‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 198 sur 243 · PERSÉCUTIONS SOUS LE NAIN EN 1745 S · texte numérisé non relu

PERSÉCUTIONS SOUS LE NAIN EN 1745 S

trouveraient en Benjamin du Pian, non-seulement un protecteur mais un ami et un frère dévoué. Combien qui avaient déjà mis à l'épreuve sa constance et sa fidélité! D'ailleurs, à part cette douloureuse éventualité, les lettres de du Plan étaient une précieuse consolation pour ces ministres qui, à peine sortis des bancs de Lausanne, étaient appelés à soutenir le feu de la persécution ; les jeunes recrues furent dignes de ces vétérans que l'âge, les infirmités ou les événements avaient éloignés de la lutte et qui de loin voyaient avec fierté le courage et la ténacité de leurs dignes successeurs.

L'intendant Le Nain avait remplacé Bernage, en 1745, dans le Languedoc. C'était un homme dur dont l'impitoyable administration rappela celle de Bâville, de sinistre mémoire. La province fut sillonnée par des détachements de dragons dans le but de moUester les religionnaires récalcitrants. Conduits par leurs chefs, les soldats pillaient les maisons, volaient l'argent, enfonçaient les armoires, déchiraient le linge, pénétraient dans les caves, défonçaient les tonneaux, tuaient le bétail et la volaille, détruisaient tout pour le plaisir de détruire.

Les autres provinces ne furent pas plus épargnées. Le gibet se dressa dans le Dauphiné et dans le Vivarais, ardent foyer de la Réforme. Le jeune pasteur Louis Ranc fut pris et pendu à Die; l'illustre et vénérable Jacques Roger, l'apôtre du Dauphiné et l'ami de du Plan, expira du même supplice à Grenoble, à l'âge de 80 ans. Son corps resta vingt-quatre heures au gibet; après quoi, il fut traîné dans les rues et jeté dans risère.

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