‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 220 sur 243 · IL COMBAT DES PRÉJUGÉS CONFESSIONNELS · texte numérisé non relu

IL COMBAT DES PRÉJUGÉS CONFESSIONNELS

des songes, des figures qui disparaissent bientôt comme l'expérience de tous les siècles le vérifie. Vanité des vanités, tout est vanité, a dit le plus sage et le plus magnifique roi de l'antiquité. Craindre Dieu et garder ses commandements, c'est le tout de rhomme. Le monde passe et sa convoitise; il n'y a que ceux qui font la volonté de Dieu qui subsistent éternellement.

« Pénétré de ces vérités, je ne doute pas. Monsieur, que vous ne tâchiez de remplir vos devoirs et de prendre quelque moment favorable pour présenter ma lettre au roi votre maître. C'est un prince sorti d'un père et d'une mère pieux. Le père, de glorieuse mémoire, dans un âge peu avancé, est allé cueillir dans le ciel la récompense de sa piété et de ses bonnes œuvres. Dieu a retiré dans la fleur ^e son âge la première épouse du roi régnant, pour l'empêcher de s'attacher au monde dont les attraits sont si dangereux et pour nous faire sentir qu'il n'y a ni âge, ni sexe, ni rang qui soit à l'abri de la mort.

< Il est certain que nous tous qui vivons présentement ne tarderons pas à aller recevoir la récompense de notre piété et de nos bonnes œuvres si nous en avons fait. Chacun recueillera ce qu'il aura semé et à proportion de ce qu'il aura semé, car celui qui sème libéralement recueillera abondamment, et celui qui sème chichement recueillera de même. Vous savez. Monsieur, toutts ces vérités, mais elles ne sauraient être trop présentes à notre esprit pour y conformer notre conduite.

« Un injuste et malheureux préjugé fait que les ecclésiastiques Luthériens n'encouragent guère leurs souverains à secourir les Réformés quoiqu'ils aient également secoué le joug de Rome et qu'ils soient d'accord sur la plupart des articles de foi. Un injuste préjugé et peut-être un intérêt borné malentendu, empêche les Luthériens pour la plupart, de nous regarder comme leurs frères, quoique nous ayons un même Dieu pour père, un même Christ pour Sauveur, un même Saint- Esprit qui illumine, qui sanctifie, qui console les fidèles, et un même ciel pour héritage. Un injuste préjugé et de misérables

Page 1