‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 136 sur 243 · ESPOIR EN DIEU SEULEMENT · texte numérisé non relu

ESPOIR EN DIEU SEULEMENT

combèrent à la persécution et abjurèrent lâchement et honteusement notre sainte religion. Je ne sais ce qui arriverait de notre temps si nos ennemis employaient les mêmes moyens pour nous faire abandonner la profession de la vérité. Il n'y a qu'une sainteté de vie, une pureté de mœurs, un zèle ardent pour la gloire de Dieu et une charité cordiale pour le prochain qui doivent nous faire espérer que nous ne verrons pas une grande multitude d'apostasies. Au nom de Dieu, mon cher ami, mon cher frère, mon cher compagnon de service, n'attendons pas que les Philistins soient sur nous ; ne nous endormons pas dans le sein de la volupté qui, comme une traîtresse Dalila, nous priverait de l'onction divine qui seule nous peut faire triompher de nos ennemis; éveillons-nous, éveillons-nous; prenons toutes les armes spirituelles pour combattre généreusement; l'heure de la bataille semble s'approcher; la paix de l'Europe a été funeste à nos pères lorsque nos ennemis ont médité leur perte; la jirise de quantité de papiers sur M. Roussel et en Dauphiné aussi, selon que M. Roger m'a jnarqué, découvrent toutes nos affaires, et le ministère d'un cardinal qui a fait publier un arrêt des plus foudroyants pouvait nous perdre si la Providence n'en avait suspendu les effets pour nous donner le temps de nous repentir et de faire notre paix avec Dieu, de qui seul nous tenons notre subsis- ; tance et par qui seul, nous et nos Églises, pouvons subsister au I milieu de tant de dangers qui nous menacent de toutes parts. ' Je vous le dis avec regret et avec douleur, à la retenue de quelques petits secours des particuliers qui ont une véritable piété, nous ne devons pas nous appuyer sur les Puissances protestantes; ce sont des roseaux cassés qui nous perceraient I la main à moins que Dieu ne les anime d'un nouveau zèle. Les ! princes protestants sont presque tous froids, livrés à leurs ; passions ou occupés de leurs seuls intérêts temporels. Ainsi, i ils ont plus besoin qu'on implore le secours de Dieu pour eux qu'ils ne sont en état de nous en donner; tournons donc toutes nos espérances du côté du ciel ; fléchissons la colère de

Page 1