‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 169 sur 243 · IL Y TROUVE SON ŒUVRE RUINÉE · texte numérisé non relu

IL Y TROUVE SON ŒUVRE RUINÉE

bientôt sacrifiée au plaisir de vous revoir ; mais la chose est trop considérable pour que je ne doive pas faire tous mes efforts pour la remettre sur son bon pied Quelques difficultés que je trouve, j'emploierai tant de moyens que je me flatte de voir une définition assez prompte pour me donner le temps de venir encore cette année à Genève. Je suis si ennuyé et fatigué de tous ces voyages et tracas que si le motif et le grand intérêt qui m'ont mis en campagne ne m'avaient soutenu, il y a longtemps que j'aurais abandonné tout cela (1). »

De retour à Londres, du Plan ne tarda pas à s'assurer par lui-même que son œuvre était en effet ruinée et que tout était à refaire. Il ne perdit pas courage et recommença ses sollicitations auprès du roi et des riches familles. On se rappelle les difficultés qu'il avait rencontrées une première fois; celles qu'il eut encore à vaincre ne furent pas moindres. Après huit mois de courses infructueuses, il écrivait à son ami :

< Il y a plus de huit mois que je suis ici sans avoir encore rien fait que prendre beaucoup de peine et dépenser beaucoup d'argent. Si je ne regardais qu'aux causes secondes, j'aurais perdu toute espérance (2). »

Enfin, après d'incessantes démarches et de persévérantes sollicitations, il parvint à obtenir une audience du roi d'Angleterre, qui lui octroya de nouveau mille pièces d'or et s'engagea à donner chaque année une somme semblable.

Tout en se dépensant au dehors, du Plan ne suivait pas avec moins d'intérêt les diverses péripéties que traversait l'Église réformée de France.

(1) Papiers de famille (juin 1738).

(2) N" 12, p. 583 (janvier 1739).

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