IL Y DÉFEND LES ASSEMBLÉES
de vous exposer; je sais assez vos sentiments sur toutes nos affaires. Je porterai la parole en votre nom et après cela je vous rendrai un compte exact de notre conférence. Je vous prie, mes très-chers frères, comme la chose est délicate et d'une grande importance, de n'oublier point dans toutes vos prières celui qui se fait votre interprêle, qu'il me donne son esprit pour parler avec sagesse et avec force, pour les intérêts de l'Église qu'il a rachetée par son sang.
a Souvenez-vous du jeûne du 7 septembre. Je prie Dieu qu'il vous soutienne et qu'il vous anime de son esprit, et qu'il nous fasse à tous la grâce de nous pouvoir bientôt unir sans crainte de nos ennemis pour faire éclater des alléluias à l'Éternel notre Dieu.
« Je suis toujours très-parfaitement votre très-humble et très-obéissant serviteur, (i)
Arrivé à Ninnes, du Plan eut d'abord quelques conférences avec les prolestants notables du voisinage, bourgeois, marchands et gentilshommes, tous protestants dans le cœur mais pusillanimes. Ils furent d'avis de suspendre les assemblées. Du Plan s'y refusa avec indignation et à la suite de la conférence, il écrivit luimême au marquis de Duquesne, au nom des Églises, pour assurer la cour de leur fidélité mais pour affirmer aussi qu'elles voulaient, à quel prix que ce fût, rendre à Dieu ce qui appartient à Dieu en le glorifiant dans les assemblées. Quant à Soulan, s'il venait dans le Languedoc pour soulever le peuple, du Plan promettait de le faire arrêter et de le livrer à la justice, à condition qu'on ne le ferait pas mourir.
Le marquis de Duquesne communiqua cette lettre
(1) N" 12, page 11 (mai 1719.)