‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 199 sur 243 · SAINT-PRIEST LUI SUCCÈDE EN · texte numérisé non relu

SAINT-PRIEST LUI SUCCÈDE EN

Le jeune ministre Désubas fut pris et conduit de Vernoux à Montpellier. Pendant son court ministère, il avait su s'attirer TafTection et les sympathies ardentes de l'Eglise. Quelques fidèles, apprenant son arrestation, voulurent tenter de l'enlever pendant son voyage, mais Paul Rabaut, pasteur de Nimes, les adjura d'abandonner ce dessein qui pouvait provoquer de cruelles représailles. Désubas mourut avec une héroïque fermeté ; il avait 2G ans.

Tout à coup, vers 1746, la persécution parut se ralentir. La France depuis longtemps en guerre avec l'Angleterre, l'Autriche et le Piémont vit ses frontières menacées. Ayant appris que des émissaires anglais parcouraient le Languedoc pour y fomenter la révolte parmi les protestants, la Cour prit peur. Une insurrection à l'intérieur aurait ajouté de graves complications à la situation générale déjà fort inquiétante.

La terreur fut grande surtout quand on apprit les désastres de nos armées en Italie et l'envahissement de la Provence par quarante mille Autrichiens. Le Nain reçut l'ordre formel de s'assurer de la fidélité des religionnaires et d'user de moins de rigueur à leur égard. La persécution fut, en effet, un moment suspendue, mais le danger passé, elle recommença avec plus de violence que jamais.

En 1750, Le Nain céda l'intendance du Languedoc à Saint-Priest. Celui-ci qui avait pour mission expresse d'exécuter rigoureusement la Déclaration de 1724', se montra aussi impitoyable que ses prédécesseurs.

Dès le mois de novembre, des détachements militaires parcoururent la campagne pour disperser les nombreuses assemblées qui se réunissaient le dimanche et

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