JURA
"~ A Son Excellence
Ministère
de l'Intérieur le Ministre de l Intérieur.
Direction de U Police.
Lons-le-Saunier^ le 16 novembre 1827.
u Monseigneur,
u Vous m'avez fait l'honneur de m'inviter, par une lettre du 7 du courant, à rechercher et à vous faire connoitre quel est l'employé des contributions indirectes dont il est parlé dans mon rapport du 3, comme ayant fait partie de la députation chargée de porter une invitation à M. Benjamin-Constant, à Dôle.
a J'ai recommandé à M. le sous-préfet de Dôle, de qui je tenois les premiers renseignemens, de faire en sorte de me procurer celui que désiroit Votre Excellence. Ce fonctionnaire me répond, sous la date du 13, que les nouvelles informations qu'il a prises détruisent ce qui lui avoit été rapporté et qu'il m'avoit transmis quand (sic) à la participation d'un employé des contributions indirectes à la députation dont il a été parlé, et il m'adresse une copie de la lettre qui lui a été écrite en dernier lieu à ce sujet par le commissaire de police de
Dôle. J'ai l'honneur de transmettre ci-joint cette copie à Votre Excellence.
« J'ai l'honneur d'être avec une respectueuse considération, Monseigneur, de Votre Excellence le très-humble et très-obéissant serviteur. »
il Le Préfet du Jura,
« G'* DE Waters. »»
Les pièces qu'on va lire, à présent, datent de 1828.
(« Villèle étant tombé, dit M. Debidour, à la suite des élections libérales de novembre 1827, Marti(jnac devint ministre de l'intérieur (4 janvier 1828), et, sans porter le titre de président, fut le véritable chef du nouveau cabinet, qui renouvela le personnel administratif, rétablit la liberté de la presse, et fit signer au roi les fameuses ordonnances du 16 juin 1828 sur les jésuites et les petits séminaires. — Mais Charles X, inféodé à la Congrégation et aux ultras, ne subissait qu'en frémissant ce ministère. Aussi, Martignac ayant éprouvé, à propos de son projet de loi sur les conseils généraux et les conseils d'arrondissement, un échec causé par la coalition parlementaire de la droite et de la gauche au Palais- Bourbon (avril 1829), le roi ne tarda-t-il pas à le renvoyer avec tous ses collègues et à former avec Polignac un gouvernement de combat qui rendit la révolution inévitable (1)»)
(1) Cf. A. Debidour, art. Martignac de la Grande Encyclopédie,
i»ni;i r.cn m:
LA MEUIITHE
A Son Excellence
.Miuislrrc
<i.- l'iim-iicur le Ministre de l Intérieur.
Division du Cabinet-
Nancy ^ le 16 août 1828.
« >Ionsei(}neur,
u J'ai l'honneur (riiilormer Votre Excellence que M. Henjdniin Constant, député, est arrivé hier, 15, à Nancv, vers quatre heures après midi.
« Il est descendu à l'hôtel royal, où cintjuante personnes environ se sont rendues aussitôt son arrivée, pour le complimenter. Elles se sont annoncées comme représentant le commerce. On remarquait en tète le s*" Didier, bijoutier, quelques marchands et beaucoup de commis.
a Le soir, après le spectacle, il v a eu sénérade (sic) dans la cour de l'hôtel. 31. Benjamin Constant v est descendu et a témoi(jné à plusieurs reprises sa reconnaissance de l'accueil qu'il recevait, en promettant de s'en rendre dijpie.
« Remonté dans son appartement, il s'est mis à la fenêtre; un assistant, (|u'à ses moustaches on a reconnu pour un olTicier, lui a adressé ces mots : « Honneur au député (jui a sçu (sic) sacrifier [intérêt particulier à l'intérêt (jénéral! n II a de nouveau remercié et promi (sic)
de faire tout ce qui dépendrait de lui pour être utile aux habitans de Nancy. On y a répondu par les cris de : « Vive B. Constant! Vive le défenseur des libertés publiques, le défenseur de la. Charte l » et la musique a exécuté l'air : « Oii peut-on être mieux... » ; après quoi, chacun s'est retiré paisiblement. Au surplus, personne de marquant n'a pris part à cette réunion, dans laquelle sept à huit individus seulement ont témoigné de l'enthousiasme.
a M. B. Constant se rend aux eaux de Baden.
a Je suis avec respect, Monseigneur, de Votre Excellence le très humble et obéissant serviteur. »
« Le Conseiller d'Etat, Préfet de la Meurtlie^ a G'« d'Allonville. »
PRKFKCTUIIK du
BAS-RHIN A Son Excellence
~ le Ministre de l'Intérieur.
l'olive.
Strasbourg, le 9 octobre 1828.
« Monseigneur,
u Sans y attacher une grande importance, je crois ne pas devoir laisser ignorer à Votre Excellence qu'au retour de M. Benjamin Constant des eaux de IJade, une partie des membres du collège d'arrondissement de Strasbourg lui a donné un banquet, auquel MM. de Turcklieim et Saglio ont été invités en qualité de députés élus par le collège électoral du département.
il Je suis avec respect, Monseigneur, votre très-humble et très-obéissant serviteur. »>
u Pour le Préfet, absent :
« Le Doyen du Conseil de Préfecture^ « Keun. »
PREFKCTIRK du
HAUT-RHIN A So?i ExccHcnce
,,.,,„, te ]\Iinistre de t Intérieur .
Cabirjt du Préfet.
Coiniar, le 11 décembre 1828 (1).
u Monsei(>neur,
a M. Benjamin Constant, qui, depuis le l" novembre, était à Munster, a quitté cette commune lundi dernier pour retourner à Paris. M. Benjamin Constant était chez M. Jacques Hartmann, fabricant, qui, ainsi que ses frères, lui a fait un accueil si brillant l'année dernière.
u A l'exception de deux avocats de Colmar, membres du comité établi dans cette ville pour les élections de 1827, et existant encore aujourd'hui, M. B. Constant n'a pas reçu de fréquentes ni de nombreuses visites. Il avait l'habitude de travailler toute la matinée dans son appartement, et on lui attribue les articles qui ont paru dans le Constitutionnel suv la loi municipale.
a Vers la fin d'octobre, il avait été (juestion de doinier
(1) Nous avons signalé plus haut (chap. ni) une IcUrc ach'cssée par B. Constant, de Munster, le 8 décembre de celte année 1828, à Casimir- Pericr. I! lui annonçait à brève échéance son retour à Paris, le priant de conserver jusque-là un dépol de cent qualrcvingt mille francs à lui conKé.
à Golmar un iioriihreux dincr, lo 4 iH)verTïl)re (\'j. pour crlrhier la fêt(3 du Koi. MM. les députés du llaut-Kliiu devaient y être invités, ainsi que M. ]J, Constant. On d(^vait aussi, disait-on, y inviter les principales autorités de la ville. Il parait que M. André, député du Flaut-Uliin, n'ayant pas voulu paraître à cette fête comme invité, mais à la condition seulement que tout le monde serait souscripteur, cette circonstance a fait renoncer au projet de célébrer la Saint-Gliarles de cette manière. On assure qu'à cette occasion M. André, (|ui a peut-être cru que c'était un peu pour fêter les députés du département, et un peu encore pour M. Ji. Constant (ju'aurait eu lieu ce dîner (2), a hautement témoi(»né son improbation sur ces repas offerts aux députés. Il aurait même, dit-on, tiaité cet usa(>e de révolutionnaire.
u Je suis avec respect, Monseigneur, de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur. »
" Le Préfet du Haut- Rhin, « H. Jordan. "
(1) Sainl-Chailes .
(2) Pieinier jet, biffé : « ... que c était beaucoup sans doute pour le Roi, ninis un peu aussi pour fêter les députés... "