DÉNONCIATIONS CONTRE DU PLAN
n'épargnait ni peines ni soins pour s'acquitter fidèlement de sa mission, ses ennemis essayaient de le discréditer auprès des Églises et de lui enlever même son mandat de député. Quelle ne dut pas être sa douleur lorsqu'au retour d'un de ces fatigants voyages, il reçut de son ami la lettre suivante :
« Monsieur et cher ami (1),
» Possible que le sujet de ma lettre vous surprendra, mais je ne saurais me taire dans cette occasion, sans trahir votre intérêt, l'intérêt de l'Église et l'amitié que je vous ai vouée. Des personnes que je veux croire intéressées, attentives à vos démarches, ne sont pas tout à fait contentes de votre conduite au sujet des prétendus inspirés, et la renommée, qui n'est pas toujours ni bienséante, ni discrète, en a répandu le bruit dans nos provinces ; déjà une infinité de personnes en murmurent. J'ai inutilement fait des efforts pour m'opposer au torrent. Si vous ne me secondez, difficilement vous vous rétablirez dans l'esprit de personnes qui méritent d'être ménagées, quelque rang même qu'elles tiennent ou que nous voulions leur donner dans le monde ou dans l'Église.
€ Mon but n'est pas d'^examiner s'il y a de véritables inspirés ou non ; cette matière a toujours été celle de nos discussions et nos sentiments, qui sont d'ailleurs très -conformes, ont toujours été sur ce chapitre, les antipodes les uns des autres, votre expérience vous persuadant qu'il y en a et la mienne qu'il n'y en a point. Mais, quelque incrédule que je sois sur cet article, je veux supposer pour un moment, avec vous, qu'il y en a, qu'en devons-nous conclure î Est-ce un article fondamental dans la religion, sans la créance ou la pratique duquel on ne puisse être sauvé ; ou n'est-il qu'indifférent en lui-même, tellement que sans le croire et sans fréquenter ceux
(1) N" 7, t. II, p. 311 (3 novembre 1725).