‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 17 sur 243 · SA VOCATION POUR LE SAINT MINISTÈRE · texte numérisé non relu

SA VOCATION POUR LE SAINT MINISTÈRE

les assemblées du Désert où il aimait à accompagner sa mère malgré les périls de cette entreprise. Il en devint un auditeur assidu et à dix-sept ans, il y remplissait les fonctions de lecteur. Le plus souvent ces assemblées étaien t présidées par des prédican tes — des femmes et des jeunes filles — qui se disaient prophétesses et inspirées. Antoine Court passa même pour un de ces enfants qui, d'après la croyance populaire, étaient animés « de l'esprit de Dieu. » Il se sentit une vocation précoce pour le saint ministère, et une prophétesse le rencontrant acheva de le fixer dans cette idée en lui prédisant de bonne heure une carrière bénie. Tombant en extase, elle s'écria : « L'épée que tu vois sur le côté de mon serviteur est ma parole qui sera en sa bouche comme une épée à deux tranchants; cette rosée abondante que tu as vue tomber sur sa tête est la même parole qui habitera plantureusement sur lui (l). » Un jour qu'il élaitdans une de ces assemblées mystérieuses, dans un moment d'exaltation subite, il prit la parole et prêcha. L'auditoire peu nombreux et exclusivement composé de femmes en fut vivement impressionné. De ce jour date vraiment son ministère (2). Antoine Court se mit immédiatement à l'œuvre et convoqua des assemblées. La grandeur du péril ne l'arrêta pas, car il sentait instinctivement que si son peuple continuait à être privé de culte, il ne tarderait pas à abandonner sa foi. Ce ne fut pas sans verser des larmes que sa mère, devenue veuve, vit s'éloigner d'elle celui qui était sa joie

(1). N» 46, cah. I.

(2). Ed. Hugues, Histoire de la restauration du protestantisme en France, 1. 1, p. 11.

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