‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 142 sur 243 · ARRIVÉE DE COURT A LAUSANNE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE COURT A LAUSANNE

les pins dangereux ne sont guère à craindre si nous sommes les mailres de ceux du dedans (1). >

Quelques mois après, en octobre, Antoine Court apprenant que sa femme était malade, n'hésila plus; déjà il avait beaucoup souffert dans son cœur de cette séparation ; malgré la gravité des circonstances où se trouvait lÉglise, il partit et arriva à Lausanne où sa Rachel s'était dcfinilivement installée. Les deux amis eurent l'occasion de se voir plusieurs fois; quels doux épanchemenls, quels souvenirs bénis ne durent-ils pas évoquer ensemble! Quelles longues conversations sur les malheurs de la religion dans leur patrie!

Rachel venait de donner un nouvel enfant à Antoine Court; du Plan ne doutait pas qu'après qu'elle serait complètement rétablie, son ami ne revînt reprendre sa tâche auprès de ses frères persécutés. Cependant quelques détails dans la conduite de Court commençaient à lui donner l'éveil. Le 7 février 1730, il apprit que son ami avait fait venir de France son manteau noir.

« On est surpris, lui écrivit-il, que vous fassiez venir votre manteau noir puisqu'il ne convient du tout pas que vous paraissiez sous l'habit de ministre à moins que vous ne vouliez abandonner le service des Églises de France ou que vous ne vouliez causer beaucoup de rumeur sur voire conduite à cet égard, qu'on regarde comme dangereuse en vous faisant remarquer plus que jamais. Vous êtes le maitre d'agir comme vous le jugerez à propos, mais l'amitié tendre et sincère qui est entre nous, m'oblige à vous dire ce qui se passe sur votre sujet (2). »

(1) N" 12 (mai 1729).

(2) N" 12, p. 295 (7 février 1730).

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