CONDUITE DE DU PLAN
opposer, connaissant seulement qu'il y avait plusieurs particuliers, parmi lesquels j'avais de mes bons amis, qui souhaitaient beaucoup que cette réception se fit dans nos Églises, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour engager MM. Roux et Boyer à ne se faire point recevoir ici. Je croyais même de les avoir gagnés, lorsque tout-à-coup ils déclarèrent qu'ils voulaient absolument partir pour Zurich. Je n'avais aucun droit ni pouvoir de m'y opposer, mais prévoyant que cela pourrait causer des disputes et des troubles, je voulus rester neutre pour être médiateur en cas de besoin ; je fis le vovage de Berne avec eux, parce que j'y avais affaire pour le bien de nos Églises ; mais je me gardai bien d'aller jusqu'à Zurich afin d'agir ensuite selon que la prudence et la charité le dicteraient. 11 ne faut pas oublier que, par un excès d.^ précaution, je me fis faire une déclaration à MM. Roux et Boyer, que ce n'était point par mes avis ni conseils qu'ils avaient pris le parti de se faire recevoir ici. Jlessieurs de Zurich ayant jugé à propos de les recevoir, je jugeai à propos de les joindre à leur retour, dans dans un certain lieu à côté de Berne, pour les féliciter, leur faire part de mes avis touchant leur conduite à votre égard et leur souhaiter la bénédiction du Seigneur. Pouvais-je moins faire à l'égard de personnes que je connais depuis longtemps, qui se confient en moi, et qui se vont dévouer au service des Églises que je sers moi-même et pour lesquelles je suis prêt, avec la grâce de Dieu, de sacrifier tout ce que j'ai de plus cher au monde? Prenez garde, mes chers amis, prenez garde que, sous prétexte de faire valoir une discipline qui ne nous a pas été connue et qui, outre cela, doit être utile et avoir des fondements justes et raisonnables pour être reçue de tous les corps, vous ne troubliez la paix et ne rompiez l'union qui est absolument nécessaire pour notre subsistance. C'est manquer de jugement, c'est petitesse d'esprit lorsque, pour des minuties ou des choses indifférentes, on crie, on s'échauffe, on se met en colère, comme s'il s'agissait de quelque chose d'important ou d'essentiel. Les dogmes et la morale de notre religion ne
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doivent jamais varier. Il n'en est pas de même de la discipline. Comme ce sont des choses purement humaines, nos règles peuvent être fautives; alors il faut les corriger; elles peuvent aussi être bonnes dans un temps et mauvaises dans d'autres ; alors il faut les changer en s'accommodant au temps, aux lieux et aux personnes. Nous sommes sous la croix, nous n'avons, à proprement parler, que les lois de l'Évangile que nous soyons en droit de nous représenter les uns aux autres ; tout le reste est arbitraire, nous pouvons nous y soumettre si nous voulons et le rejeter de même sans encourir les jugegements divins ni humains (je parle dans nos Églises). Si MM. Roux et Boyer n'ont pas connu ou consenti au règlement contre leur réception dans ce pays, ils peuvent se dispenser d'obéir aux ordres et aux censures, et porter le fruit de leur ministère ailleurs. Je crains même que si on Iss pousse, ils ne forment des partis et ne causent plus de troubles que Vesson et Mazelet n'ont jamais fait; alors ils ne seraient pas les seuls coupables. Ceux qui les auraient poussés auraient beaucoup à se reprocher. Je souhaiterais de toute mon âme, prévoyant les funestes eifets de la discorde, je souhaiterais, si on le juge à propos, que ces Messieurs voulussent subir quelque censure s'ils l'ont méritée ; mais qu'on prenne bien garde de n'employer de remède pire que le mal. Il faut savoir 1° s'il y a du mal; 9,0 si le mal mérite de forte médecine; 3o il faut connaître les dispositions du malade de peur qu'en le violentant ou le prenant mal à propos, il ne jette la médecine au nez de ceux qui lui voudraient faire prendre. Vous connaissez le caractère de ces Messieurs, si vous êtes plus doux, plus sages, plus charitables, vous devez le faire voir par votre conduite. On croit que vous êtes les plus intéressés dans cette affaire ici, parée que l'un a été reçu au pays et l'autre y sera apparemment reçu bientôt, et que quelques personnes ignorantes ou malintentionnées pourraient dire ou croire que votre vocation n'est pas aussi valide que la leur ; mais vous pouvez et vous devez vous mettre facilement au-dessus de tout cela. La meilleure de