‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 34 sur 243 · LA PESTE D'ALAIS · texte numérisé non relu

LA PESTE D'ALAIS

des embarras avec l'Espagne, la persécution parut se ralentir; on put continuer, sans être trop inquiété par les troupes, à fréquenter les assemblées. Toutefois ni les édits, ni les ordonnances n'avaient été abrogés; ils étaient toujours suspendus, comme une épée de Damoclès, surla tète des pasteurs et des fidèles. Ceux-ci ne tardèrent pas às'en apercevoir. Lorsque l'Espagne eut été vaincue et qu'on n'eut plus à redouter une nouvelle croisade de camisards, la Cour reprit contre le protestantisme l'œuvre de destruction entreprise par Louis XIV. En Bretagne, en Dauphiné, dans le Poitou, en Languedoc, partout où il y avait des réformés, les assemblées furent dispersées et les prédicants sévèrement poursuivis.

Bernage avait succédé à Bâville comme intendant du Languedoc : ce ne fut pour les protestants du Midi qu'un changement de bourreau. Le nouvel intendant se vanta de dépasser en fermeté, c'est-à-dire en cruauté, son prédécesseur, de sinistre mémoire. Accompagné du duc de Roquelaure, il visita la province, fit comparaître devant lui les protestants notables de chaque ville et leur interdit de tenir des. assemblées sous peine d'encourir la colère du Régent. Une année s'était à peine écoulée depuis les belles promesses faites, au nom de ce prince, par le duc de Beaulieu !

Un cruel fléau vint accroître les malheurs de l'Église. La peste qui avait désolé et dépeuplé Marseille pénétra avec une incroyable rapidité en Provence et en Languedoc. En 17'21, elle se déclara à Alais et y fit beaucoup âà ravages. Les sages mesures prises par les magistrats en atténuèrent les progrès. « On commença par former un cordon de troupes pour empêcher la communica-

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