IS'Î IL APAISE LE CONFLIT
toutes les vocations étant l'onction divine, l'approbation des troupeaux que vous servez et le fruit de votre ministère, sans cela, tout le reste n'est rien ou très-peu de chose.
« Je ne vous cacherai pas encore qu'on craint ici qu'il se veuille glisser dans ceux qui dirigent les affaires de nos Églises, un petit esprit d'orgueil et de domination ; le cœur est trompeur et désespérément malin; défions-nous de notre amour-propre; les passions les plus injustes et les plus fortes se cachent ordinairement sous de beaux prétextes, et il arrive ordinairement que ceux qui ont les plus beaux talents et font de plus belles actions sont en danger de tomber plus facilement dans l'orgueil. Les apôlres n'étaient pas exempts de la vaine ambition et Dieu jugea à propos de donner une écharde à saint Paul pour le préserver contre l'orgueil. Vous u '. manquez pas d'échardes, si vous y faites attention, et vous vous devez regarder à tous moments, s'il faut ainsi dire, comme des victimes prêtes à être immolées par les ministres de la superstition au Seigneur de gloire; si la victime n'était arrosée du sang de l'Agneau sans tâche et animée de son esprit, elle ne saurait être agréable au Dieu de charité. Je vous parle comme à des frères et à des amis avec confiance et ouverture de cœur, et je suis persuadé que, si vous donnez tous les soins pour pacifier les choses, vous réussirez puisque je ne connais guère de personnes qui puissent ou qui veuillent faire beaucoup de peine à MM. Roux et Boyer. Si vous prenez leur parti autant que la raison et l'amour de la paix le demandent. Dieu approuvera votre conduite et vos amis d'ici, qui apprendront votre union, ne seront pas scandalisés et refroidis à votre égard ; au contraire, ils augmenteront leur estime, leur affection et leurs bienfaits (1). »
Les observations de du Plan, appuyées par les professeurs Turretin et Maurice, de Genève, Vial de Beau- Ci) N" 12, p. 247 (Berne, 19 mai 1729).