IL PARDONNE A SES ADVERSAIRES
« J'ai reçu deux lettres de M. Roger, qui me marque que le Dauphiné m'a aussi choisi pour député ; il m'informe encore de l'état des Églises qu'il sert. C'est un homme dont on me dit beaucoup de bien à Lausanne et qui marque dans ses lettres être prudent et pieux.
« M. Corteiz m'a écrit aussi. Il me témoigne être fort touché de ce que vous agissiez à son égard comme s'il était votre inférieur. Je crois qu'il y a du malentendu ou que le Diable veut semer la division parmi vous; nous n'avons pas besoin de nous affaiblir par nos envies et nos dissensions ; nous ne sommes que trop petits ; prévenons-nous les uns les autres par honneur et fortifions-nous au Seigneur pour combattre vigoureusement contre une infinité d'ennemis qui nous environnent. Quant à moi, quoiqu'on m'ait traité d'une manière à enflammer ma bile, je suis disposé à faire un sacrifice au Seigneur de mes plus justes ressentiments. S'il y a quelqu'un qui murmure en province au sujet de mes sentiments sur les inspirations, ditesleur que les magistrats et le clergé d'ici, qui sont beaucoup plus puissants et plus éclairé qu'eux, les tolèrent et les protègent et que leur devoir et leur intérêt les engagent à garder le silence et à ne penser que d'être bons chrétiens pour s'attirer la bénédiction de Dieu. Si je savais qui est-ce qui d'ici s'est mêlé de parler contre moi, je l'engagerais à changer de langage où je prendrais de bonnes attestations pour témoigner mon orthodoxie et ma bonne conduite à la honte et confusion de mes ennemis. Informez-moi de tout et ne craignez pas que j'en fasse un mauvais usage. Je crains Dieu et j'aime mon prochain quoiqu'il ait la faiblesse ou la malignité d'agir contre moi. N'imformez que très-peu de personnes des choses que je vous dis (1). »
Celte lettre était à peine expédiée que Benjamin du Plan éprouva le besoin de prendre de nouveau la plume pour faire un appel à la concorde.
(1) N" 12, p. 83 (14 décembre 1725).