lit, au-dessous : Relleville, n° 154. Le groupe est orné d'étoiles et d'une guirlande. Les trois bustes émergent d'une bordure de nuages.

(1) La belle épitaphe ! L'auteur eu demeure anonyme. Tant mieux pour sa mémoire! — Citons encore un assez beau portrait de Constant (Fatli del. — Maurluison père se. Impr. Vve Sarazin), reproduit dans les Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand, édit. Biré, t. m, p. -464.

L'ensemble, il faut l'avouer, est assez grotesque.

50° Egalement un trio d'hommes célèbres; mais, ici, pas de nuages. Cette gravure nous présente (en redingote, et à mi-corps) : au milieu, Benjamin Constant; à gauche, Alexandre Delaborde; à droite, Eusèbe Salverte. — Une palme surmonte le groupe (laurier et chêne, comme dans la Légion d'honneur). Impr. Lithog. de Marlet et Cie, rue du Bouloi, n° 19, à Paris. (Ressemblance très problématique.)

51° Autre groupe de trois personnages (plus ressemblants). Le côté gauche : Benjamin Constant, entre MM. Sébastiani (en tenue de général) et Casimir-Perier. — Se vend à Paris, chez Mme David, rue Mandar, n° 8.

52° La députation de Paris (1) . — Très médiocre placard. Toutes ces figures manquent d'expression et de cachet. Benjamin Constant, vu de face, a l'air ahuri. Les autres personnages sont : Lafitte, Ternaux, de Schonin, baron Louis, C. Perrier, Royer- Collart, Dupont de l'Eure, la Borde, Lefevre, Vassal. — Lith. de Bernard, rue N.-D.-des-Victoires, 16.

53° L'opposition de 1825. Dix-huit figures : MM. B. Constant, C. Perier, le général Foy, de Girardin, Basterrèche, Kœchlin, le général Thiard, Devaux, Royer-Collard, le baron Méchin, le baron de Turcheim (sic) (face rasée de magistrat ou de notaire, front dégarni), Bouchard d'Escarnaux, Tardif, Humann (air digne, visage grave et plein, longs cheveux), Chorier, Coudert, Dupont (de l'Eure), L^abbey de Pompierres. — Lithographie de Sohier, rue du Cadran, n° 19.

54° LJopposition de 1824. Seize figures; les mêmes que dans la planche précédente, moins Dupont de l'Eure et Labbey de Pompierres. — Lithographie de Sohier, rue du Cadran.

55° Calendrier libéral pour 1822, enjolivé de plusieurs portraits : Benjamin Constant, Bogue, de Faye, Hardouin, Dupont, Devaux, Picot, Desormeaux, C. Perrier (sic), Bedoch, Chabaud- Latour, le général Sébastiani, Dumeillet, le général Taraire,

Manuel, Bignon, Martin de Grave D'autres noms encore

figurent dans des cartouches. Et, en un bizarre assemblage, des devises ronflantes et disparates s'alignent sur les deux piliers d'encadrement : Coalition repoussée, Campagne d'Italie, Vendée paci-

(1) Dessin au trait. Plusieurs noms sont écorchés : je respecte les autes d'orthographe commises sur les noms propres.

fiée, Vaccine, Enseignement mutuel. Éclairage par le gaz, Cachemires français, Stras, Bélier hydraulique, Lithographie... Aux citoyens utiles, aux grands hommes la Patrie reconnaissante. — Publié par Iilaisot, éditeur, Palais-Royal, n° 233.

Et, partout, une foule de noms d'inventeurs, d'artistes, d'industriels, etc. : Breguet, Montgolfier, Lesueur, ïalma, etc., etc.

Viennent enfin quelques caricatures ou chromolithographies, peu compréhensibles et pas très drôles, pour les gens d'aujourd'hui, tout au moins, devenus plus difficiles en l'espèce.

56° Lithographie (en couleur) de Villain, rue de Sèvres, n° 11. — Batanchon tond les chiens, et sa femme aussi. Un grenadier, affublé d'un gigantesque bonnet à poil, amène au tondeur, assis le long d'un mur et occupé à son métier, deux caniches en laisse. L'un d'eux, à qui le soldat envoie un coup de pied au bas des reins, a la tête de Benjamin Constant. — Devise : Trois liards par bête, ou le perruquier libéral (fi).

57° Autre charge, aussi peu divertissante : Les Etrennes de 1821, ou la Pipe Touguet. Détestable lithographie de L.asteyrie, rue du Bac, n° 58. Benjamin Constant y apparaît assis. On lui apporte une pipe : « // n'est plus question de priser; il faut fumer maintenant. » La devise est peu claire pour nous. Il a des papiers sous la main : Souscription cabane Clichy. Champ d'Àzile. Mémoires du Pergame (??) .

58° Enfin une dernière plaisanterie, devenue également fort insipide à distance. C'est la Salle des Electeurs, ou Benjamin politique. Benjamin Constant montre avec une longue baguette un tableau où l'on voit des grenouilles éperdues plongeant pour éviter la grue qui cherche à les gober (1). C'est évidemment une parade, un boniment de foire. Le saltimbanque qui symbolise Benjamin Constant braille à pleins poumons; sa chevelure, en désordre, se hérisse. Devant le bateleur, on aperçoit un gros cuisinier, en bonnet de coton et en tablier, la tige à aiguiser suspendue à la ceinture. Auprès d'eux, un escalier. Au-dessous, cette légende : « C'est ben malin, ces coups-là... Si j étions seulement quatre comme moi, ça irait b*********, c'est Constant. — Entrez tous, Messieurs, entiez, il ne m'en faut plus que 60 —

(1) Allusion à la fable connue de La Fontaine (livre III, fable iv) : Les Grenouilles gui demandent un Roi.

tien que 60, Messieurs ; — c'est Constant; il ne m'en faut plus que 60 pour commencer /«

Comprenne qui pourra! Le plus clair, c'est le calembour

facile sur le nom de notre écrivain (1).

Telles sont ces charges, assez grossières, assez peu comiques, comme on en peut juger. Il en dut courir de plus spirituelles sur Benjamin Constant, du moins je l'espère (2). Si mes souvenirs sont exacts, je crois — sans oser l'affirmer — que l'une de ces gravures satiriques faisait précisément allusion au sujet par nous traité : elle représentait Benjamin Constant sous la forme d'un vieux singe pourvu d'un œil au bout de la queue..., sans doute pour déjouer l'œil du guet, attentif à surveiller ses moindres ébats.

Le crayon original sur lequel notre choix s'est arrêté, sans nulle hésitation, est d'une tout autre allure que les images plus ou moins fantaisistes énumérées ci-dessus.

Dans le cabinet de M. H. Bouchot, sous la cote Na.47 (réserve de la section des Estampes), on conserve, à la Bibliothèque nationale, un magnifique album relié par Gardien (1869), volume de format grand in-folio, sous ce titre : Eugène Devéria, Portraits dessinés de personnages politiques français, 1830. — Ce sont les portraits, esquissés d'après nature par Eug. Devéria (3),

(1) Signalons enfin un groupe burlesque : Adolphe et Corinne (Benjamin Constant et Mme de Staël); charge de l'époque (collection Baoul Deberdt), reproduite dans Paris de 1800 à 1900, d'après les estampes et les mémoires du temps, ouvrage publié sous la direction de Ch. Simond, t. I (1800-1830), p. 375 (Paris sous la Restauration). — Paris, Pion, éditeur; 1900, in-4°.

(2) Le duel dans un fauteuil eu a sûrement provoqué. La plaisante histoire! Un échange de letlres dans la Quotidienne et le Constitutionnel avec le marquis de Forbin des Issarls amena entre Benj. Constant et ce député, son adversaire politique, une rencontre (juin 1822) on tous deux, assis (Constant était passagèrement infirme, à la suite d'une chute), essuyèrent deux fois le feu l'un de l'autre.

Le motif prêtait à la charge : il dut être exploité.

(3) Né en 180 mort en 1805, peintre d'histoire et portraitiste dis-

des principaux parlementaires ayant assisté à la séance de la Chambre des députés le 9 août 1830 (exactement quatre mois avant le décès de Benjamin Constant), pour la réception du serment du roi Louis-Philippe (on a pu voir le tableau exposé dans la Salle de 1830, au Palais de Versailles). — On trouve donc, dans cet album, Louis-Philippe, en pied et en buste, le prince de Joinville, — un enfant d'une douzaine d'années (1), — Mme Adélaïde, sœur du roi ; puis soixante-quinze personnages (crayon et quelques touches de pastel), parmi lesquels beaucoup de représentants du peuple dont le nom est revenu au cours des pages qui précèdent : André, de Bavante, marquis de Barbé-Marbois, baron Bianon, Cunin-Gridaine , Dupont de l'Eure, Duveraier de Hauranne, Etienne, Girod de l'Ain, Guizot, général marquis de La Fayette, Mole, Montaliuet, Pasquier, Casimir-Perier, Portalis, comte Horace Sébastiani, Viennet, etc., etc. — On conçoit le vif intérêt et la valeur documentaire de cette collection unique de croquis originaux. Le portrait de Benjamin Constant (n° 20), reproduit déjà comme un des meilleurs (2) par M. Bouchot, ce juge si compétent, est d'une finesse et d'un charme extrêmes. La bouche, surtout, est merveilleusement modelée. C'est le visage, encore respecté par les ans, du vieux lutteur, dont la fatigue et la maladie auront raison quelques semaines plus tard (3).

tingué, frère du très grand peintre dessinateur, graveur et lithographe Achille Devéria (1800-1857). — Eug. Devéria avait doue vingt-cinq ans à peiue quaud il fit ce beau portrait de Benjamin Constant.

(1) Délicieux portrait (de face), dont la distinction, la grâce, la délicatesse enfantine et fière font songer à un autre chef-d'œuvre, plus récent : le buste du Prince Impérial par le sculpteur Carpeaux.

(2) Guizot est beaucoup moins bien. Casimir-Perier paraît ressemblant. La Fayette est d'aspect peu sympathique : tête sans caractère, physionomie froide, plate et ingrate.

(3) Dimensions. Ce dessin mesure : hauteur 0,520mra; largeur 0,401 mm. — Notre réduction est à peu près du quart ou du cinquième.

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