‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 213 sur 243 · SON MARIAGE · texte numérisé non relu

SON MARIAGE

comptes, de justifier sa gestion, de peser ses services pour légitimer ses prétentions, de dévoiler pour la première fois à la main gauche ce qu'avait fait la droite. Il se crut même un moment abandonné, trahi par son meilleur ami; sacrifié par ceux qu'il avait généreusement servis pendant près de trente années. Des on côté, il écrivit des lettres vives, fut quelquefois injuste et passionné dans ses attaques et dans sa défense-, on l'eût été à moins. Toutefois, il fut plus tard le premier à reconnaître ses torts et à les déplorer.

Les chagrins, les peines, la fatigue que lui causa la défense de ses droits et de son honneur, (c'est lui-même qui nous a révélé ces détails) affaiblirent sa vue au point de lui faire presque perdre l'œil droit et achevèrent de ruiner sa santé délicate. Cest pendant une maladie dangereuse que la Providence vint à son secours. Au milieu de son isolement et de ses amertumes. Dieu lui envoya un ange tutélaire qui adoucit son cœur ulcéré et le réconcilia avec la vie. Une veuve, M"» Denman (1), vint le voir; touchée de compassion à la vue de son triste état, elle lui offrit sa maison hors de la ville pour y achever sa convalescence. Les soins attentifs et généreux de cette femme dévouée, accompagnés de la bénédiction de Dieu, lui conservèrent la vie et lui firent recouvrer la santé. Du Plan, touché et reconnaissant, lui offrit de partager ses peines (2). M"* Denman accepta cette tâche de dévouement et leur mariage fut célébré à Londres, le 4 novembre 1751,

(1) C'était la fille d'un gentilhomme français réfugié, M. du Passage de Voutron, originaire de la Rochelle.

(2) Du Plan avait 63 ans, W Denman en avait environ 40.

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