‹ Benjamin du Plan, gentilhomme d'Alais, député général des synodes des églises réformées de France, 1688-1763Chapitre 35 sur 243 · LE ZÈLE RELIGIEUX SE RÉVEILLE · texte numérisé non relu

LE ZÈLE RELIGIEUX SE RÉVEILLE

tion avec les autres villes. Personne ne pouvait entrer ni sortir; on établit des infirmeries en dehors de la ville où on portait les personnes qui étaient attaquées de la maladie et on envoyait faire la quarantaine dans les maisons de campagne des environs : toutes celles qui avaient"communiqué avec les pestiférés, tous les effets des maisons où la peste s'était déclarée par la mort de quelqu'un étaient brûlés. Les personnes qui étaient commises pour faire cette opération, de même que pour enterrer les cadavres, n'avaient aucune communication avec les autres habitants qui étaient tous renfermés, chacun en famille, dans leur maison et ne pouvaient en sortir sans encourir les peines les plus sévères. Il était même défendu aux catholiques de se trouver dans leurs églises au-delà de douze personnes (1). »

Le zèle religieux se réveilla à la vue des ravages du fléau ; les protestants y virent un châtiment de Dieu pour punir l'infidélité de son peuple. Les pasteurs, entièrement occupés par les visites et le soin de leurs malades, eurent un moment l'idée de suspendre les assemblées, mais les fidèles réclamèrent, et, malgré l'interdit général, coururent s'édifier et s'humilier au Désert. Les riches, plus effrayés que les pauvres, déployaient une extrême ferveur, la prédication portait des fruits heureux et les jeunes gens eux-mêmes manifestaient publiquement des sentiments de repentance. «11 semble, écrivait Court, à la vue de cette résurrection spirituelle, qu'un nouveau sang coule dans les veines des protestants et qu'un nouvel esprit anime leur corps. Satan

(V Bonnal-Olive, Notice sur Alais.

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