‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 185 sur 243 · ACCUSATIONS DE BERCES CONTRE DU PLAN · texte numérisé non relu

ACCUSATIONS DE BERCES CONTRE DU PLAN

tout parmi les membres du Consistoire de l'une des Églises françaises qui les accusaient de fourberie et de blasphème. Un grand nombre de libelles et de pamphlets avaient paru à leur sujet et révêque de Londres avait dû même intervenir. Néanmoins, malgré cette ardente persécution, les Inspirés s'étaient fait quelques partisans; la présence de du Plan leur donna plus de relief et d'importance. Le député des Églises oublia qu'il avait pris formellement l'engagement de ne plus les fréquenter pendant toute la durée de son mandat. Ce fait, plus que toutes les calomnies de son ennemi, suffit pour le discréditera Londres, à Genève et en France.

L'opposition que les Inspirés avaient soulevée, rejaillit en effet sur le député. Serces s'en prévalut pour se plaindre à Genève ; par ces relations, disait-il, du Plan ruinait son influence et compromettait les intérêts des Églises.

D'ailleurs, continuait-il, la présence du député n'était plus depuis longtemps nécessaire à Londres où son œuvre était achevée et où il faisait des dépenses exhorbitantes. Car, sous prétexte de fréquenter la Cour et les seigneurs, le député menait un grand train de maison et avait une tenue qui contrastait avec l'austérité de son caractère et la nature de sa mission. Serces allait jusqu'à insinuer que ces dépenses extraordinaires se faisaient aux dépens des Églises, avec l'argent que le député recueillait en leur faveur.

Pour prouver le discrédit de du Plan, il raconta en la dénaturant la scène dont il avait été témoin dans le cabinet du ministre (1). Il tira même parti d'une pro-

(I) Voir page 253.

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