‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 212 sur 243 · CHAPITRE XXI Les dernières années de Benjamin du Plan · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI Les dernières années de Benjamin du Plan

Le long et pénible procès que du Plan soutint avec le Comité de Genève assombrit le? dernières années de sa vie. Il se rappela alors, mais trop tard, les conseils

(1) Bulletin, t. XVIII, p. 429.

elles avertissements que lui avaient donnés ses excellents amis MM. Turretin et Vial de Beauinont (1); il avait dépensé en voyages et en frais divers, au service des Églises, tous ses revenus, une partie de ce qu'il avait pu obtenir de l'héritage de son père, les héritages de sa tante, de sa sœur et de sa mére-nourrice (2j. Au terme de sa longue carrière, après tous ces sacrifices qui n'étaient rien encore auprès de ses fatigues et d'une vie de dévouement qui ne s'était jamais démentie, il s'était vu contester, de la part de ceux qu'il avait enrichis par ses collectes, la pension qu'il réclamait pour couler honorablement ses derniers jours. Celte pension, il avait fallu l'arracher par lambeaux des mains d'hommes plus jaloux de ménager les deniers de l'Église que de récompenser les services rendus. On avait jugé ses prétentions injustes, exagérées, exhorbitantes. Le vieux député avait dû en appeler à des ex péris, à des arbitres, compter, peser, évaluer ses services. Dans cette lutte pénible, un homme jaloux et plein de fiel avait osé même porter atteinte à l'honneur du député en suspectant sa probité et sa bonne foi : c'était un dissipateur, vivant du bien d'autrui, prodiguant à tort et à travers, en dépenses superflues et insensées, les deniers de l'Eglise. Le gentilhomme français dut frémir d'indignation en voyant ainsi souiller de boue son blason; le chrétien, dont la vie entière devait être, semblai-t-il, comme un bouclier invulnérable contre les traits de la calomnie, fut obligé de rendre des

(t) Voir page, 233.

(2) Jeanne Dumas, mère-nourrice de du Plan, était morte à Genève en 1740, en lui léguant son modeste héritage.

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