SES DÉMARCHES EN FAVEUR DES RELIGIONNAIRES
Sa correspondance avec les prédicants le mettait au courant des malheurs des fidèles. C'est sous cette impression qu'il prit la plume, traça un tableau palpitant de l'état de ses coreligionnaires et provoqua des souscriptions en leur faveur.
a Quoique Dieu pour éprouver son Église, disait-il dans un de ces appels, et pour punir l'abus de ses grâces spirituelles et temporelles, ait permis que l'édit de Nantes ait été révoqué, nos pasteurs exilés, nos temples démolis, nos troupeaux dispersés et la persécution exercée en mille manières contre nos frères de France ; le Seigneur n'a pas néanmoins permis que le flambeau de son Évangile ait été entièrement éteint dans ce royaume, il a toujours suscité depuis, des personnes remplies de zèle pour sa gloire, qui ont prêché sa Paiole malgré les arrêts injustes et la violence des persécuteurs.
« Ces serviteurs de Dieu ont dressé quantité d'Églises dans quelques provinces, particulièrement dans le Bas-Languedoc, les Cévennes, le Vivarais et le Dauphiné : Églises qui ont des pasteurs et des anciens, qui tiennent toutes les années leurs colloques et leurs Synodes, mais qui, vivant sous un joug tyrannique, imitent les Églises des trois premiers siècles qui vivaient sous le règne des empereurs païens, et celles des premiers réformés qui n'avaient point de temple et qui étaient obligés, à cause de la persécution, de faire leurs assemblées dans des lieux secrets, dans des caves, dans des déserts, dans des bois, dans des cavernes, et le plus souvent de nuit.
« La plupart de ces prédicateurs, après avoir instruit, consolé et fortifié le peuple pendant nu certain temps, ont scellé de leur sang, non-seulement avec constance, mais encore avec joie, notre sainte religion. Une grande multitude de leurs auditeurs ont confessé et plusieurs confessent encore la vérité sur les galères et dans les prisons avec une constance admirable.
« C'est en faveur de ces généreux confesseurs qui gémissent