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Benjamin Du Plan

La Faculté n'entend ni approuver ni désapprouver les opinions particulières du candidat.

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Es

Introduction.

Lorsqu'en 1715 Court entreprit de restaurer le protestantisme, on pouvait croire, à juger les choses par les seules apparences, que Louis XIV avait dit vrai en affirmant que la Réforme n'existait plus en France. « La perséeution d’un côté, l'ignorance et le fanatisme de l’autre avaient complètement ou anéanti ou défiguré la religion. À peine en restaitil quelque trace !. » Les ordonnances, que les religionnaires n auraient pu ne pas observer sans courir le danger d’être em-

prisonnés ou envoyés aux galères, avaient triomphé des : résis-

tances les plus opiniâtres. Continuellement traqués, les ha-

bitants du Languedoc et des Cévennes avaient pris, les uns le chemin de l'exil, les autres celui des églises catholiques. Estce à dire que ces derniers avaient abjuré leur croyance ? Loin de la. On pouvait reconnaître à certains signes que la foi n'avait pas complètement disparu chez Fr: montagnards qui, sous des dehors grossiers, cachaient les âmes le plus fortement trempées. Elle n y était pas seulement comme un souvenir, mais comme un feu caché sous la cendre. Par leurs exhortations, les Inspirés l'avaient empêchée de s’éteindre et, à leur voix, les protestants, une fois la persécution passée, avaient relevé la tête, comme l’herbe ployée par une trop forte pluie se redresse au premier rayon de soleil. On ne saurait sans injustice nier l'importance des services que les Inspirés rendirent à la cause persécutée. Mais s’ils avaient sauvé le protestantisme, ils lui faisaient courir maintenant les plus grands dangers. Court, guidé par son robuste bon sens, en eut vite acquis la conviction. Il comprit que le succès

de son entreprise dépendait de leur disparition. Mais ils re-

1 Court, cité par Ed. Hugues ; Les Synodes du Désert, 4. 4, p. 19.

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