VOYAGE EN SUÈDE
Du Plan passa en Suéde et vint à Stockholm en 1737. II y fut accueilli avec beaucoup de faveur par le roi et obtint de sa générosité une pension de deux cents écus. Le Sénat même de ce royaume lui accorda cinquante ducats (1).
Le délégué des Synodes était arrivé, semblait-il, au terme de ses longues pérégrinations : mille raisons le rappelaient à Genève ; sa tante et sa sœur qui ne cessaient de lui manifester le désir de le revoir; sa santé altérée par tant de fatigues; son désir enfin d'embrasser ses chers parents et ses amis et de goûter quelque repos. Dieu lui refusa celte douceur; tantôt Tinclémence du temps, tantôt les intérêts de l'Église retardèrent son départ et ne lui permirent pas de revenir à Genève.
« Quelque désir que j'aie de m'approcher de vous, écrit-il de Stoctkholm à sa tante et à sa sœur, je crains bien que je ne le puisse de cette année parce que la saison est avancée, que je suis fort éloigné, et qu'il faut que j'aille faire un tour en Hollande, si je ne veux pas laisser dépérir ce que j'ai heureusement commencé. On m'arrêtera aussi en passant dans quelques villes d'Allemagne où j'ai fait des connaissances qui sont utiles pour le soulagement de nos frères. Je vous supplie de ne le trouver pas mauvais à cause que c'est un devoir et une nécessité pour remplir ma commission; après viendra le repos (2).
« Je souhaite de voir la fin de mon pèlerinage plus que vous ne croyez, leur écrit-il encore, car je suis las de parcourir le monde. Il n'y a que mon devoir et une espèce de nécessité qui me fait surmonter les fatigues qu'on souffre en chemin (3), »
(2) Lettre à sa sœur et à sa tante (Stockholm, 24 août 1737).
(3) Aux mêmes, de Hambourg, novembre 1737.